Fields of Rock Festival – 18 juin 2005 – Pays-Bas

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Le Fields of Rock est un festival sur une seule journée se déroulant à Nijmegen en Hollande, dont l’affiche orientée hard rock et blockbusters métal était cette année vraiment remarquable, avec en têtes d’affiche Rammstein et Black Sabbath, ce qui attira plus de 40 000 visiteurs.

Le sous-titre « A heavy day in the park » n’est pas volé, le festival est effectivement organisé à l’intérieur d’un parc gigantesque dans la périphérie de Nijmegen, le site du festival est donc très vert, entièrement recouvert de gazon et entouré d’arbre, donc très agréable, surtout que ce samedi fût marqué par un soleil de plomb.

23 groupes se partagent 4 scènes dont une mainstage énorme, large de 80 mètres qui est en fait divisée en 2 scènes, ce qui permet aux groupes de s’alterner sans temps mort. Et quels groupes! : Alter Bridge, Papa Roach, Motörhead, Slayer, Velvet Revolver, Audioslave, Black Sabbath et en final Rammstein. Il était impossible de tout voir, je n’ai d’ailleurs pas vu un seul concert de la MTV Stage, sur laquelle sont quand même passés Helmet et Soulfly, préférant me concentrer sur la Main et la Tent Stage, large chapiteau ouvert sous lequel sont passés : Metal Church, Team Sleep, Mastodon, The Dillinger Escape Plan, After Forever, Chimaira, Machine Head et Flogging Molly.

En partant à 8h de Paris en voiture, le temps de se garer et d’arriver à l’entrée, il est déjà 14h quand nous pénétrons sur le site. On se dirige rapidement vers le chapiteau sous lequel jouait déjà Team Sleep.

J’avais déjà vu Team Sleep une semaine avant au Trabendo de Paris pour un concert dans l’obscurité et c’était forcément bien différent comme ambiance au Fields of Rrock, en plein jour et sans le film érotique derrière, mais les quelques morceaux que j’ai vu de ce side-projet de Chino Moreno, chanteur des Deftones, ont bien donné. L’électro-rock du groupe est plus pêchu sur scène, le batteur tabassant toujours autant ses fûts. Sinon même défaut qu’au Trabendo, seul Chino et le batteur sont présents sur scène, les 3 autres membres étant vraiment trop en retrait. Il n’y avait pas foule et pas trop d’ambiance sous le chapiteau mais ça a donné pas mal, c’est pas le genre de groupe à voir à 14h.

Ensuite encore un bon concert de Mastodon, même si le groupe en festival est un peu moins intense qu’en salle, ils se donnent tout de même toujours à fond et exécutent parfaitement leurs morceaux, le batteur est génial, les 2 guitaristes et le bassiste gueulent à l’unisson. Ce n’est pas le meilleur concert d’eux que j’ai vu mais Mastodon est décidément un des groupes récents les plus intéressants sur album comme en live.

C’est d’ailleurs aussi le cas de leurs compères de label the Dillinger Escape Plan qui arivent juste après et dont le set sera assez exceptionnel. Le son est plus clair que pour Mastodon alors que la musique est plus chaotique, les musiciens toujours aussi épileptiques tout en restant d’une technicité exceptionnelle. Mais ça sera surtout Greg Puciato l’attraction du concert, complètement allumé mais très en voix, ses cris sont puissants et bien placés, il nous gratifiera de quelques cris stridants démentiels. Les chants clairs quant à eux, passés sans faille, bien justes, ont fait taire les détracteurs. Il court partout sur scène, envoie valser ses micros, balance le pied de micro au milieu du pit, des bouteilles bien loin sous le chapiteau (quel mastoc!), ceci entrecoupé par quelques vomissements sur scène qu’il explique par un « désolé j’ai envie de vomir, j’ai vu 5 min de Papa Roach tout à l’heure ».

Le gratteux Brian Benoit a apparemment encore des problèmes d’articulations et sera cette fois encore remplacé par le gars qu’il y avait déjà au Trabendo en novembre et qui se démerde très bien. Il reste par contre assez sobre, c’est Ben Weinmann qui fait le show, saute dans tous les sens lui aussi, ira jusqu’à sauter pieds joints sur l’ampli basse qui vole, le bassiste se démènera pour se rebrancher au milieu du morceau. Ils piocheront dans Calculating Infinity et dans l’Ep Irony is a Dead Scene mais majoritairement dans Miss Machine, mention spéciale à « We are the Storm » et son passage planant bien nickel. 4ème fois que je les voyais et celle que j’ai le plus apprécié.

Slayer jouaient en même temps sur la grande scène, Puciato lance à la foule « Qu’est-ce que vous faites encore là, vous êtes au courant que Dave Lombardo est en train de jouer, je le vois d’ici! ». J’attendrai la fin de leur set pour aller les voir mais je ne suis pas assez motivé pour me frayer un passage dans la foule et je ne les verrai que de très loin, allongé dans l’herbe avec une bière, regardant plus l’écran géant que le micropoint représentant Kerry King dans ma vision de la scène. Je ne retiendrais que quelques morceaux phares que le groupe se devait de jouer, dont « Seasons in the abyss » forcément, n’ayant droit qu’à une petite heure de set.

Je suis entouré de toute part de gens même très éloigné de la scène. La majorité du public étant là pour les têtes d’affiche, il y avait toujours une tonne de gens à bouffer ou paresser dans l’herbe (ils ont bien rougi les hollandais!), comme dans les fest allemands, les gens viennent autant pour bouffer et picoler que pour voir des concerts! Je suis sûr qu’un paquet d’entre eux ne se sont bougés que pour Rammstein.

