Thursday – War All the Time

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Style: emocoreAnnee de sortie: 2003Label: Island Records

Thursday, pour leur troisième effort en studio, se voit signé sur une major. Chose en vogue pour pas mal de groupes de la scène indie/emocore/hardcore, dans le même cas on peut citer Boys Sets Fire ou Poison The Well.
Après avoir fait tremblé le monde « underground » qu’est la scène indie avec leur fabuleux second album « full collapse », c’est surement le désir (et l’occasion) de toucher un plus large public qui explique cette signature chez Island. Mais Thursday a-t-il mis de l’eau dans son vin pour autant? L’inédit, « Jet Black New Year », sur leur live « Five Stories Falling » semblait répondre par la négative à cette question, montrant un groupe qui n’avait en rien perdu de sa fougue et de sa poigne, bien au contraire. C’est donc confiant que l’on aborde cet album dont on ose présager que le contenu sera au moins aussi beau que le Digipack.

Ca fait déjà un petit bout de temps que j’ai acheté l’album (à sa sortie en import en fait), mais je vais tout de même essayer de me rappeler mes sensations lors des premières écoutes. Première écoute, l’album ne me semblait pas supérieur au précédent. Je ne trouvais pas réellement de relief dans le disque (!), alors que je me sentais bien en présence d’un disque du combo. J’en attendais peut-être trop. Je ne savais pas quoi penser. A la seconde écoute, j’accroche déjà beaucoup plus, je suis conquis. Pas de doutes c’est encore une pièce de maître que viennent de nous pondre ces gars du New Jersey. La production est là aussi imparable et parfaite, les compositions sont solides et superbes, l’album en lui-même est plus aéré qu’avant et Geoff Rickly (chanteur du groupe) chante encore mieux. La production est au service de la musique du combo, restituant parfaitement chaque instrument. Les compositions sont solides et superbes et offrent de beaux moments d’énervements vocaux, des riffs de guitare lourds et/ou épiques, des magnifiques passages en son clair et Geoff Rickley vecteur d’émotions allant chercher mélodies et expressivité là où seul lui peut y aller.

Le premier tiers de l’album est le plus énervé mais aussi le plus accrocheur. Grosses guitares et rythmiques saccadées pour l’entrée en matière avec l’entraînant « For The Workforce, Drowning » puis suit « Between Rupture and Rapture » qui malgré ses 3 minutes nous en fait voir vraiment de toutes les couleurs: de l’intro aux accords clean et plaqués jusqu’au (putain de) break toutes guitares dehors, agrémenté de choeurs écorchés et d’une voix délicatement posée. Dans ce premier tiers on trouve aussi le premier single: « Signals Over The Air », titre qui fait mouche immanquablement, ça c’est du single!!
Le reste chamboule. « Asleep In The Chapel » calme un peu les guitares et nous décoche de fortes sensations, surtout dans la dernière minute, avec des vocalises qui ferait frémir un videur énervé. Arrive ensuite « This Song Brought To You By a Falling Bomb », ballade piano/voix du meilleur effet (à en faire pleurer les minidettes et allumer les briquets) et l’album s’en voit aéré comme parcouru par un vent frais. Si à ce point de l’album vous avez déjà frémis, vous n’êtes pas au bout de vos émotions. Les deux titres qui enchaînent sont de vrais perles, et on se demande (c’est arrivé à beaucoup) si le terme emocore n’a été inventé pour Thursday. « Steps Ascending », à mon goût, offre avec son pont un des passages les plus poignants de l’album: Riff en croches, choeurs, vocalises et voix s’entremêlant dans une substance à en faire plaurer le plus velu des tough guy! « War All the Time » est le second single de la galette, et on comprend pourquoi. La fin de l’album est du même accabit que le reste de l’album; c’est-à-dire excellent, même si le meilleur de l’album ne se trouve pas là pour moi.

Encore une fois l’alchimie fonctionne au sein de chaque binôme et dans le TOUT qu’ils forment: batterie/basse explosives et bien senties, les deux guitares qui s’emboitent comme 2 briques de Lego, choeurs et voix qui vont dans la même direction tout en étant contrastées. Le tout pour un rendu qui se propulsent TRES LOIN devant bon nombre de formations emocore. Pratiquer aussi bien ce style et nous sortir des passages cotonneux qui ne tombent pas dans le mielleux relève de la prouesse.

Thursday s’est fait une réputation et n’y faillit pas. Un disque tant et tant attendu et qui ne déçoit pas: signe d’excellence! Laissez-vous séduire puis hanter par ce disque, cela ne vous fera pas de mal, bien au contraire…

  1. for the workforce, drowning
  2. between rupture and rapture
  3. division st.
  4. signals over the air
  5. marches and maneuvers
  6. asleep in the chapel
  7. this song brought to you by a falling bomb
  8. steps ascending
  9. war all the time
  10. m. shepard
  11. tomorrow i’ll be you
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8 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    moi je suis d’accord il est très bien ce groupe

  2. krakoukass Krakoukass says:

    Bah moi j’arrive pas à adhérer… C’est surtout la voix qui me bloque, je trouve que le gars ne chante pas bien du tout…

  3. fewz says:

    Ben oui, comme je l’ai écrit dans la chronique de leur précédent album, la voix bloque pas mal de personnes. La trouvant insupportable pour différentes raisons. trop poussée, ou même carrément dans le faux.. D’autres (comme moi) la trouve géniale.. En tout cas, elle ne laisse pas indifférent..

  4. trashoss says:

    perso tu viens de me faire découvrir un P***** de bon groupe. Il m’a fallu quelques écoutes avant d’accrocher, mais maintenant que c’est fait… le mix hurlement/voix clair est particulièrement convaincant. merci pour cette chro…

  5. wakos says:

    Rien a redire, Thursday reste Thursday et évolue à sa façon. Pour Trashoss, leur 1er album (Waiting) est très bon aussi, il a squatté ma platine un sacré bout de temps …

  6. fewz says:

    c’es clair leur permier album sur eyeball records est superbe aussi, notamment la seconde et son violon…

  7. james dîne says:

    Dire qu’ils ne passeront pas au BATACLAN avec SAOSIN et UNDEROATH, quel gachis !

  8. james dîne says:

    pas de chronique de  » A city by the light divided »? Pourtant c’t’une tuerie! différent certes mais tuerie quand même!

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