Evoken – The Antithesis of Light

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Style: doom/death metalAnnee de sortie: 2005Label: Avantgarde Music

Petit plaidoyer du jour…
Vous ne trouvez pas que le terme extrême soit un peu galvaudé ces derniers temps, en proie à une machinerie marketing de plus ? C’est bien beau les courses à la puissance du style « Hé c’est moi qui aie la plus grosse ! », mais je dois bien avouer que çà finit par me lasser un peu…Tout ceci manque de relief, de créativité et pour tout dire d’un peu d’âme. Ne nous leurrons pas : c’est sympa les bons p’tits plats de Mémé réussis à coup sûr ! Pour autant, les clones vous multipliant les blasts comme Jésus les p’tits pains, çà commence à fleurer bon l’académisme…
Avant de poursuivre la lecture de cette auguste chronique, posez-vous donc quelques questions. Si pour vous le metal extrême est uniquement synonyme de fureur, de course aux blasts plus ou moins intempestive, de riffs écervelés, ou que sais-je encore… Passez votre chemin, Evoken n’aura que peu de sensations à vous offrir. A contrario, si le metal extrême se doit de vous bousculer dans vos certitudes, dans vos habitudes et par là même, d’investir vos sens, de s’immiscer dans votre psyché, et de sublimer ainsi son art en vous invitant au voyage aux confins des possibles… Attardez-vous sur ce nouvel album d’Evoken. Le voyage sera peut-être long et difficile voire périlleux, mais cette quête musicale n’en sera que plus belle.

Avec ce quatrième album, nos américains d’Evoken continue à donner ses lettres de noblesse au Doom moderne en développant une musique d’une absolue noirceur. The Antithesis of Light est une œuvre de démesure où l’annihilation de toute luminosité est mise en exergue tel un art. Non pas que la négation de toute lumière s’inscrive comme un dogme, mais Evoken nie cet élément vital pour nous plonger au cœur d’un recueillement, d’une introspection qui pourrait nous mener aux limites de la folie entre mysticisme et surréalisme. En ce penchant sur cette œuvre qui fait suite au non moins excellent Quietus, vous vous retrouverez dans une sarabande un peu folle, au bord du précipice.

Afin de nous ouvrir à son univers, Evoken va s’appuyer sur une musique lente, vicieuse, au son massif, voire pachydermique. Une voix sépulcrale, puissante s’appuyant ici sur un chant growlé ayant la particularité d’être intelligible, ou bien là sur un chant plus clair, parlé, enclin à la résignation nous accompagne tout au long de cet album. Les guitares sont bien évidemment les maîtresses de cette sombre cérémonie, qu’elles soient saturées pour nous maintenir ainsi en état de contemplation méditative ou qu’elles développent des arpèges plus cristallins instaurant des ambiances décharnées nous ouvrant les portes d’un monde abyssale. Le clavier, moins présent qu’auparavant, concourt également à cette sensation de plongée en apnée au cœur des abysses de notre psyché. La batterie multiplie les rythmes, maniant des breaks vertigineux voire des blasts, ce qui assure ainsi une richesse impressionnante. La production très claire de Ron Tal, est un des points d’orgue de cet album : bien qu’assez complexe, l’architecture sonore déploie la musicalité et la puissance de chaque instrument de cette œuvre.
Loin de tout monolithisme souvent récurrent dans le style, Evoken manie avec brio tous les éléments du Doom moderne sachant développer de longs morceaux (11 à 12 min en moyenne) sans aucune redondance, ce qui est assez rare dans le style pour être souligné. Evoken parvient ainsi à transcender le style, à nous proposer six morceaux plus une intro dans une unicité sans conformisme. Et c’est bien là que réside toute l’originalité de ce combo. Loin des clichés du genre (ambiance funeste, désespoir,…), Evoken nous plonge au cœur d’une introspection à l’effet cathartique tentant certainement de sortir l’auditeur d’un conditionnement institutionnel, culturel ou social. Laissez vous tenter par l’expérience, c’est assez impressionnant !

  1. intro
  2. in solitary ruin
  3. accursed premonition
  4. the mournful refusal
  5. pavor nocturnus
  6. antithesis of light
  7. the last of vitality
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5 Commentaires

  1. cava76 says:

    Miam miam le Mp3

  2. Alexia says:

    Une chronique magnifiquement écrite, inspirante…..un « Pavor Nocturnus » bouleversant mes sens…..indéniablement je tenterai l’expérience !

  3. Monster says:

    Totalement hypnotisant le MP3 de « Pavor Nocturnus » ! Excellent !

  4. Joss says:

    Excellente chronique Neuro !!!

    je vais écouter ça du coup ;-)

  5. fewz says:

    j’avais oublié que tu l’avais chroniqué ce disque Neuro…. un disque et un groupe tout bonnement EXCELLENTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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