Pain of Salvation – 24 avril 2005 – Locomotive – Paris

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Surprise en arrivant peu avant l’ouverture des portes à la Locomotive pour ce concert de Pain of Salvation, j’avais rarement vu autant de monde agglutiné devant les portes, et une fois à l’intérieur la salle fût bien remplie quoique peut-être pas sold-out, mais c’est assez étonnant pour un groupe comme Pain of Salvation qui n’a pas une notoriété phénoménale loin de là, d’ailleurs à tord vu le concert phénoménal auquel nous avons assisté.
Il faut dire que le groupe officie dans un style assez particulier et underground, le métal progressif, mais qui possède des adeptes acharnés prêts à faire des kilomètres pour voir leur groupe fétiche, il n’y avait qu’à voir le fan de club français du groupe, « Inside the Pain », venu en masse au concert.

L’intérêt de Pain of Salvation est qu’ils ont réussi, même s’ils ne s’épargnent pas certains clichés du genre, à sortir nettement du lot du metal progressif en proposant une musique plus moderne et personnelle, plutôt qu’une énième copie de Dream Theater. Une fois plongé dans l’univers du groupe suédois, on ne peut qu’avoir envie de découvrir tous les albums du groupe, du 1er, Entropia sorti en 1997 au dernier, le très prise de tête « Be« .

Pain of Salvation fût précédé par Dark Suns, un groupe allemand relativement inconnu dont la musique s’apparente à du Opeth en moins death avec une pointe de Pain of Salvation, donc un metal progressif assez moderne mais au final Beaucoup moins technique qu’Opeth et PoS. Le groupe est progressif par ses morceaux longs et évoluants en phases et ambiances différentes mais aucun musicien ne ressort vraiment question virtuosité.
Le chant est assuré par le batteur et celui assure vraiment bien dans un registre proche de Mickael Aekerfeld d’Opeth en chant clair avec quelques growls et passages dictés façon Pain of Salvation.

Bref, c’était pas trop mal, mais guère transcendant en comparaison de monstres comme Opeth et Pain of Salvation, ces 2 groupes étant incomparables dans leur style, et il est clair que scéniquement le groupe s’est rapidement fait oublier dès que les Pain of Salvation sont montés sur scène.

Après le réaménagement de la scène, le rideau s’ouvre. 2 estrades sont disposées sur la scène, à gauche la batterie assez imposante avec double grosse caisse et une multitude de toms et cymbales; à droite, les claviers et samplers.
Le batteur et le clavieriste resteront donc en retrait. Johan Langell maitrisant derrière les fûts avec des rythmiques toujours efficaces tandis que Frederik, qui s’occupent des claviers -synthés et pianos-, pose les ambiances du groupe, s’occupant aussi des vidéos qui passèrent sur l’écran géant placé au fond de la scène.

Devant, les 2 guitaristes et le bassiste, tous 3 très présents sur scène. Sans verser dans la démonstration technique continue, c’est quand même toujours bluffant, chaque musicien a ses moments de bravoure, Kristopher part dans de gros slaps sur « People passing by » (putain d’intro funky!), et Johan Hallgren pour des solos hyperrapides sans aucune anicroche qui parsèment la plupart des titres. Musicien exemplaire, très présent sur scène.

Au centre l’inégalable Daniel Gildenlow qui monopolise l’attention, charismatique, très à l’aise avec le public, plaisantant entre les titres, d’une joie communicative, mais surtout magistral dans son jeu de guitare et dans son chant crystallin, reprenant exactement les mêmes qualités que sur album. C’est un des rares chanteurs que j’ai vu (avec par exemple Maynard J Keenan
d’APC/Tool) à reproduire à la perfection les différents chants des albums, surtout que ceux-ci sont très diversifiés et montent très haut dans les aigus par moments.

Cette maitrise vocale hallucinante est amplifiée par des harmonies de 2 à 4 voix toujours parfaites, car Daniel est secondé par son frère à la basse et les 2 Johan à la gratte et la batterie dans des coeurs ensorcelants. J’en ai eu des frissons à plusieurs reprises.

C’était sans équivoque, Pain of Salvation nous ont démontré ce soir que le groupe est un des meilleurs, si ce n’est le
meilleur groupe de ce style actuellement, tant du point de vue de leurs compositions que de leurs prestations scéniques. Le public était hypnotisé, complètement dedans.

Le choix des morceaux a satisfait tout le monde, le set était bien équilibré entre les albums et des titres de chaque degré d’intensité ont été joué. De mémoire « Spirit of the Land », « Ashes », « Ending Theme » précédé de « Of Two Beginings » comme sur Remedy Lane, « Oblivion Ocean », l’intro de Be, « Dea Pecuniae » ont été joués.

Quand je parlais d’un public concquis, ce n’est pas seulement musicalement, le groupe avait aussi un très bon contact, facilité par la proximité de la scène. Se déplaçant sans arrêt sur scène et parfaitement à l’aise, le groupe sait faire de son concert un véritable show.
A un moment, daniel fait taper dans les mains le public sur un rythme 7/8, il a confiance dans le public prog! 1-X-2-X-3-X-4-1-X-2-X-… C’est passé nickel.
Pour les derniers morceaux du set, Daniel ira se changer backstage rapidement et reviendra habillé en un golden boy (Mr. Money) plus que
convainquant pour illustrer les paroles de « Dea Pecuniae », titre très « comédie musicale » du dernier album…

Il provoque les spectateurs en disant que les allemands, dans un concert quelques jours avant, détiennent le record de la puisance sonore dégagée par le public, avec 108 db faitla veille… :D on les a eu apparemment avec 116 db. De toutes façons vu l’ambiance, ça m’étonnerait qu’ils aient ça sur toutes les dates, c’était dingue!

Le concert est accompagné par des projections videos sur un écran bien grand, reprenant des trips divers, extraits du récent DVD du concert de « Be » avec orchestre, et les clips, sur lequel le groupe jouait avec exactitude, ce qui fait qu’on voyait des plans des musiciens sur l’écran jouer ou chanter exactement ce qu’ils faisaient en vrai.

En final, Daniel fait chanter au public les choeurs sur le dernier morceau très folklorique de « Be« , « Martius/Nauticus II » qui lui répond d’une seule voix puis le groupe sort de scène, laissant seul Johan terminer sur la rythmique tribale sauvage qui clot l’album. La scène reste vide mais le groupe finit par être rappelé par le public qui continue d’entonner ce thème chanté. On aura aussi le droit à un 2ème rappel avec « Second Love », balade de Remedy Lane.

Quoi dire de plus. C’était bien. Même si leur style reste particlier et pas forcément universel, Pain of Salvation est un groupe majeur actuellement.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 482 articles sur Eklektik.

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