Je me rapproche pour Velvet Revolver mais pas trop, le son pourri ne me donne pas envie de continuer surtout que je ne suis pas fan de leur album et que ça ne donnait pas terriblement sur scène. Pourtant j’étais assez fan des Guns, enfin il y a un petit moment quand même, j’ai vu Slash c’est déjà ça!.

Je reviens rapidement vers le chapiteau pour Chimaira et fuit ainsi le soleil implaccable. J’ai d’ailleurs bien fait de passer la majorité de la journée à l’abri du soleil sous ce chapiteau bien aéré.

Bon set de Chimaira, qui comme à leur habitude ont la patate sur scène, et envoie leur metalcore très métal old school avec puissance. Ils joueront d’ailleurs 2 titres de l’album arrivant dans quelques mois qui sont dans un style finalement très caractéristique du groupe et ne déparent pas en concert. Le son des grattes n’était pas génial, la puissance ayant été privilégiée sur la clarté du son, mais ça passait. Le chanteur était bien présent, bonnes voix hardcore gueulées et imitations Alice in Chainesques en chant clair. Quelques petits pits isolés se sont formé même si les hollandais sont beaucoup plus retenus que les français. C’était 10 fois plus violent au Fury Fest l’année dernière par exemple mais il y avait 10 fois plus de monde aussi. Pas beaucoup d’amateurs de Chimaira au Fields, tous en train de bouffer à ce moment!

J’ai d’ailleurs moi mangé à ce moment du poulet/riz thailandais qui m’a laissé le palais en feu! Il m’a fallu quelques bières et du coca (2€ chaque) pour enfin respirer. On pouvait gouter à plein de sortes de cuisines, l’organisation à ce niveau était sans failles. Les plats étaient bons et copieux, et pas forcément plus chers qu’en restauration rapide n’importe où ailleurs, entre 3€ et 7€.

Je me décide alors à finir cette journée sur la double grande scène et occulte ainsi Helmet, Machine Head et Soulfly pour privilégier les 3 têtes d’affiche restantes dans de bonnes conditions. Je me glisse dans la foule pour être au plus prêt. J’ai bien fait car j’arrive à rentrer dans la 2ème fosse à une cinquantaine de mètre des scène A et B sur lesquelles les groupes jouent en alternance. J’y verrai les 3 bons sets d’Audioslave, Black Sabbath et Rammstein.

Audioslave est en train de jouer alors que j’arrive. J’ai surtout apprécié les titres bien péchus du 1er album et les reprises de RATM et Soundgarden. On a eu le droit à un « Spoonman » bien tripant et un medley « Bulls on Parade/Sleep now in the Fire » instrumental plutôt pas mal. La tentative de chant à la RATM sur « Killing in the Name » sera par contre moins convaincante mais le public est aux anges. Par contre, gros moment de nostalgie avec « Black Hole Sun » par Chris Cornell seul à la gratte acoustique qui a sonné nickel, la voix parfaite, je suis bien content d’avoir vu ça une fois dans ma vie.

Arrivent alors les vétérans et précurseurs du métal : Black Sabbath et leur célébrité reality-tv ravagé de chanteur Ozzy Osbourne qui n’est pas aussi croulant qu’on pourrait le croire, il marche un peu comme un pingouin et a bien l’air à la ramasse mais il sait tenir une foule et il chante plutôt pas mal malgré son âge. J’ai jamais trouvé son chant terrible sur album… donc là c’est pareil, il chante comme sur album en un peu plus vieilli. Le reste du groupe joue simple mais joue bien carré, Tony Iommi très sobre mène le jeu avec ses riffs en power-chords lourdes caractéristiques. En tous cas Black Sabbath sont vraiment les papys du métal, leurs titres font penser sur scène à du métal d’ancêtre, et ça donnait bien. Leur musique a sans conteste inspiré le heavy et le doom, le morceau « Black Sabbath » en étant un exemple flagrant avec son esprit malsain. Ozzy, énergique de bout en bout pendant l’heure et demi de set, réclame du bruit et asperge les 1ers rangs de sauts d’eau, harangue la foule. Ils quittent la scène puis seront finalement rappelés par une foule à l’unisson.

Viennent ensuite Rammstein, gros show, sûrement le plus gros show rock du moment, un set millimétré, chaque morceau est accompagné de sa chorégraphie propre et prouesses pyrotechniques, du feu dans tous les sens, un max de fumigènes, feu d’artifice, des lights énormes qui bougent et sont déplacées par des vérins sur scène, et le must, des paillettes soufflées depuis la scène qui envahiront l’air au dessus de nous pendant bien 5 minutes, sûrement le moment le plus impressionnant du concert, féérique.

La musique? du Rammstein avec un super son, très carré et martial, leur metal indus rend très bien sur scène, le chanteur est bien en voix et charismatique. Même si j’écoute rarement du Rammstein chez moi, force est de constater que ça impressionne sur scène, la machine est bien huilée quoique un peu redondante, les pyrotechnies sont très similaires à celles que j’avais déjà pu voir il y a 2 ans.

Au final, bonne petite journée, j’ai trouvé l’organisation du festival nickel, le site est dans un très beau parc, un peu blindé car sold-out mais ça allait, on arrivait quand même à circuler malgré la foule compacte. Bon les hollandais sont grands mais ça m’a pas trop dérangé, j’étais bien placé en général. Je suis bien content d’avoir vu pas mal de groupes dont je suis vraiment fan sous le chapiteau et ces grands noms que je ne serais pas allé voir en tête d’affiche en fin de journée.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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