Burst

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Voici une interview de Jesper, le bassiste du groupe suédois Burst, qui officie dans un hardcore moderne et intélligent, teinté de métal et de rock sombre. Ils viennent de Gothenburg mais ce n’est pas pour rien qu’ils sont signé sur Relapse, leur son étant plus proche de Neurosis que d’In Flames.
Chronique sur Eklektik de « Prey on Life »

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En introduction, peux-tu nous décrire Burst, les membres du groupe et son histoire?

Ca fait longtemps que Burst existe. Je vais t’expliquer la version courte ici, c’est vraiment dur de résumer plus de dix ans d’existence en un paragraphe… de toute façon: Ce qui allait par la suite devenir Burst a évolué par différentes étapes afin d’obtenir ce que nous sommes aujourd’hui.
Trois d’entre nous ont commencé il y a de presque onze ans en jouant un crustpunk métallique, pas terrible ni très intéressant, mais c’était amusant. Nous avons changé de noms assez souvent, notre musique évoluant jusqu’à devenir Burst, une certaine sorte d’hybride de métal et de hardcore. Ensuite après avoir fait cela quelques années, sortant plusieurs CDs tous épuisés depuis et tournant un peu, nous nous sommes fatigué de nous enfermer dans un style spécifique et avons développé une nouvelle ligne musicale. Nous avons commencé à expérimenter davantage avec le bruit, rendant la musique plus intense tout en essayant en même temps de développer un sentiment plus ambiant et plus épique à ce que nous faisions.

Mais à ce moment, nous n’avons vraiment pas fait beaucoup d’effort pour nous faire un nom, nous avons enregistré quelques albums et laissé quelques labels les distribuer mais on était pas très concernés par le fait de tourner.

Nous avons sorti « Conquest: Writhe » sur le label américain Prank Records en 2001, et après ça le MCD « In Coveting Ways » sur le label allemand Chrome Saint Magnus en 2002.

C’étaient des labels très enthousiastes, avec beaucoup d’intégrité et qui se débrouillaient bien pour essayer de trouver des groupes originaux et intéressants. Dynamique, progression et évolution ont toujours été des mots clés pour nous, et ces labels ont saisi cela.
Après ça, nous avons commencé à obtenir beaucoup d’offres et de suggestions intéressantes de labels du monde entier, et en 2003 nous avons signé avec Relapse Records pour la sortie de notre dernier album, « Prey on Life ». Ce CD était le premier dont nous pouvions pensé que atteignions presque notre but, la musique est exactement comme elle est censée l’être, et ainsi nous avons décidé que peut-être nous devrions laisser ce groupe profiter de cette chance.

Et nous voilà maintenant, une bande de cinq individus très différents avec différentes opinion sur la vie et la musique, essayant de créer quelque chose qui sort un peu du lot.
Merci de nous écouter, les gens!
La bio complète est sur notre site www.burst.nu


Comment définiriez-vous votre musique?

Une question difficile, considérant le fait qu’aucun de nous n’appartient à une scène particulière, nous prenons vraiment soin à ne pas nous limiter aux normes qui vont de pair avec un genre spécifique.
Notre musique est basée sur le métal, bien sûr, mais nous estimons qu’il y a des éléments de tout ce qu’il y a entre le rock progressive et l’electronique, au hardcore et le rock psychedelique.
Une appelation facile serait de qualifier notre musique de rock lourd avec beaucoup d’atmosphères, d’émotion et d’énergie. Enfin ça ne nous importe pas vraiment.


Vous sentez-vous plus près de la scène en métal ou de hardcore?

En fait, d’aucunes vraiment. Je veux dire, nous connaissons beaucoup de groupes et avons beaucoup d’amis dans l’une ou l’autre scène, ainsi que d’autres sortes de musiciens, mais la manière dont nous avons grandi et nous sommes intéréssé à la musique nous a rendu très ouverts musicalement.
Comment définir un groupe ou la scène à laquelle il appartient? Par le type des concerts où nous jouons? Par notre look? Par le message de nos paroles ou par l’artwork de nos albums? Dans ce cas nous sommes métal et hardcore, aussi bien qu’autre chose. J’ai du respect pour la plupart des fans de musique, quelle que soit ce qu’ils écoutent, et concernant notre groupe,nous apprécions le fait que des des gens retirent quelque chose de notre musique, qu’ils soient hardcore ou métal.



Comment est-ce que ça a été d’habiter à Gothenburg pendant l’apparition de la scène death mélodique? Je sais que vous ne jouez pas de ce genre de musique mais qu’est-ce que ça vous apporté de vivre proche du buzz qu’a occasionné cette scène quand que Gothenburg et le métal suédois est devenu de plus en plus célèbres?

C’est sûr, quand tu passes du temps dans la scène musicale suédoise tu finis par connaître la plupart des groupes au bout d’un moment, donc naturellement nous connaissons beaucoup de ces groupes. La vie en Suède quand cette scène death metal mélodique a commencé n’a pas vraiment affecté nos propres goûts musicaux. Bien sûr, un bon nombre de gens, y compris nous, ont aimé certains de groupes qui sont apparus, mais ce n’est pas comme si c’était un mouvement général.

La scène musicale entière dans le pays n’a pas vraiment été affectée, il y avait seulement quelques groupes qui ont commencé à jouer du métal mélodique.
Les groupes ont créé leur musique, et si elle n’était pas bonne, personne ne s’occupait d’eux. Aussi simple que cela. C’est la manière qui a toujours été en Suède, le pays est trop petit pour permettre à de mauvais groupes d’exister – les personnes du public ne s’intéresseront pas à un mauvais groupe, parce qu’ils sont dans un meilleur groupe eux-mêmes!


