Arkhon Infaustus – Perdition Insanabilis

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Style: black death metalAnnee de sortie: 2004Label: Osmose

Arkhon Infaustus est un groupe pour le moins controversé. Que ce soit par l’ambigüité de leurs idéologies ou par l’attirail malsain leur étant systèmatiquement associé (drogues, pornographie…) à juste titre, les parisiens ne laissent pas de marbre; mais plutôt que de s’attarder sur tant de détails désormais d’une banalité « blasante » dans le milieu du métal, contentons nous de nous préoccuper de ce qui importe vraiment ici : la musique. Et Dieu (ou plutôt devrais-je dire Satan en l’occurence?) sait qu’il y a des choses à dire.

Tout d’abord, un peu d’histoire: c’est après deux démos (In Sperma Infernum – 1998, Dead Cunt Maniac – 2000), deux albums (Hell Injection – 2001, Filth Catalyst – 2003) et un split-EP avec Revenge (2003) que le groupe accouche aujourd’hui de ce torturé Perdition Insanabilis, véritable révélation black/death française de l’année.

Quand bien même son prédecesseur Filth Catalyst était d’une brutalité déjà poussée, toute cette haine animant réellement le groupe n’en est ici que décuplée et palpable à souhait; d’une part car il semblerait qu’Arkhon ait trouvé LA production lui convenant le mieux (ni trop « crade », ni prétentieuse pour un groupe de cette stature), mais aussi car s’est définitivement instaurée une cohésion à toute épreuve entre chaque musicien: même si le but d’un tel groupe n’est certainement pas si calculateur, chaque partition semble vraiment la mieux adaptée aux autres pour instaurer cette atmosphère des plus maléfiques qui n’aurait rien à envier à bon nombre de groupes bien plus « true » musicalement.

Mention spéciale aux guitaristes apportant vraiment à l’ensemble un souffle propulseur grâce à de multiples solos du plus bel effet, soutenus par de puissantes rythmiques non moins terrifiantes. Des morceaux comme « M33 Constellation » ou « Six Seals Salvation », alternant passages lents d’une lourdeur étouffante et blastbeats effrenés du meilleur effet, ou encore les monstrueux « Oratio Descendere » et « Whirlwind Journey » dont les riffs endiablés et vicieux vous mèneront au bord de l’hystérie, sont tant de claques psychotiques semblant n’être destinées qu’à plonger l’auditeur dans un delirium tremens exacerbé dont Arkhon Infaustus semble avoir fait son quotidien.

Et comme si ce n’était pas suffisant, le groupe nous gratifie d’une véritable descente aux enfers avec un étouffant « Saturn Motion Theology », marquant le milieu de l’album de ses 5 minutes d’une lourdeur malsaine sans précédent. De plus, ce n’est pas l’étonnante prestation du batteur ou les hurlements torturés des deux chanteurs alternant entre voix black et voix death qui seront pour nuir à ce nouvel opus d’une réelle puissance maîtrisée.

Si certains ne voyaient en Arkhon Infaustus qu’un groupe de plus parmi une scène des plus fournies aux concurrents des plus coriaces (on pensera notamment à leurs confrères français d’Antaeus ou aux singapouriens d’Impiety), je ne peux que leur recommander de jeter une oreille attentive à ce Perdition Insanabilis qui risque d’en déstabiliser plus d’un. On pourra éventuellement lui reprocher de s’essoufler légèrement au fil des écoutes ou encore de fatiguer par une atmosphère étouffante d’agressivité, mais passer à côté de ce 3ème album vraiment réussi serait une funeste erreur. Chapeau bas.

  1. genesis of loss
  2. m33 constellation
  3. abortion of the kathavatthu
  4. six seals salvation
  5. saturn motion theology
  6. oratio descendere
  7. profanis codex lxvi
  8. whirlwind journey
  9. absurd omega revelation
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Commentaire

  1. Naja says:

    Un putain d’album… écoute le cd au casque pour percevoir tous les effets des partitions de guitares, c’est monstreux, voire même subliminal tellement c’est inaudible tel quel…

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