Sopor Aeternus – La Chambre d’Echo

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Style: gothique dépressifAnnee de sortie: 2004Label: Apocalyptic Vision

Le voila donc ce fameux coffret de ce génie bizarroide qu’est Anna Varney. Vendu a seulement 2000 exemplaires dans le monde à un prix assez décourageant de 99 euros, il fallait vraiment que l’interieur vaille le coup. Ici nous parlons musique donc je ne m’attarderai pas sur la splendeur du coffret qui en fait à lui tout seul un objet unique que tout fan de Sopor Aeternus se doit d’avoir dans sa collection. Parlons donc de la musique.

En s’ouvrant avec le très grand « The encoded cloister » on peut dire qu’Anna Varney n’a pas voulu nous faire mijoter très longtemps avant de nous montrer le contenu de l’album. Le morceau s’ouvre sur des vocaux d’une gravité et d’une “glauquitude” à faire froid dans le dos. La voix semble encore plus dépravée que par le passé, elle laisse transparaître une grande froideur et une grosse détresse. Habituel chez Sopor me direz vous, certes, mais cette voix est ici au paroxysme de ce qu’un être humain peut émettre comme son. La musique sonne un tantinet plus électronique, mais reste également très sombre. Les voix se font alors plus conventionnelles (pour Sopor) avec un timbre toujours aussi particulier et une utilisation minutieuse de tous les tons (aigus, grave). Ce morceau est tout simplement excellent et c’est sans peine qu’on retombe dans le royaume dépravé de Sopor Aeternus.

« BackBone Practice » est quand à lui beaucoup plus traditionnel. Cuivres, cloches en veux tu en voila et vocaux qui feraientt se suicider un clown. Le morceau est extrêmement lyrique et renvoie la musique complètement en arrière plan, Anna parle presque tout le long des 6 minutes que durent ce morceau. Le style Sopor est bel est bien intact et quoi qu’il se passe le groupe reste reconnaissable entre mille. Une fois de plus un très grand Sopor, que je trouve beaucoup plus inspiré que lors de son dernier méfait en date.

Passons directement à la case « Beyond the way of sleep », selon moi le meilleur morceau de l’album. Conventionnel sans l’être avec des passages qui font limite penser à du Francky Vincent (eh ouais je sais ca surprend). La musique se fait donc un brin plus gaie sans pour autant nous faire sauter de bonheur. Ce qui rend le morceau si particulier tient aux instruments utilisés: outre les éternels cuivres et autres cloches typique de Sopor, nous avons droit à la touche électro, une utilisation de sons de vibraphone (pour ceux qui connaissent) mélangés à du clavecin. Le résultat est surprenant mais la vinaigrette prend tout de suite et ne tourne pas du tout au vinaigre contrairement à ce qu’on pourrait se dire en lisant ma description. Une autre force du morceau réside dans ses changements de rythmes très bien trouvés, passant d’une rythmique presque martiale à une rythmique plus « Francky Vincent ».

Sans pousser trop dans le détails des morceaux de cet album, deux conclusions s’imposent à tous les habitués de Sopor: d’une, le style Sopor est toujours là (et heureusement), de deux, l’expérimentation est bien plus présente que par le passé notamment par l’utilisation de samples électroniques; de trois (oui je sais j’avais dit deux….) le style s’en trouve beaucoup plus inspiré que par le passé et donne à cet album l’arrière goût d’un « album charnière » dans la carrière du groupe. Soucieux de ne pas tomber dans la monotonie qui le guettait avec le moyen « Es Reiten Die Toten So Schell », l’âme pensante du groupe a jugé bon de se tourner vers quelque chose de plus créatif, et pour le coup on peut dire qu’il a fort bien réussi le bougre. Peut-être bien le meilleur album de Sopor depuis l’extraordinaire « Dead Lovers’ Sarabande ».

A la question de savoir s’il vaut ses 99 euros, je m’abstiendrais de répondre tant la réponse est difficile à fournir. Les vrais fans, collectionneurs, trouveront dans ce coffret un magnifique objet rempli de superbes cadeaux (photos toutes plus bizarre les unes que les autres, livre splendide et autre autographe du producteur John A. Rivers…). Les autres, curieux de jeter une oreille sur cet extra terrestre musical se rabattront vers un autre moyen de « récupérer » cet album. On ne peut en tout cas pas reprocher au groupe une attitude commerciale. Il ne fait que confirmer son anti-conformisme à l’image de son (sa) mystérieux(se) géniteur(rice). Un superbe objet en tout cas…

  1. the encoded cloister
  2. backbone practice
  3. idleness & consequence
  4. beyond the wall of sleep
  5. imhotep
  6. hearse-shaped basins of darkest matter
  7. interlude – the quiet earth
  8. we have a dog to exercise
  9. the lion’s promise
  10. leeches & deception
  11. the skeletal garden
  12. feed the birds
  13. consolatrix has left the building
  14. day of the dead
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Commentaire

  1. fewz says:

    99 euros quand même…c’est pas pour toutes les bourses, ou sinon faut vraiment être fan.. n’empeche que je l’écouterais bien!

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