Korum

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Interview du bassiste-chanteur de Korum, Kriss réalisée au Fury Fest 2004 peu après leur set.

Comment décrirais-tu le style pratiqué par Korum à quelqu’un qui ne vous connaît pas ?

Et bien quand on a sorti le 1er album, « Son of The Breed », je ne pensais pas que la musique qu’on faisait était aussi « spéciale » (NDLR : référence aux réactions des auditeurs quant à la musique du groupe). Pour moi (qui compose l’essentiel du matériel de Korum) ce qu’on fait est + un mélange de pleins trucs, une mixture, dans un contexte métal bien sûr.

Quelles sont tes influences à la base ?

Et bien en fait moi je ne viens pas du métal à la base… Je me suis énervé avec l’âge (rires). A la base j’aime beaucoup un groupe comme Primus et d’une façon générale tout ce qui est un petit peu étrange, un peu barré. J’écoute aussi du métal bien sûr, mais je pense que ce qui fait la particularité de Korum, ce ne sont pas des éléments métal.
C’est aussi ce qui fait que certaines personnes ont du mal à rentrer dans la musique que nous jouons. C’est vrai qu’on n’offre pas les points de repère habituels aux auditeurs, mais ça n’a pas été fait volontairement, au contraire ça s’est fait naturellement.

Dans le milieu du métal on parle de Korum comme d’un groupe de Brutal Death Technique, parce qu’il est vrai que votre musique est très technique…

Et bien moi je ne trouve pas que ce soit si technique que ça. Je pense que c’est le fait que tous les morceaux sont d’abord composés à la basse et que c’est quelque chose d’inhabituel, qui donne peut-être cette impression de complexité. Quand tu composes à la basse il faut que ta ligne de basse sonne d’elle-même. C’est ce qui fait qu’on aboutit à des connotations rythmiques qui ne sont pas communes, dans le milieu métal où la basse est rarement le moteur rythmique. C’est ce qui fait notre particularité, ce qui ne joue pas forcément en notre faveur, car c’est du coup plus difficile de rentrer dans notre musique. Mais encore une fois rien n’a été délibéré… Je ne sais pas composer autrement ! (rires)

Tu ne sais faire que du barré finalement… (rires)

On décèle des éléments hardcore dans votre musique, notamment du fait du chant d’Olivier. Est-ce une volonté assumée de Korum d’intégrer cette dimension hardcore ou est-ce encore quelque chose qui n’est pas délibéré ?

Je pense qu’effectivement il y a un côté hardcore dans notre musique. Après cela tient au fait que chacun dans le groupe apporte sa touche personnelle. Et s’il est vrai que « Son of the Breed » sonnait pas mal hardcore, je pense que l’arrivée des nouveaux musiciens (NDLR : début janvier, changement de guitariste et arrivée de Tarik ex-Symbiosis à la batterie) nous a permis de gagner en précision. Et ce qu’on a gagné en précision, on l’a peut-être un peu perdu en frénésie hardcore, et du coup « No Dominion » sonne peut-être un peu moins hardcore je pense, plus posé. Mais cette évolution vient vraiment davantage de l’interprétation même, et non de la composition.

Que penses-tu du Fury Fest ?

Je trouve que le Fury Fest est certainement le meilleur festival qui ait jamais eu lieu en France. Ce qui est intéressant c’est qu’on retrouve vraiment des groupes qui sont à cheval entre différents styles ou différents publics comme Dillinger Escape Plan, Meshuggah, ou Suffocation qui sont des groupes réellement fédérateurs et qui touchent des publics variés. Et ça je trouve que c’est vraiment très très bien..

Et puis il y a de grosses têtes d’affiche…

Oui c’est clair, mais même ces gros groupes sont sélectionnés avec soin je trouve. Même s’ils sont parfois là pour faire venir du public et rentabiliser l’évènement, ils sont bien choisis je trouve. Au final on a une affiche assez éclectique et intéressante. On a du death, du death-core, du hardcore, même du néo. Et c’est bien aussi qu’il y ait du néo car on se rend compte que le public néo est un public qui est souvent touché par des canaux de communication auxquels le métal extrême n’a pas accès en général (grosses radio, MTV…). C’est donc sympa de montrer au public néo, qu’il y a aussi d’autres groupes et d’autres genres de métal qui existent. Je ne sais pas s’ils en ont toujours bien conscience… C’est donc vraiment bien de permettre, via un festival comme celui-ci, un effet passerelle entre le néo et son public, et le métal extrême.

