Rammstein – 11 février 2005 – Bercy – Paris

Pas de commentaires      1 761
Annee de sortie: 2010

Je l’attendais ce concert pour prendre ma claque.

Bon, entré à 20h10 dans un POPB déjà bien blindé des gradins, mes oreilles sont aussitôt attirées par un titre bien familier : « Master Of Puppets ». Normal c’est Apocalyptica qui a déjà commencé son show. Show sympathique, surtout lorsque les standards de Metallica sont joués par nos 4 violoncellistes fous, il faut bien le reconnaître. Rien d’exceptionnel cependant, et ce ne sont pas les titres extraits du dernier album dont un (« Quutamo ») est chanté par Manu de Dolly (comme sur album), ou « Bittersweet » sans le chanteur de Rasmus ni celui de Him, qui me convaincront du contraire. Sympathique apéritif mais pour moi Apocalyptica n’a plus grand intérêt, passé le délire des violoncelles quand on ne connaît pas.

Après une pause (finalement pas si longue que ça), et la mise en place de tout le matos des teutons de feu -matos caché derrière un rideau noir- Rammstein investit la salle sur le superbe « Reise, Reise », alors que le rideau tombe révélant une scène impressionnante. Les musiciens déguisés, certains en pute, certains en uniforme sont en hauteur sur une « sur-scène » alors que Till débarque par une sorte de porte-sas au milieu en bas de la scène. Le son est assez moyen, pour ne pas dire plutôt mauvais. On entend beaucoup trop la batterie, par contre le chant est difficilement perceptible.

Mais qu’importe, les 2 heures qui suivent vont être magiques et le spectacle total. Je ne vais pas pouvoir tout décrire dans le détail mais certaines scènes étaient particulièrement marquantes. Evidemment le feu a été au rendez-vous que ce soit par le biais d’explosions, de murs de feu (sur « Morgenstern ») ou de masques cracheurs de feu particulièrement impressionnants revêtis par les 2 guitaristes et par le chanteur et qui permettaient à Till de cracher du feu et de chanter sans enlever le masque (sur « Feuer Frei »). L’ingénierie pyrotechnique poussée à son paroxysme !

D’autres moments forts étaient l’éclatage de clavier par Flake sur « Sehnsucht » si ma mémoire est bonne, mais c’est surtout la véritable pièce de théatre sur « Mein Teil » qui aura marqué les esprits. Jugez plutôt : Till entre sur scène déguisé en boucher avec un couteau-micro à la ceinture. Il repart dans le sas et en sort une grosse marmite sur roulette qu’il installe sur scène. La marmite fume comme pas possible si bien qu’on ne se rend compte que plusieurs secondes plus tard, que Flake (le clavier du groupe) est à l’intérieur avec son clavier. Ce dernier sort sa tête épisodiquement notamment pour jouer sur son clavier.

Au bout d’une minute à peu près (n’oublions pas que le titre est joué pendant ce temps) Till s’empare de son lance-flammes et tire plusieurs salves de feu sous la marmite qui prend feu quelques secondes. Impressionnant ! !

Au bout de 3-4 tirs de lance-flammes, Flake sort de la marmite et essaye de s’enfuir au courant. Till le pourchasse alors de long en large sur la scène avec son couteau alors que des fusées venus du plafond s’abattent sur les traces de Flake qui quitte alors la scène tandis que le morceau se termine. Mythique ! ! !

On aura eu droit à la sortie du canoé aussi sur « Stripped » (reprise de Depeche Mode) tout dernier morceau joué ce soir. C’est le bassiste du groupe qui a ainsi pu naviguer sur Bercy, faisant le tour de la fosse avant de revenir sur scène pour la fin du set.

Sur « Los », le groupe a joué dans une configuration minimale avec une mini batterie et guitares électro-acoustiques alors que Flake faisait le spectacle en dansant comme un abruti.

Le moins que l’on puisse dire c’est que le groupe ne s’est pas moqué de son public ce soir, même si on a eu peur après 14 titres joués et environ 1h15, lorsque le groupe a quitté la scène pour la 1ère fois. Mais ce n’était que pour mieux revenir, jouer « Rammstein » (sans le manteau en feu mais avec un double lance-flammes impressionnant), « Die Sönne » (un peu massacré d’ailleurs), et « Ich Will » (rhaaa quel morceau !) et partir de nouveau.

.Pour mieux revenir pour le 2ème rappel de la soirée après 10 minutes d’ovations et d’applaudissements ! ! Et revenir accompagnés s’il vous plaît, accompagnés d’Apocalyptica pour interpréter un superbe « Mein Herz Brennt » puis un « Ohne Dich » transcendé par les violoncelles. 20ème et ultime titre joué ce soir, « Stripped » avec le coup du canoé décrit plus haut.

Au final le groupe a joué  : tout Reise Reise sauf « Amour », 2 titres de Herzeleid (« Du Riechst So Gut » et « Rammstein » bien entendu), 2 titres de Sehnsucht (« Sehnsucht » et « Du Hast » évidemment), 6 titres du fabuleux Mutter (« Feuer Frei », « Links 2,3,4 », « Ich Will », « Die Sönne », « Rein Raus », et « Mein Herz Brennt ») et la reprise de Depeche Mode « Stripped » en guise de final.

Malgré un son vraiment très moyen, ce concert restera dans les annales tant le spectacle était grandiose.

Tout le monde en a eu pour son argent ce soir-là. Et si Bercy n’est pas une salle adaptée pour 90 % des groupes, Rammstein est vraiment un groupe qui sait exploiter la taille de cette salle pour en tirer le meilleur. J’avais déjà vu Rammstein il y a 3 ans à l’Elysée Montmartre pour la tournée Mutter. Le concert de l’époque était meilleur du point de vue de l’interprétation des morceaux, mais du point de vue du spectacle rien à voir avec celui de vendredi.

L’ambiance était énorme et le public particulièrement varié tant en terme de « profils » (des goths en puissance aux petits bourgeois branchés) qu’en terme d’« âge » (de 13 à 45 ans). C’est toujours surprenant de voir des petites nanas de 13-14 ans chanter les paroles en allemand qu’elles connaissent apparemment par cour.

Rammstein sera-t-il le sauveur de la langue de Goethe dans les collèges et lycées ? Une chose est certaine : si j’avais appris l’allemand sur du Rammstein j’aurais été beaucoup plus motivé à l’époque !

En tout cas un putain de concert comme prévu et ceux qui n’y étaient pas le regretteront un jour, je vous le dis !

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 878 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *