Candiria – What Doesn’t Kill You

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Style: crossover metal/hardcore/jazz/hip hopAnnee de sortie: 2004Label: Type A Records

Après un sérieux accident de bus pendant leur tournée en 2002 qui leur valut plusieurs blessures graves, le groupe de Brooklyn Candiria revient avec un nouvel album, le bien nommé What Doesn’t Kill You…. La pochette de l’album laisse supposer le choc que ça a dû être.

Candiria est un groupe de métal/hardcore expérimental n’hésitant pas à insérer des morceaux pûrement hip hop dans leurs albums à côté de titres de hardcore chaotique complètement destructurés parsemés de passages jazz.

On ne pourra pas les accuser d’être immobiles, leur musique est en constante évolution, et varie extrèmement d’un morceau à l’autre. Ce qui est clair dès le début de l’album, c’est que Candiria a changé, a décidé de consacrer beaucoup plus de temps à la mélodie sur cet album, pour un contenu plus accessible, les rythmes complexes et destructurés sont toujours présents, mais laissent souvent la place à des refrains épiques (« The Nameless King »).

La technicité est donc un peu moins mise en avant que sur leur album précedent, 300% Density, mais les morceaux y gagnent en accroche, le nouveau Candiria plaiera à un plus grand nombre, car il est globalement moins extrème.
La voix, elle aussi, a évolué, abandonnant la plupart du temps les cris pour rester sur des voix plus scandées/rapées ou carrément mélodiques, le chanteur s’étant vraiment amélioré à ce niveau.
Certains morceaux de l’album (« Down » et « Remove Yourself ») me font souvent penser à un groupe de néo métal qui n’a pourtant rien à voir avec le Candiria des albums précédents, Nonpoint, dont on retrouve le même type d’intonations vocales (peut-être le fait que les 2 chanteurs sont métis) et les riffs simples mais efficaces. Dommage que les refrains de ces morceaux soient un peu sirupeux, vu l’aggressivité dont faisait preuve le groupe, c’est un peu choquant.

Je pense que ces touches dérangeront forcément les puristes fans des premiers albums, c’est clair qu’ils vont se faire aligner par certains là-dessus, moi j’adhère à 300% ;). Enfin ce n’est quand même pas un album néo, la plupart des titres restant dans le style hardcore complexe et percutant auquel Candiria nous a habitué, le single « Blood » en étant un bon exemple.

Par contre, sûrement dans un souci d’être plus cohérents, les ponctuations de passages jazz ont diparu, les morceaux ne s’éparpillent quasiment plus dans divers styles. Le jazz est tout de même présent avec le génial « The Rythford Experiment » , instrumental commençant par de gros riffs jazz/métal pour partir sur du funk trippant me faisant penser à du Miles Davis ou Herbie Hancock, avec clavier années 80 et ambiance vintage.

C’est ce qu’on peut appeler un groupe eclectique, on peut même légitimement dire un peu trop, il y a – comme dans leur opus précédents – un titre pûrement hip hop « 9mm solution », avec un refrain ragga qui fait un peu incongru au milieu.

Assurée par David Bendeth, qui a produit plusieurs albums de groupes néo, la production est parfaite et laisse sa place à tous les instruments, pour un son globalement plus compréhensible que sur 300% Density. Là aussi, la musique de Candiria prend une autre dimension, plus limpide ou plus commercialement viable, c’est selon.

La qualité reste omniprésente globalement, quelque soit le style évoqué, Candiria font mouche. Les musiciens restent très talentueux, la rythmique est toujours précise, les guitares acérées, la voix recherchée.
C’est clairement un pûr album, forcément un groupe d’un tel niveau ne pouvait pas décevoir. Dans un style qui a depuis été imité par beaucoup, Candiria revient comme le nom de l’album le laisse supposer : plus fort!
Ce groupe mérite plus de reconnaissance, espérons que What Doesn’t Kill You… leur apportera. Je vous conseillerais aussi quand même de vous attarder sur les opus précédents du groupe, en particulier pour les plus extrêmes d’entre vous.

  1. dead bury the dead
  2. the nameless king
  3. blood
  4. remove yourself
  5. 1000 points of light
  6. down
  7. 9mm solution
  8. i am
  9. vacant
  10. the rutherford experiment
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 490 articles sur Eklektik.

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