Neurosis – The Eye of Every Storm

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Style: metal/hardcore ambiantAnnee de sortie: 2004Label: Relapse

Neurosis est un des groupes, si ce n’est le groupe qui a le plus marqué la musique sombre, aggressive et expérimentale de ces 10 dernières années, précurseurs d’un nouveau son mêlant intimisme et apocalypse, on retrouve leur influence par exemple dans la musique d’Isis, Mastodon, Pelican ou Cult of Luna. Etrangement alors que je connais bien et apprécie beaucoup de groupes qu’ils ont influencé, je n’ai jamais accroché véritablement sur Neurosis, enfin je n’avais pas pris le temps de vraiment écouter leurs albums.

The Eye of Every Storm est l’occasion pour moi de me plonger dans la musique du groupe, je ne le comparerais donc pas à leurs oeuvres précédentes à part pour préciser que le groupe sur cet album s’est éloigné de la brutalité de leurs premiers opus pour former une musique toujours lourde mais plus athmosphérique.
Cet album a clairement un côté éthéré et mystique qui est très prenant, la musique n’est pas facile à écouter mais une fois qu’on est dedans on reste captivé. Dès le premier morceau, l’ambiance est posée : une rythmique complexe et un larsen de guitare forment une athmosphère malsaine sur laquelle se pose une voix mélodique mais écorchée comme celle d’un alcoolique fumant gitane sur gitane, des guitares rajoutant des notes éparses puis de gros riffs noise, le tout parsemé de claviers et samples divers.

Tout au long de l’album, l’alternance entre explosions bruyantes et accalmies est saisissante. Sur l’épique « Bridges » de 10 minutes, on passe d’un gros son gras à un quasi silence perturbé par quelques notes de piano isolées. Pianos qui, d’ailleurs, avec des guitares acoustiques et des sons de synthé ambiant participent à l’intimité dépressive de certains morceaux.
La batterie, utilisant souvent des rythmiques complexes et décalées, rajoute elle aussi sa touche, souvent sous la forme d’une marche, funèbre (bien sûr!), donc la plupart du temps mid-tempo et lourde.

Malgré sa rudesse, la voix reste intimiste et fragile, quasiment chuchotée par moments, elle participe à ôter l’aspect extrème de la musique de Neurosis pour la rendre plus accessible là où sur leurs premiers albums elle restait hurlée.

Ayant travaillé avec Steve Albini, la production est parfaite car elle évite tous les artifices de studio et révèle un son brut, sûrement proche du son live. Les parties de guitares, basses et claviers sont clairement distinctes et derrière la batterie est très présente. On ressent rapidement que c’est sur scène que doit véritablement se révéler cette musique.

C’est clair que Neurosis ont une approche plus réfléchie que la plupart des groupes de métal, ils n’envoient pas un gros son de riffs sursaturés mais arrivent à figurer la même puissance. On peut même plus réellement les qualifier de hardcore ou métal, leur style s’approchant désormais du post-rock, mais un post-rock malsain où la douceur cache la brutalité.

Les fans de Neurosis devraient largement s’y retrouver sur cet album. Quant à ceux qui découvrent, je pense que c’est un bon album pour apprendre à apprécier ce groupe.

  1. burn
  2. no river to take me home
  3. the eye of every storm
  4. left to wander
  5. shelter
  6. a season in the sky
  7. bridges
  8. i can see you
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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5 Commentaires

  1. fewz says:

    mais pourquoi il y a pas de commentaires ici???? c’est n’importe quoi.
    Bon premier comment alors: j’adore ce disque même si je peux tout à fait comprendre ceux qui le trouvent décevant face aux monstres noirs et tribaux que les californiens ont déjà produit.

  2. Firecat says:

    Oui; la seule chronique de Neurosis du site et aucun commentaire, c’est honteux !
    Sinon c’est l’album le plus particulier de la disographie, il y a un grand écart avec les précédents (sans rupture tout de même) dans la façon de composer, et dans les sonorités : Noah Landis est la moelle épinière du disque, la majorité de l’album est garni de samples, de claviers, ceux ci loins des clichés. Un album très jusqu’au boutiste en fait, et le plus triste de Neurosis, moins jouissif et indispensable que les autres mais avec un savoir-faire énorme.
    Indispensable pour les coup de blues :D

  3. Obituary487 says:

    pareil: troisieme commentaire, troisieme question par reflexe: une seule chronique ?
    The Eye Of Every Storm c’est le calme après la tempete.. des allures doomesques déppressives.. Jai ecouté ça a 14 ans, jour de la sortie de lalbum fin juin 2004, et ca ma beaucoup changé depuis..
    A chroniquer: Through Silver In Blood, Enemy Of The Sun et Times Of Grace ! ces trois albums méritent tous un 60/20 !

  4. Baptiste says:

    Outré de ne pas voir le sigle chef-d’oeuvre car on peut difficilement faire mieux qu’un tel album !

  5. Spektr says:

    Le chef d’oeuvre de Neurosis… avec Times of Grace, Through Silver in Blood, Enemy of the Sun et Souls at Zero, ouaip rien que ça ! :-P Non plus sérieusement (même si j’étais très sérieux là en fait) j’espère que le site aura l’occasion de chroniquer d’autres albums de ce groupe hors norme et précurseur du « Postcore ». D’ailleurs tous les autres groupe du style paraissent bien fade à côté de ce mastodonte.

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