Blackfield – Blackfield

Vous cherchez un bon cd pour détendre vos oreilles qui saignent après l’assaut mené par les derniers Behemoth ou autres Anaal Nathrakh ? Ne cherchez plus, voici incontestablement l’un des meilleurs albums de l’année en « non brutal ».

Blackfield est le projet parallèle de Steven Wilson, grand Monsieur, qui non content de mener brillamment la carrière de son principal groupe Porcupine Tree, bien connu des amateurs de rock progressif, multiplie les participations et les collaborations. S’il ne fallait en citer qu’une pour illustrer mes propos je citerais la collaboration avec Opeth qui dure déjà depuis quelques années (depuis Blackwater Park). On sent d’ailleurs bien l’empreinte et l’influence que peut avoir le sieur Wilson sur la bande à Akerfeldt.

Blackfield, quoique beaucoup plus calme et pop dans l’approche permet néanmoins de mesurer l’influence de Wilson, tant on retrouve des éléments caractéristiques des projets qui portent sa patte.
Complété ici par le chanteur pop israélien Aviv Geffen, le duo nous propose une pop mélancolique, avec piano, guitares (acoustiques à l’exception de « Open Mind » à la rythmique électrique) voire violon, fortement baignée d’influences 70s qu’on sait bien chères à Steven Wilson. La (omni)présence du mellotron (« Glow », « Scars », « Blackfield » entre autres) n’est sûrement pas étrangère à ce sentiment, ainsi que certains effets sur la voix (comme sur « Summer » ou « Cloudy Now »)…

Par rapport à ces autres projets, Blackfield se veut donc plus pop, mais aussi bien plus direct dans l’approche. Le groupe ne s’embarrasse pas de fioritures et va droit au but. 10 compositions, pour un total de 37 minutes.
Mais parlons en de ces compositions, magnifiques, inspirées, sur lesquelles nos deux compères posent leurs voix : Steven Wilson chante sur la grande majorité des titres dans un registre vocal habituel, c’est à dire touchant et plein de sensibilité. Aviv Geffen, outre les passages (nombreux) où il double Wilson, tient le micro sur l’intégralité de « Pain » avec tout autant de réussite, dans un registre qui évoquera un peu celui de Brian Molko de Placebo.

Malgré une approche résolument 70s dans l’esprit, des petites touches modernes font de Blackfield un album qui s’inscrit pleinement dans notre époque, ici un court passage avec une rythmique quasiment drum n’ bass (si si je vous jure écoutez-bien) sur l’excellent « Scars », ou ça et là des petites sonorités trip hop.

Magnifique du début à la fin, l’album ne contient aucun rebus, et son écoute passe facilement et rapidement… Un peu trop rapidement d’ailleurs, et compte tenu de la durée un peu légère de l’album on pourra parfois regretter justement que le duo ne prenne pas plus le temps de développer les ambiances. Il arrive en effet que certains morceaux se finissent de façon un peu abrupte, et on se plaît à imaginer d’avoir droit à des versions longues de bijoux tels que « Blackfield » (pour lequel une version longue existe d’ailleurs apparemment sur le single), « The Hole In Me » ou « Hello ».

C’est bien là la seule chose que l’on pourra reprocher, pour le reste c’est absolument parfait (y compris l’artwork magnifique), à tel point que la version digipack de l’album, en plus de contenir 2 inédits (de fort bonne facture) ainsi qu’une version live de « Cloudy Now », contient surtout le clip de « Blackfield », et que dire sinon qu’il est à l’image de l’album, c’est- à-dire splendide (avec mises en abîme successives et de très très belles images).

Indispensable.

  1. open mind
  2. blackfield
  3. glow
  4. scars
  5. lullaby
  6. pain
  7. summer
  8. cloudy now
  9. the hole in me
  10. hello
  11. perfect world (bonus digipack)
  12. where is my love (bonus digipack)
  13. cloudy now (live) (bonus digipack)

A PROPOS DE krakoukass

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