Avez-vous recherché à rester loin de cette scène musicalement et d’essayer de faire quelque chose de plus originale dans votre région?

Nous ne nous sommes jamais assis et dit ‘ne faisons pas de ça, faisons ceci à la place’.

Nous n’avons jamais pris de décision conciente au sujet de la façon dont notre musique devrait sonner. Nous aimons beaucoup de groupes de death, et je pense qu’il y a des éléments du death métal dans ce que nous faisons, mais nous n’avons jamais essayé réellement d’orienter le style de notre musique. Seulement, nous ne voulions pas jouer le même métal ou hardcore que tout le monde. Putain, je pense que ça fait plus de 17 ans que j’écoute de la musique dure, et c’est pour ça qu’on a commencé à être fatigué de jouer toujours la même chose. L’originalité est presque toujours dérivée de l’ennui.


Comment avez-vous signé avec Relapse? Il semble que c’était le label parfait pour votre musique. Que pensez-vous du label et de ses groupes?

Evidemment nous aimons Relapse, ils s’occupent bien de nous et de notre musique, avec le respect, et surtout ils apprécient vraiment ce que nous faisons. C’est quelque chose de très important. Aucun label n’est sans failles, mais avec Relapse, c’est seulement des détails de business.

Les gens de Relapse sont vraiment sympas et travaillent bien, et comme label, ils ont beaucoup de groupes très différents au son unique, et celà nous convient bien sûr. Quand nous avons signé, j’avais fait partie d’un autre groupe de Relapse, Nasum, donc je connaissais le label d’avant. Ils ont souhaité travailler avec nous, et considérant les autres offres que nous avions obtenues, Relapse était le plus digne de confiance. Ca a bien marché jusqu’ici!


Est-ce que tu peux nous donner une idée de la musique que vous écoutez, tes groupes préférées, de derniers cds vous avez achetés?

Whoa, c’est dur comme l’enfer. NOus sommes très différents quant à nos goûts dans la musique. Les guitaristes écoutent beaucoup de musique des années 70, du rock et des trucs psychedeliques, post-rock. Le batteur aime beaucoup de métal et de punk, le chanteur le hardcore et la musique électronique, et je crois que je suis un mélange de tout ceux-ci, à part que j’ai une attirance particulière et très stupide pour la musique acoustique.

Les derniers CD’s que j’ai achetés étaient « Music For Films » de Brian Eno, « Life in Mono » de Mono, « Volcano » de Satyricon, « () » par Sigúr Rós, le dernier A Perfect Circle et « Riot on an empty street » des Kings of Convenience. J’étais à une solderie, et je acheté tout ça pour 3 fois rien! Nickel! J’ai aussi reçu les nouveaux Mastodon, Today is the Day, Neurosis, Suffocation and Dillinger Escape Plan de Relapse et je pense qu’ils sont tous vraiment bien. Particulièrement le Neurosis et Mastodon…



Votre musique est sombre et mélancolique, tout en étant impulsive et dynamique.

Merci, je prend vraiment cela pour être un compliment. La dynamique est un mot clé pour nous. Ca fait du bien d’entendre que certaines personnes voient ce genre de choses dans la manière dont nous faisons de la musique. Rien n’est aussi récompensant qu’être compris.


Je pense que la Fury Fest était votre apparition en France? Avez-vous apprécié votre concert?

Ouais, c’était génial – au bout d’un moment. Nous avons eu quelques problèmes extrêmement irritants avec les amplis qui ne fonctionnaient pas avec cinq personnes qui essayaient de les réparer. Ce genre de merdes est habituellement quelque chose qui me casse pour le concert entier, mais auFury Fest on a tous été dedans presque immédiatement. C’était un vrai catharsis, et nous étions motivés par les réactions du public. Merci à tous ceux qui étaient là, c’était une grande première fois en France.


Vous avez joué dans plusieurs festivals cet été, comment ça s’est passé?

Nous avons joué au Download festival en Angleterre, qui était ÉNORME, avons fait une petite tournée avec The Dillinger Escape Plan et le groupe japonais Mono, et ensuite nous sommes allés en France. Nous allons jouer dans quelques festivals en Scandinavie, et ce sera bon puisque nous n’avons pas joué dans notre pays depuis un certain temps. En septembre nous irons en Grèce et en Allemagne pour quelques festivals, et ensuite nous tournerons probablement quelques semaines à travers l’Europe. Nous attendant ça avec intérêt, particulièrement le fait de visiter des pays où nous n’avons pas été à avant.


Projetez-vous de revenir en France bientôt, peut-être à Paris?
[ j’adorerais vous voir jouer avec d’autres groupes Relapse comme Mastodon ou Neurosis ]

Bien sûr, nous souhaitons revenir en France. Mais les tournées ne sont pas quelque chose que nous en tant que groupe de bande nous contrôlons, nous avons une agence de booking qui nous donne des suggestions de tournées et alors nous voyons si nous pouvons les faire. Si tout va bien ils nous obtiendront des tournées sympa avec de bons groupes comme ceux que tu cites, mais pour l’instant nous n’avons rien de prévu. J’espère qu’on vous verra en France, vous nous donnez envie de revenir.


Est-ce que vous composé depuis « Prey?

Nous avons beaucoup tourné mais nous essayons également d’écrire de la nouvelle musique, qui est un processus très long et complexe pour nous. Mais nous avons fait la moitié du prochain album, et ce musique me retourne l’estomac et me dresse les poils! Nous sommes vraiment excités par ces nouvelles compos et avons hâte de pouvoir développer cette substance encore plus dans le studio. Nous avons trouvé notre chemin.


Merci pour votre temps!

Merci pour votre temps vous-même. Nous apprécions vos efforts et votre intérêt!

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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