Carnival In Coal – Collection Prestige

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Style: metal déjantéAnnee de sortie: 2005Label: Earache Records

Rhaaa yes, revoilà les deux frenchies les plus déjantés du metal. Carnival In Coal est une entité bicéphale (ça veut dire à 2 têtes, je précise pour toi là-bas qui fronce les sourcils en lisant ce mot) composée de Axel et Arno. Nos 2 amis s’en donnent à cœur joie depuis déjà quelques années, avec pour ambition affichée, ne pas se prendre la tête avec les conventions du genre et injecter une bonne grosse dose de délire et de folie dans leur metal.

On pourait rapprocher la démarche de celle d’un Mr Bungle (référence évidente et complètement assumée par nos 2 compères), même si la musique de CinC reste quand même plus « abordable » et les albums plus structurés avec des vraies « chansons » et tout et tout.
Pour ceux qui ne connaissent pas ces grands malades, petit rappel : après un excellent premier album, Vivalavida sorti en 1999 dont votre serviteur garde aujourd’hui encore un souvenir ému (pour cause de gros pain dans la tronche), le groupe nous livre dans la foulée, French Cancan, un EP de reprises avec entre autres monuments : une reprise de « Maniac » (oui oui le titre issu de la BO du film Flashdance), en version death metal surspeedée, une de « Mama » (initialement de Genesis) avec en guest Ludo de Supuration dans un registre mélangeant calme et tempête death metal, ou encore une reprise de « Fucking Hostile » de feu Pantera, en version… easy-listening (et rebaptisée « Definitely Hostile », concession inévitable pour que le titre passe en boucle dans les ascenceurs des meilleurs hotels parisiens). Définitivement un grand disque de reprises, que je vous invite fortement à vous procurer.
En 2001 sort Fear Not… Carnival In Coal, toujours bien barré, mais un poil décevant de mon point de vue et trahissant peut-être une légère fatigue créative (ça n’engage que moi hein). C’est donc tout à fait logiquement que le groupe décide alors de s’octroyer un moment de repos pour que nos deux drilles retrouvent l’essence de leur collaboration déjantée.

Nous voici en juin 2005, à la sortie de Collection Prestige. Autant le dire tout de suite, cet album est un petit bonheur pour le fan que je suis, après ma déception de 2001.

On retrouve avec délice les délires schizophréniques et psychotiques de nos deux amis, plus que jamais au service de vraies chansons qui déchirent le slip de Mamie. Ca commence par un « Party At Your House », qui, s’il n’y avait ce titre un peu décalé, semblerait une entrée en matière bien sombre et inquiétante, qui suit d’ailleurs des cris introductifs passablement flippants. Le titre est lourd, les paroles scandées, rien ne prédispose l’auditeur à ce qu’il va subir lorsque… « Fuckable » démarre. Entrant directement au panthéon des titres les plus délirants et réussis du groupe, ce titre est aussi et surtout une chanson, vraiment super bien foutue. Ca commence avec une rythmique funky (on croirait alors le titre sorti de la BO de Shaft) bien trippante. Au bout d’une minute, on retrouve la patte CinC lorsqu’Arno (dont le timbre se prêtait à merveille à la rythmique shaftienne) sort sa grosse voix death et que survient le refrain énorme « Fuck Me I’m Famous ». La suite du morceau n’est pas en reste, avec des claquettes et d’autres bruitages complètement dingues qui semblent tout droit sortis des meilleurs cartoons avant un final à base de blasts du meilleur effet.

Je ne vais pas vous gâcher la surprise de la découverte des (nombreuses) débilités (pas) cachées et distillées tout au long de cet opus, mais sachez que vous entendrez du death (souvent) voire même du black (« Satanic Disaster »), du quasi hardcore (est-ce encore Arno au chant, je n’en suis pas sûr) sur « Right Click… Save As », une balade au piano et au violon en guise de conclusion (la biennommée « Promenade »), une célèbre voix d’opéra sur « Oh La La », une excellente reprise des Buggles (« Living In The Plastic Age »), ou encore un morceau de… disco, oui de disco (et disco du début à la fin hein, pas le moindre écart black ou death metal sur le trajet) représenté par le poétique et entraînant « Cartilage Holocaust ». Sur le plan vocal, Arno passe allégrement et facilement du registre clair (parfois proche de Mike Patton) aux registres death ou black à coups de growls ou cris rauques caractéristiques.

On met toujours un peu de temps à adhérer à certains délires de Carnival In Coal, car l’effet de surprise prédomine sur les premières écoutes. Mais après quelques tours vous deviendrez comme moi, accroc à la majorité des titres qui composent cet excellent opus, bien meilleur que son prédecesseur. Le seul reproche que je me permettrais sera que « D.O.A. » (jeu de mot sur Drunk Once Again) et « Promenade » terminent un peu trop « gentiment » et rapidement l’album et sont peut-être les moins bons titres de l’album. Pour le reste c’est du tout bon pour qui est ouvert d’esprit, apprécie la légèreté, et n’est pas attaché aux « valeurs » antédiluviennes et protectionnistes (« trve » en somme) que certains chérissent (malheureusement) dans ce genre musical qu’est le métal.

  1. party at your house
  2. fuckable
  3. satanic disaster
  4. right click…save as…
  5. cartilage holocaust
  6. the lady and the dormant sponge
  7. delivery day
  8. ohlala
  9. living in the plastic age
  10. d.o.a. (drunk once again)
  11. promenade
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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3 Commentaires

  1. Florent says:

    Faut que je me le trouve çui-là :p

  2. Neurotool says:

    Difficile d’accès est peu dire…mais çà en vaut la peine!
    Débouchez vos cages à miel et vos oeillères avec ces frenchy assez exceptionnels! ;-)

  3. baboon666 says:

    Un des meilleurs groupes de la création. Cet album se hisse encore un poil au-dessus du premier déja parfait. De grands artistes qui ont des couilles et savent s’en servir pour franchir les collines.

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