The Ocean – Fluxion

Attention truc énorme ! Quand un obscure groupe underground allemand (déjà auteur de quelques démos et d’un album) invente le post hardcore symphonique ça fait très très mal…

Très influencé par le post hardcore tripant type Neurosis ou Isis, cet audacieux groupe emmené par le guitariste Robin Staps (qui écrit toutes les chansons), est loin de se contenter de plagier honteusement la musique de ses références…

Pourtant les fondations musicales sont identiques : reposant bien sûr sur une base hardcore, le style The Ocean emprunte aussi au doom par instant, avec des rythmiques bien lourdes. Le chanteur s’inscrit quant à lui dans la droite lignée des chanteurs de Neurosis ou Isis, avec un timbre arraché et éminemment grave.

Egalement progressive dans l’approche (plusieurs titres dépassant les 8 minutes), la musique de The Ocean se distingue finalement de ses pairs en ce qu’elle intègre de véritables passages symphoniques pris en charge par un petit orchestre avec violon, clarinette, ou bien encore flûte. Que les allergiques au folk se rassurent de suite, c’est bien à la musique classique et surtout pas au folk justement que ces passages symphoniques font immédiatement penser.

Evitant à merveille le piège du pompeux ou de l’imbrication maladroite des différentes composantes de sa musique, The Ocean parvient au contraire toujours à amener intelligemment les passages symphoniques qui forment un tout cohérent avec le reste de la musique.

On débute ainsi par exemple avec un mur de guitares acérées sur « The Human Stain » avant d’être merveilleusement transportés au-delà des océans, le temps d’un long break instrumental symphonique, à base de flûte, violon et synthé au service d’un effet réellement saisissant et planant. Les guitares et rythmes furieux reviennent alors achever l’auditeur, chancelant qui ne peut que s’incliner devant une telle démonstration de maîtrise.

Même si certains morceaux sont plus « conventionnels » renvoyant davantage aux morceaux agressifs de Neurosis, on retrouve dans la musique de The Ocean, une véritable volonté aboutie de transporter l’auditeur et de réveiller en lui des émotions intenses.
Fondamentalement et profondément émotionnelle, « fluXion » me paraît être une œuvre moins dépressive que celles de Neurosis, et la musique de The Ocean apparaît du coup moins oppressante, et peut-être plus teintée d’espoir (comme en attestent ces voix claires sur le superbe « Isla Del Sol » long de plus de 9 minutes…).

C’est peut-être aussi cela qui fait la force de « fluXion » qui semble plus abordable que nombre d’albums de la mouvance post-hardcore, car au final on rentre assez facilement dans cette musique pourtant indubitablement complexe et travaillée jusqu’aux entournures… Tout dans l’artwork (magnifique pochette avec cette vague de poissons qui rappelle fortement dans l’esprit ce que peut faire Isis), comme dans le titre de l’album (le terme « fluxion » inventé par Newton désigne « tout simplement » la géométrie de l’infini… Ouch) contribue à vous plonger dans des océans infinis où les obscures mélodies vous attirent, vous transportent, et ne vous lachent plus…

Un truc énorme je vous dis…

Vous pouvez écouter quelques titres dans la rubrique MP3 du site du groupe, ici.

Le disque sera distribué en France par Overcome Records, vraisemblablement début septembre.

Tracklist :

  1. nazca
  2. the human stain
  3. comfort zones
  4. fluxion
  5. equinox
  6. loopholes
  7. dead on the whole
  8. isla del sol
  9. the greatest bane
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