John Zorn – Milford Grave

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Style: jazz avant-gardisteAnnee de sortie: 2004Label: Tzadik

« 50th Birthday Celebration, Volume 2 »

Que fait du jazz sur un webzine à priori rock ? Deux raisons à cela : les bases du free-jazz sont de plus en plus utilisées par certains groupes rocks, il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter les deux derniers Dillinger Escape Plan.
La deuxième raison s’appelle John Zorn. Ce saxophoniste à joué avec quelques-uns des plus grands noms du rock parmi lesquels : Dave Lombardo, Mike Patton, Justin Broadrick, Bill Laswell, Mick Harris et j’en passe, la liste étant trop longue à énumérer.
John Zorn est l’un des musiciens les plus célèbres et respectés dans le monde du jazz avant-gardiste. Il est ou a été membre de Painkiller, Naked City, Masada, GOD, pour ne citer que les plus connus et a enregistré plus de 200 disques. Il est également le patron du label Tzadik qui sort toute sorte de disques expérimentaux ou avant-gardistes.
Pour ses 50 ans, le bonhomme sort une série de disque retraçant différents concerts de sa carrière.

Ce 2ème volume est une prestation live qui date de 1999 accompagné du batteur, spécialiste de l’improvisation, Milford Grave.
Autant le préciser tout de suite, ce disque est difficile d’accès. Il requiert un certain investissement pour pouvoir être apprécié à sa juste valeur. Durant ces 54 minutes d’improvisation, l’auditeur risque de passer par pas mal d’état d’âme qui passent du bonheur absolu à la répulsion la plus totale. Mais ce disque s’apprivoise, il suffit d’en prendre le temps.

Durant toute la durée de ce disque, nous avons droit à une démonstration impressionnante de maîtrise musicale, de technicité et de complémentarité. Ces deux musiciens sont absolument hallucinant dans leur jeu. Mais point de démonstration stérile, au contraire. La diversité des morceaux, qui passent de quelque chose de très mélodique (Looping Journeys) à des passages noises ou bruitistes (Synchronicity, Calling in proceed). A tour de rôle, chaque instrument est mis en avant, pour ensuite se compléter à merveille. John Zorn pousse son sax dans ses limites les plus extrêmes, au niveau des aiguës, comme des graves. Ses cris saxophoniques sont devenus sa marque de fabrique. Quant au batteur, il suffit de se concentrer sur son jeu pour reprendre une baffe. Que ce soit lors d’accompagnements ou lors de solos, il a un jeu d’une rapidité et d’une diversité prodigieuse. Quelques passages chantés dans un style de type tribal africain sur certain morceau apportent une touche de diversité supplémentaire.

Ce disque est une expérience différente ou nos repères musicaux habituels sont malmenés. Pour peu que l’auditeur prenne le temps de l’apprivoiser, ce disque fait mal, très mal mais dans un sens on ne peut plus positif. Peut-être pas le meilleur moyen de découvrir le free-jazz mais un album à découvrir pour toute personne appréciant la musique à tendance expérimentale.

  1. inserted space
  2. looping journeys
  3. calling in proceed
  4. deep within
  5. smooth interaction
  6. talk
  7. synchronicity
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3 Commentaires

  1. MONSTER says:

    Zorn a sortit tellement de disques, participé à tellement de projets étrange (Naked City, Painkiller, ect…) qu’on s’y paume un peu…
    C’est quoi les principaux albums à conseiller dans la discographie de Zorn ?

  2. trashoss says:

    Perso, mes albums préférés:
    Painkiller – Talisman
    GOD – Possession
    Masada – Live in Sevilla 2000
    Naked City – Leng tch’e

  3. Reflebe says:

    En fait tout dépend de ce que tu recherches: si tu veux découvrir son visage le plus violent, tourne toi vers Painkiller, le black box de Naked city regroupant leurs morceaux les plus grind et le cauchemardesque Leng tch’e et le trio Moonchild avec Patton et Trevor Dunn (dont le dernier Six litanies for Heliogabalus absolument terrible). Après en jazz, t’as le News from Lulu (reprises de standarts jazz classique en guitare, sax alto et trombonne) et son pendant live « More news from lulu », les masada quartet, « Spy Vs Spy » reprenant du Ornette Coleman, ou encore ce uo avec Milford Grave… Faut faire de la sélection car sa discographie est pléthorique et traite des genres musicaux très divers.

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