Superstatic Revolution – Goodbye Mr Wanton

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Style: post hardcore torturé et chaotiqueAnnee de sortie: 2005Label: Basement Apes Industries

La démonstration de l’excellente santé de la scène française semble se poursuivre en 2005 et Superstatic Revolution avec son album Goodbye Mr Wanton, se pose bel et bien là pour arborer fièrement nos couleurs et montrer que nous n’avons pas à rougir de nos formations extrêmes.

Superstatic Revolution est composé en partie de jeunes gens que l’on retrouve dans Morgue, un groupe de death/grind underground, qui a fait de la mutilation (intelligente) de tympans, plus qu’une vocation, un véritable sacerdoce.

Si le style pratiqué par Superstatic Revolution est relativement éloigné du style du combo précité, on va voir qu’on y retrouve quand même certains éléments. En effet, ce qui rend la musique de Superstatic si intéressante, c’est qu’elle semble concrétiser un parfait amalgame de genres extrêmes, sur une base très fortement post-hardcore.
Le groupe avait déjà sorti un MCD We Kneel in the Pews by the Confession Box en 2003, qui marquait déjà des similitudes avec des groupes valeureux et reconnus comme Cult Of Luna (avant Salvation) ou Neurosis.

Sur Goodbye Mr Wanton, le groupe durcit encore le ton et propose un mélange abrasif et violent qui dépasse largement le cadre du post-hardcore.
Ce qui marque d’abord la rupture par rapport aux illustres formations du genre, est cette compacité et cet aspect direct qui rendent les compositions très accessibles. L’album est court (moins de 37 minutes) ce qui implique que les titres au nombre de 10, sont aussi d’un format plus compact et direct (rarement au delà des 4 minutes, parfois sous les 3 minutes) que le commun des titres de post-hardcore qui s’étendent souvent sur de longues minutes.
En cela Superstatic marque son attachement à l’immédiateté du hardcore dont il conserve, outre cette urgence dans l’exécution, le type de voix, puisque le timbre de Abel (EDIT – correction : il s’agit de Fred au chant et non de Abel, ce dernier étant chanteur de Morgue) est arraché, hurlé, désespérément hurlé même. Il m’a un peu rappelé celui du chanteur de Kevorkia (un autre excellent combo français).

Tout ceci tend à rendre la musique de Superstatic beaucoup plus facile à assimiler que celle de nombre de groupes de post-hardcore que beaucoup jugent indigeste.
Plus facile à assimiler ne signifie pas « plus simpliste » loin s’en faut puisque comme je l’écrivais au début de la chronique, la variété, et les changements sont de mise sur cet opus très réussi.
On passe facilement de passages post-hardcore typiques (les passages planants de « Color And Fragrance »), à d’autres qui évoquent une folie pas forcément très éloignée de celle d’un Dillinger Escape Plan (comme ces plans rythmiques un peu fous sur « Like The Patron Saint » ou sur « For Someone With Sufficient Motive »). Plus loin ce sont des blasts qui se mêlent à la partie, parfois chargés de riffs et de parties de gratte qui rappelleront tour à tour le death/grind ou même le black metal (fugacement sur certains passages comme sur la fin de l’excellent « Both 28 »).

Ajoutons un son et une lourdeur bruts (limite stoner) et on se rend bien compte que ce qui aurait pu relever de la copulation bordélique s’avère au final être un patchwork harmonieux et passionnant, jamais maladroit, qui rend l’écoute de ce Goodbye Mr Wanton réellement enthousiasmante et qui traduit une richesse d’influences ainsi qu’une curiosité et une ouverture d’esprit évidentes de la part de ses géniteurs.

Une excellente surprise donc, recommandée à tous les fans de musique extrême (ça reste bien violent attention) de quelque bord que ce soit.

  1. last night bicarbonate soda
  2. color and fragrance
  3. both 28
  4. like the patron saint
  5. the lone son
  6. for someone with sufficient motive
  7. doctor larry inx
  8. james walker cover
  9. originally recorded in 1997
  10. flashlight only clouding the matt
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Groupes cités dans la chronique

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8 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    « Superstatic facile à assimiler »

    Euh là je pense que tu vas un peu loin, leur musique est quand même bien plus extrème que la majorité des groupes post-hardcore, il faut donc donc éjà avoir des attachements au métal extrême pour rentrer directement dans leur musique.

  2. krakoukass Krakoukass says:

    Et bien écoute pour ma part l’assimilation fut quasi immédiate, mais tu as peut-être raison, peut-être faut-il quelques accointances avec la musique extrême. Ce que je voulais surtout dire c’est que les morceaux sont directs et courts contrairement à des grosses pointures comme Neurosis, groupe dans lequel je n’ai jamais été capable de « rentrer » véritablement. Enfin bref, j’adore cet album.

  3. Ocean? says:

    Attention toutefois à ne pas faire l’amalgame SR = post HxC; Je dirais que c’est plus proche du chaotic que du post. Sinon je suis globalement ok avec cette kro. SR vient de nous livrer un putain d’album brut et sans concession. Je demande à (re)voir sur scène avec les nouveaux morceaux, vite une date à Paris bordel :p:p

  4. krakoukass Krakoukass says:

    Tout à fait mister Ocean?, d’où ma phrase « Sur Goodbye Mr Wanton, le groupe durcit encore le ton et propose un mélange abrasif et violent qui dépasse largement le cadre du post-hardcore ». Peut-être aurais-je du insister davantage, mais il est clair que tu as raison d’insister : cet album n’est pas forcément directement destiné aux fans de Neurosis/COL et cie…

  5. Raph says:

    Vous faites une erreur dans cette chronique, Abel de Morgue ne fait pas partie de Superstatic Revolution, et c’est Fred qui chante !

  6. krakoukass Krakoukass says:

    Ah bah oups alors! Je vais rectifier ça…

  7. kollapse says:

    Quel album, une pure tuerie ! SR (pour les intimes…)affirme son propre style avec des compos intenses aux guitares noisy, puissantes et où l’intensité est omniprésente d’un bout à l’autre de l’album, composé de titres suffisamment variés pour que le disque s’écoute encore et encore et encore…pour (mon) le plus grand bonheur! Avec SR, Impure Wilhelmina ou encore Overmars, on est gatés en 2005 en France ;-)

  8. kollapse says:

    Superstatic Revolution est plus à rattacher au métal extrème je pense, pas mal d’influs grind, hardcore (extrème), mais vraiment de post-hardcore, juste quelques bribes je dirais. On peut aussi trouver des éléments de rock/stoner voire de jazz. Un gros mélange de pas mal de courants en somme, ils ont vraiment leur propre marque de fabrique. Un an après sa sortie, le constat est toujours le même : grosse grosse tuerie. Vivement une autre !

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