Negator – Old Black

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Style: true black metalAnnee de sortie: 2004Label: Underclass Music

C’est toujours très compliqué de parler d’un groupe de true black. D’un côté les puristes qui prétendent que le genre est mort et que parler de true black en 2004 est une bêtise, de l’autre les blackeux qui affirment qu’un black sans concessions et sans claviers est nécessairement du true black. Loin de ces débats internes au black j’essaierai de parler de cet album comme je le perçois sans pour autant prétendre détenir une quelconque vérité universelle.

Je ne le cache pas, dès que j’ai vu la pochette je n’ai pas pu m’empêcher de pouffer de rire, en me disant « encore des ptits malins qui veulent jouer à Darkthrone ». Une chose est sûre en tout cas, l’extérieur reflète bien l’intérieur. Il s’agit effectivement d’un true black des plus classiques et des plus basiques. Alors même s’il me paraît clair que le groupe maîtrise son sujet et que les musiciens sont techniquement corrects , je dois dire que l’originalité peut aller voir ailleurs si elle y est, vu qu’ici on a manifestement pas eu besoin d’elle. Ca va vite, ça gratouille joyeusement les cordes de la guitare, ça hurle tant que ça peut dans le micro et c’est tout. Et c’est bien là que la bas blesse pour Negator, je n’ai absolument rien ressenti à l’écoute de ce « old black » à part peut être un ennui profond pendant le morceau « Renegation » durant 11 minutes.

Alors oui, c’est sympathique (« Der Infanteris » est sans doute le meilleur morceau de l’album), mais pas de quoi grimper au rideau, et ce n’est certainement pas avec un album de ce style que la fibre anti-chrétienne se réveillera chez certains.
De plus, je sais que c’est une sorte d’institution dans le true black mais faire un album de 38 minutes avec un morceau de plus de 11 minutes et un petit interlude de 1 minute plutôt là pour jouer les bouches trou je trouve qu’il y a de l’abus ! De plus, et là je vais parler de façon tout à fait personnelle (il vaut mieux prendre des gants quand on parle de black métal et à plus forte raison de true BM), la production est trop léchée.

Signée Eike Freese de Dark Age, celle-ci est soignée, chose plutôt rare dans le true black et on comprend pourquoi à l’écoute de ce « old black ». Sans pousser dans l’extrême avec l’enregistrement au fond d’une grotte dans le style des premiers darkthrone (pour ne citer qu’eux) le true black ne prend sa dimension qu’avec un certain type de son ; guitares écorchées comme des lames de rasoir, batterie lointaine etc. Ici rien de tout ça, ça fleure bon la superproduction qui ne colle pas trop à l’esprit « true black » de la galette.

Pour faire bref et précis, Negator est un groupe sans doute plein de potentiel, mais ce n’est pas avec cet album qu’il feront revivre le « true black metal spirit » tel qu’il existait au debut des années 90. Au mieux il nous fera passer un bon moment en mangeant un cassoulet, au pire on rigolera face à tous ces groupes se prétendant « le renouveau du true black old school » et le besoin de faire « ténèbre » avec des noms de morceaux ridicules (« in the unholy walls of eternal frost » top ténèbre !!).

Mais bon, si vous aimez le cassoulet…

  1. science of nihil
  2. free bird
  3. der infanterist
  4. interludium
  5. katharsis
  6. vernunft 1.0
  7. in the unholy walls of eternal frost
  8. renegation
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Commentaire

  1. Uriel says:

    Un excellent album qui renoue avec une certaine idée du black: une musique compacte et sans concessions qui couve des vélléités mélodiques non feintes dans l’oeil du cyclone. « Old Black » ne prétend à rien, sûrement pas à émuler Darkthrone. Halte aux procès d’intention.

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