The Secret – Luce

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Style: hardcore chaotique/post-hardcoreAnnee de sortie: 2005Label: Goodfellow

Attention fans de hardcore new school, je ne sais pas d’où sort ce groupe mais c’est une réelle surprise que ce Luce, pour un 1er album, les italiens de The Secret sortent ici un album d’une maturité étonnante. En fait, les musiciens proviennent tous de groupes déjà expérimentés, ceci explique donc la qualité inhérente à cet album.
Le groupe est signé sur le Label canadien Goodfellow, l’album a donc déjà fait le tour du continent nord-américain avant même sa sortie en France… bizarre pour un groupe italien mais il est vrai que les canadiens avec des groupes comme Ion Dissonance ou Despised Icon sont assez preneurs de ce genre de son.

The Secret officient donc dans un style déjà couru mais toujours aussi attirant, le hardcore moderne. Ce qui pourrait paraître large comme appellation est en fait nécessaire car ce groupe a su assimiler toutes les scènes hardcore actuelles pour les fondre en un son unique, même si le hardcore chaotique est mis en avant.

Dissonance, changements de tempo et hurlements enragés sur fond de double pédale assassine font donc partie intégrante du style du groupe, mais pas seulement. Le groupe navigue en fait entre le calme et la tempête. Enfin pas la petite tempête, plutôt type tsunami, The Secret possèdent la puissance et la férocité d’un Converge et le chaos sonore de the End mais ils réussissent à garder un tout digeste grâce à de fréquentes accalmies, digressions atmosphérique post-rock dans ses divers degrés d’intensité, que ce soit quelques arpèges égrainés ou des progressions d’accords lourds, mais ces temps de récupération sont bien vite rattrapés par les explosions hardcore.

Le début de l’album suffit à convaincre de cette dualité. “The Long Night of Mademoiselle Victorine Lafourcade” en impose en intro instrumentale portée par l’atmosphère pesante de alliage doom/post-hardcore forgé par Isis et consorts. On enchaîne sur « Memento Mori » et ses guitares tranchantes, le hardcore le plus extrême tout en restant très carré et rythmé par une double parfaitement en place, alors que vocalement, on a le droit à des hurlements dévastateurs qui resteront présents sur tout l’album, tant bien que la voix est relégué en arrière fond.

Converge est certainement une influence majeure du groupe dans ses moments les plus chaotiques. Gros coups saccadés bien graves et sons suraigus dissonants s’entrecoupant en rythmiques déstructurées, avec quelques tapotements de doigts virtuoses, ça n’est pas nouveau, mais c’est si parfaitement exécuté ici et mis en exergue par une production très claire que tout fan du style ne pourra qu’être conquis.

The Secret nous laisse quelques secondes pour respirer par moment puis repart dans une dissonance totale et un assaut de coups saccadés précis. Ca sera le cas tout au long de l’album. Quand « Pretty girls make graves » commence, on reçoit une autre explosion cacophonique mais cette fois entrecoupée de passages mélodiques avec le seul passage en chant clair de l’album, une alternance rappelant ce que font Between the Buried and Me (sans toutefois leur côté death/grind). Sa fin retombe sur un mid-tempo post-hardcore assez effrayant.

Plus aisément assimilable qu’un Dillinger Escape Plan car moins technique et chaotique, et entrecoupés d’accalmies salvatrices vraiment reposantes, Luce est un album très réussi dans le genre, les compos sont vraiment bien ficelées pour 38 minutes où on a jamais le temps de se lasser, le seul bémol étant le côté relativement déjà-vu de l’ensemble.
Réservé aux adeptes du style, donc de son extrême tout de même car ces italiens ne font pas dans la dentelle.

  1. the long night of mademoiselle victorine lafourcade
  2. memento mori
  3. close to me, inside my heart
  4. fire isn’t always meant to burn
  5. the last one
  6. segue
  7. pretty girls make graves
  8. oslo
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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11 Commentaires

  1. kollapse says:

    Ion Dissonance, The End, DEP, Converge, Despised Icon…que ce groupe soit comparé à ces derniers me met l’eau à la bouche! Miam, vite fo écouter cela!

  2. slyve says:

    jonben tes en retard, ça fait 8 mois que je l’ai!

  3. fewz says:

    délicieux les mp3 en téléchargements!il me faut l’album!!

  4. jonben jonben says:

    Ouaih mais Slyve as-tu les mp3 pompés de la version américaine ou l’as tu acheté par mail-order?
    ;)

  5. fewz says:

    en + je trouve la pochette sublime!

  6. Ilhan says:

    Ouais pas trop mon truc le chaotique, mais faut dire c’est bien fait.
    Et dire que certains membres ont arrétés From The Dying Sky pour faire ça…. snif….

  7. neurotool says:

    L’album de hardcore chaostique de trop pour moi? l’écoute de quelques mp3 m’ont dissuadé de l’acquisition…on y trouve tout les éléments qui font le « charme » du style mais il manque la lueur de folie, le truc incontrolable qui fait toute la différence.

  8. Monster says:

    « Plus aisément assimilable qu’un Dillinger Escape Plan » tu dis. Certes, à l’ecoute de The Last One c’est tout à fait ça… Bizzarement je pensais que ça allait me plaire autant qu’un D.I.P. vu ce que tu en dis…
    ça me plait, mais je prefere D.I.P., et de loin, le mp3 ne m’a pas transcendé…

  9. Monster says:

    D.E.P. pas D.I.P.*

  10. fewz says:

    ben c’est pas une énormité dans le genre; il ne le révolutionne pas, n’apporte rien de vraiment nouveau mais c’est bien maitrisé et ça a la classe internationale

  11. neurotool says:

    Décidemment cet album décroche la palme de l’ennui…chant linéaire, riffs récurrents, batterie rébarbative…

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