Immolation – Harnessing Ruin

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Style: brutal death metalAnnee de sortie: 2005Label: Listenable

Je me souviens encore du jour où Close to a World Below fit monter en moi des pulsions meurtrières… J’étais certes au cœur d’une période « creux de la vague », mais tout de même… C’était bien la première fois qu’un album de brutal death provoquait en moi un tel séisme de nihilisme et de colère ! J’ai depuis toujours accordé un statut particulier à Immolation. Enfin un groupe potentiellement dangereux ! Enfin un groupe pour lequel le marketing n’avait pas menti… J’appréciais déjà grandement Immolation auparavant, mais suite à cette curieuse expérience qui me marqua au fer blanc, je les plaçais dans mon panthéon personnel du death avec un grand D !

Et dire que l’on aurait pu ne jamais en réentendre parler, un premier album culte Dawn of possession et un break de presque 6 ans laissant la place à la concurrence… Mais on peut dire que depuis Here in after en 1996, Immolation nous a habitué à des sorties régulières (tous les deux ans environ) et à une discographie quasiment sans faille. Excellent tout çà me direz vous…oui mais autant j’adhère au son, au charisme et par conséquent au style d’Immolation, autant je dois bien dire, l’avant dernier album Unholy cult me laissa un peu de marbre, quoique excellent il faut bien le reconnaître ! La barre ayant été mise tellement haute avec Close to a World Below, mon intérêt c’était un peu essoufflé…

C’est donc sans réelle attente ni curiosité que j’entamais l’écoute de ce Harnessing ruin, le DVD Bringing down the world chargé de faire patienter les fans m’ayant laissé aussi froid qu’une pute au p’tit matin…
D’ailleurs lors des premières écoutes, cette pute me sembla bien défraîchie…La faute à une production péchant par excès de zelle, alourdissant l’ensemble plus que de raison, sous mixant la batterie du p’tit nouveau Steve Shalaty remplaçant d’Alex Hernandez et par conséquent rendant l’album monolithique voire limite indigeste tant le son semble faible en comparaison des productions précédentes. Après plusieurs écoutes cet effet est toujours perceptible bien qu’atténué, la qualité des compositions reprenant le dessus. Immolation innove et introduit une certaine notion de la mélodie, certes pas immédiate, mais bien présente. Ainsi un morceau tel que « Dead to me » en est l’exemple flagrant : des arpèges clairs introduisant le morceau vers un mid-tempo où les guitares torturées et dissonantes reprennent le dessus pour faire parler la poudre avant de s’éteindre dans un finish plus calme mais pour autant tout aussi vicieux et dangereux. Bref, plus qu’à l’habitude cet album demande des efforts d’écoutes avant de révéler son contenu, la production et ce son au rendu « étouffé » ne facilitant pas la tâche. Pourtant je devrais être habitué avec Immolation : il faut toujours un temps d’adaptation pour découvrir les albums d’Immolation… mais là c’est particulièrement frappant !

Le thème général de l’album est inspiré du traumatisme du 11 septembre 2001 (la couverture réalisée par Sven de Aborted, les titres de l’album, tout semble concourir à cette peinture de l’apocalypse en directe) et tend donc à exprimer des sensations ressenties lors de cet évènement : colère, frustration, …

L’effet recherché pour coller à ce concept doit être une nouvelle forme de puissance à travers la recherche de la quintessence de la lourdeur… L’essai est plutôt réussi… mais pour autant pas totalement convaincant à mes oreilles tant le plaisir lors d’écoutes répétées de cet album est équivoque voire paradoxal. Soyons bien clair : cet album est excellent, met à l’amende nombre de formations du même style, procure même des sensations proches des précédents méfait du groupe. Pour autant le fait d’avoir développer le mid-tempo (sans pour autant le généraliser, des blasts venant encore vous asséner ce qu’il faut de puissance et de dynamique à un album de brutal death), le fait d’avoir simplifié certaines structures, le fait d’avoir rendu les guitares un peu moins dissonantes, d’avoir un jeu de batterie technique mais avec moins de groove participe à cet effet que je n’ose appelé déception tant le terme est fort et en inadéquation avec cet album !

Je serais d’ailleurs de mauvaise foi si je soutenais ne pas prendre de plaisir (sadique haha !!!) à l’écoute de cet album. Après tout on retrouve un brutal death lourd, surpuissant, aux structures torturées, une voix d’outre tombe au timbre et à la diction inégalés, des guitares incisives, sombres à la limite du funeste…bref que demander de plus me direz-vous ?

Juste une meilleure production… une putain de meilleure production !!!

  1. swarm of terror
  2. our savior sleeps
  3. challenge the storm
  4. harnessing ruin
  5. dead to me
  6. son of iniquity
  7. my own enemy
  8. crown the liar
  9. at mourning’s twilight
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2 Commentaires

  1. kollapse says:

    perso je trouve la prod tout à fait adaptée à leur style de death métal. Le son lourd et étouffé n’est pas une première dans la discographie d’Immolation et c’est tout à fait voulu par le groupe qui souhaite avant tout faire passer les ambiances sombres, « claustrophobiques », ou encore apocalyptiques en 1er plan et cela passe par ce genre de production que l’on peut penser baclée…pourtant il n’en est rien. Et même si le groupe avait voulu une autre prod, moi elle me convient très bien. (J’imagine mal un son clean et qui claque à la Benighted ou Aborted pour les Américains…)

  2. neurotool says:

    ok avec ton argumentation, mais la production de « close to a world below » est bien plus percutante à mon goût…pour la même recherche de sensations.

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