Dirge – And Shall the Sky Descend

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Style: noise/ambient/post-hardcoreAnnee de sortie: 2004Label: Blight Records

Dirge ou l’art de la catharsis…

Lors d’un récent concert donné par ces parisiens où je les découvrais, c’est bel et bien cet effet de purification que j’ai ressenti à l’issue de leur performance. Une catharsis inéluctable pour le public tant la mise en abîme fut vertigineuse, le spleen palpable, leur dramaturgie mise en musique, mais l’espoir toujours sous-jacent et salvateur.

Nous allons bien évidemment retrouver cette sensation avec cet album qui nous entraînera au cours de ces 73 min et de ces quatre morceaux, sur le même chemin, et ce, pour le grand bonheur de tous ceux qui jusqu’ici ont tenté l’aventure.

Ce groupe qui fête tout de même ces dix années de présence sur la scène musicale française, a connu de nombreux changements de line-up, et compte trois albums actuellement à son actif. Leur évolution artistique va les pousser à s’éloigner d’un metal industriel psychotique si cher à feu Godflesh pour découvrir un metal/noise laissant de plus en plus de place au feeling des musiciens.

Résultat de cette évolution, ce nouvel album, And shall the sky descend, album post-hardcore, noise, ambient, proche d’un Time of Grace ou d’un A sun that never sets de Neurosis. Cette comparaison est aisée bien que le son de Dirge soit plus éthéré, plus compact.

On pensera également aux univers d’Isis, de Cult of Luna, de Godspeed You ! Black Emperor, pour les groupes les plus actuels mais on pourra aussi penser à feu Swans ou aux français de Hint. Mais Dirge possède bel et bien sa propre personnalité, sa propre capacité à créer des ambiances post-apocalyptiques, sa propre sémantique (navigant entre introspection, et surdité de l’être, relation du Moi vis-à-vis d’un monde extérieur violent…).

Pour parvenir à cette musique chargée d’émotion, Dirge va utiliser une configuration organique (favorisant ce feeling si propre à ce groupe) axée autour d’une batterie et de percussions lentes, d’une basse rampante, de guitares hypnotiques, de voix mâles écorchées, et d’un chant clair féminin assuré par Flore Magnet apaisant au plus haut point les plaies infligées par cette musique.

Mais ce n’est pas tout.

Dirge va également s’appuyer sur des samples instaurant des ambiances maladives, sombres, écorchées, et un violon implorant, nous immergeant dans une certaine résignation lorsqu’un didjeridoo tente encore d’incarner l’espoir,un nouvel avenir, pas forcément si radieux… surtout lorsqu’il se confronte aux riffs plombés des guitares.

Néanmoins, l’effet cathartique sera au rendez-vous, comme en témoignent les derniers instants de cet album, où la voix de Flore Magnet mêlée à des samples « printaniers », nous soulagent et nous invitent à la renaissance de l’être, à la purification du Moi.

Finalement, entre un monde post-apocalyptique aux ambiances lentes et progressives et ce sentiment de catharsis, Dirge nous offre avec cet album, la bande son d’un film qui pourrait s’intituler « L’épopée humaine ».

  1. and shall the sky descend
  2. the birdies wheel
  3. the endless
  4. glaring lights
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9 Commentaires

  1. krakoukass Krakoukass says:

    Putain de bonne chronique Neurotool, bravo…

  2. Neurotool says:

    Il vous en prie! lol
    Il y a largement matière à cet engouement donc voili voilou…

  3. fewz says:

    putain je vais me ruer sur ce groupe dans la foulée! c’est plus qu’alléchant tout ça!

  4. Uriel says:

    Toi aussi tu fais des chroniques? C’est une maladie :)

    En tout cas un bien bel article pour un groupe qui ne l’a pas volé!

  5. Neurotool says:

    merci m’sieur Uriel!!!

  6. Ocean? says:

    Mon album de l’année, tout simplement. (et c’est moi qui ai fait découvrir ça à Neurotool un mercredi soir à la Loco, gnark gnark gnark).
    Vraiment très haut de gamme, une panoplie d’émotion très variée. Nickel, indispensable à tout fan de noise / post HxC…

  7. fewz says:

    j’avais oublié que j’avais chopé du dirge…j’ai pas cet album de 2004, mais c’est ouf! trop énorme…

  8. fewz says:

    trop neurosis quand même…

  9. damien luce says:

    Une vraie descente en enfer!!!

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