Aconite Thrill – The Recliner

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Style: émo/hardcore technique uniqueAnnee de sortie: 2004Label: Mighty Atom Records

Ah enfin un groupe difficile à décrire !

Aconite Thrill est un très jeune groupe anglais formé en 2002 qui m’avait surpris il y a quelques mois avec EP assez déroutant, 504hrs. Cet EP récoltant de très bons échos, le groupe a été signé par Mighty Atom Records, petit label qui a fait connaître Funeral For A Friend et s’occupent d’autres nouvelles formations « hardcore » anglaises dont Days In December et Hondo McLean.

Imaginez vous quelque chose que vous n’avez jamais entendu, enfin quand je dis jamais ce n’est pas à la légère, le groupe joue sur une base hardcore chaotique déstructuré tout en ayant un son beaucoup plus léger et « rock » que n’importe quel autre groupe du style.

Déjà, la musique d’Aconite Thrill est en général vraiment influencée par Sikth, ce qui se comprend aisément étant donné qu’ils sont originaires du même bled paumé de l’Angleterre et qu’ils ont fait leurs premiers shows avec Sikth alors que ceux-ci commençaient à gagner en notoriété grâce à leurs premiers EPs. Donc on peut s’attendre à une influence free-jazz comme mathcore, des riffs déstructurés à mille notes par minutes, des contre temps sans arrêt, des rythmiques décalées avec des mesures alambiquées au possible.
Tout de même et c’est ce qui est étonnant, Aconite Thrill reste beaucoup plus posé que Sikth, leur son est moins métal, ils s’attardent même sur plusieurs balades, jouent souvent en son clair, et leurs riffs sont très mélodiques. Le batteur est tout aussi génial que celui de Sikth, forcément il faut suivre, son jeu utilise très fréquemment la double pédale mais on ne peut pas vraiment le qualifier de métal, c’est plutôt un batteur de rock jazzy survolté.

L’album commence en trombes avec “Maps To Mornings” et son riff d’intro déstructuré bien métal mais finalement l’atmosphère se calme et ça sera assez souvent le cas, Aconite Thrill n’est pas un groupe « heavy » à proprement parler, mais un groupe énergique ça c’est certain(vous aurez compris!).

De plus, leur musique a un côté émo indéniable -un peu à la façon d’un Glassjaw- qui est apporté en majorité par le chant vraiment saisissant, une voix spéciale, aigue et un peu discordante, pour des lignes de voix posée bizarrement avec un débit assez expérimental mais par rapport à leur Ep, les cris hardcore ont presque totalement disparu. La voix n’en est pas pour autant plus « abordable ». Cette voix me fait penser à The Cure par moments, à Jane’s Addiction à un autre, mais elle est en fait unique. C’est vraiment l’élément ce sur lequel il est le plus difficile d’accrocher, elle a du caractère et intensifie encore le côté novateur d’Aconite Thrill, mais il y a des passages assez choquants où on a l’impression qu’il chante presque faux, d’autres où il a un accent vraiment spécial. Ca passe bien à certains moments, où sa fragilité s’accorde bien avec la musique, mais dans les morceaux les plus speeds, on a souvent l’impression qu’il tente de chanter quelque chose sur des riffs déstructurés qui ne sont pas trop appropriés au chant mélodique.

Mais rester sur la voix d’Aconite Thrill, c’est mésestimer les 4 musiciens derrière qui sont simplement faramineux et composent des morceaux élaborés, ambitieux et très fournis en riffs et rythmes étonnants, tous maîtrisent leur instrument à un niveau très élevé (on s’approche de Sikth ou DEP).

En clair, ce groupe était prometteur et prouve qu’ils peuvent se targuer d’être un des groupes anglais les plus étonnants et novateurs du moment, par contre on ne peut éviter de penser qu’ils auraient peut-être pu faire un peu mieux, qu’il y a certains éléments dans leur musique qu’ils devraient revoir, certains riffs sont un peu récurrents, mais heureusement la globalité de l’album est très variée. Par exemple, « V I B G Y O R », qui sépare l’album en 2, est un morceau où la voix se pose sur une guitare acoustique pour une balade des plus étonnante. Dans un autre style, « Caspian Seaside Holiday » commence presque comme de la New-Wave pour partir sur des riffs speeds appuyés à la double. L’instrumental final, « Five Paces East », clôt magistralement l’album avec des guitares post-rock soutenues par un duo basse/batterie percutant et recherché.

The Recliner reste néanmoins un album génial, bourré d’inventivité et mélangeant les aspects les plus techniques des groupes de mathcore avec une ambiance très rock beaucoup plus soft. Peut-être ce groupe est-il le lien que certains attendaient pour découvrir la frange la plus expérimentale et barrée du hardcore.
Cet album est difficile à appréhender, d’une part parce qu’il est très dense, d’une autre à cause de la voix très particulière et présente du chanteur, mais au fil des écoutes on s’habitue à apprécier, et « The Recliner » s’affirme comme étant une vraie bombe prête à exploser dans le paysage rock, qui prouve que c’est bien dans ce style qu’on trouve les groupes les plus innovants ces temps-ci.

Quelques titres sont en écoute ici, à vous de juger!

  1. maps to mornings
  2. can’t keep a good cop down
  3. b movie explosion
  4. it would have been a beautiful day
  5. v i b g y o r
  6. caspian seaside holiday
  7. rhino septic plastic sea
  8. minute man of the hour
  9. journey to the centre of the earth
  10. five paces east
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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