En dépit de ton background pas forcément métal, quels sont les groupes (notamment parmi ceux à l’affiche ici au Fury) que tu apprécies ?

Meshuggah, Dillinger Escape Plan, Suffocation… J’aime aussi Killswitch Engage…

Comptes-tu assister à quelques concerts ici ?

Malheureusement je vais avoir assez peu de temps car j’attends un heureux évènement qui devrait arriver incessamment (on est dans le dernier mois) et je vais donc rentrer auprès de ma femme dès ce soir (NDLR : le samedi soir donc)…

Je sais que tu diriges également le label Sekhmet Records (sur lequel est signé Korum naturellement). Comment concilies-tu les 2 activités ?

Bien tu sais il y a Kriss de Korum, et Kriss de Sekhmet Records. J’arrive à avoir la distance suffisante pour considérer Korum comme un groupe du label à part entière. De toute façon ces 2 activités sont des activités « annexes » puisque je suis informaticien de profession…
Si j’ai créé ce label, c’est par passion (même s’il y a aussi des enjeux économiques c’est évident) mais c’est aussi et surtout parce que je ne trouvais pas normal à l’époque, que des groupes comme Coprofago, Martyr, ou Gory Blister ne trouvent pas de label (depuis 6 ans pour Gory Blister)…
Ce sont des groupes que j’aime, donc l’idée était de créer un label pour signer les inclassables trop en marge pour intéresser les grosses structures… Et je suis par exemple particulièrement fier d’avoir fait découvrir Coprofago en France…

Justement quelle est l’actualité du label pour les mois à venir ?

Et bien justement le prochain Coprofago en octobre. Ils enregistrent cet été, et Sekhmet s’investit particulièrement dans le financement de cet album… Ils auront le même budget que celui dont a bénéficié Korum pour « No Dominion ».

Et ce nouveau Coprofago, tu peux nous en parler ?

A l’écoute de ce que j’ai entendu, je peux dire que si sur « Genesis » (1er album de Copro) on distinguait bien les passages « jazz-fusion », les passages à la Meshuggah, les passages « death » purs… Là je pense que ça va être plus fusionnel, on ressentira moins les cassures entre les styles. Ce sera vraiment l’album de la maturité. Cependant cet album sera sûrement un poil moins accessible car si « Genesis » était assez « confortable » dans l’approche, justement parce qu’on avait des repères, les cartes seront ici un peu plus brouillées…

On se pose souvent la question des ventes de métal en France. Combien un groupe comme Coprofago vend-il en France, pour avoir une idée ?

Et bien en France, Coprofago, c’est environ 700 copies. A l’échelle internationale, le groupe a vendu environ 1000 copies.

J’aime beaucoup le graphisme des pochettes de Korum, tu peux nous en parler ?

Ce sont des illustrations faites par un dénommé Peter Gric (plus d’infos sur www.gric.at). Il nous a gentiment donné un de ces dessins pour la pochette de « Son of the Breed » et il nous fait la pochette de « No Dominion ». Ce qu’il fait est vraiment génial…

Dernière question Kriss, comptes-tu lancer la mode du rose dans le métal (référence au fait que Kriss ait sorti une basse rose bonbon sur la dernière partie du set de Korum ce jour-ci) ?

(rires) En fait je joues sur des basses Kubiki Factor, et cette basse rose est la première que j’aie achetée. Je me rappelle lorsque je l’ai acheté, au magasin tout le monde se disait « c’est quoi cette basse de tapette » (rires). Il a suffit de la brancher pour comprendre, et du coup je l’ai achetée direct. Et aujourd’hui j’ai eu un petit problème avec ma basse principale, et j’ai du sortir ma basse de secours, ma fameuse basse rose. Sérieusement j’adore cette basse.

Merci à Kriss et au label Underclass et vive le true pink metal !

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 889 articles sur Eklektik.

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