Vargsang – Throne of the Forgotten

6 Commentaires      1 574
Style: black metalAnnee de sortie: 2005Label: Undercover Records

Il est à espérer que, suite à cette chronique, personne n’appréciera cet opus au point de vouloir manifester personnellement son engouement à l’égard de l’unique membre qui tient la barque du groupe car je ne souhaiterais pas être complice d’un début de socialisation néfaste (selon la théorie rousseauiste qui a, semble-t-il, ses adeptes en Allemagne) de ce one-man-band outre-Rhin. Vargsang (l’homme) doit probablement avoir trouvé refuge dans des forêts impénétrables dont il n’envisage pas les moindres recoins souillés par le pas d’un quelconque importun car, non content de refuser toutes interviews, il invite (exhorte ?) ces congénères à ne pas prendre contact avec lui (sans doute le titre de l’album est-il un hommage au trône de celui qui aspire à être effectivement oublié… en l’occurrence lui-même). Afin d’éviter ce risque, il me suffirait simplement de ne mettre en exergue aucune des hypothétiques qualités de ce 10 titres et de ne surtout pas porter à votre connaissance que nous avons affaire à un ancien membre de Graven et au seul maître à bord d’un autre projet de très bon pagan black : Nordisches Blut. Mais ce serait sans compter sur la tendance naturelle à l’honnêteté intellectuelle qui caractérise (presque) chaque membre de ce webzine : en effet, et malheureusement pour les nerfs de mister Vargsang, le black metal qu’il pratique est des plus convaincants pour qui n’attend pas dudit genre des manifestations de puissance metallique ravageuse ou une débauche de sentiments gothico-vampiresques…

Ici, ça empeste, ça transpire la haine, l’hommage aux forces malsaines, négatives de l’existence. Nulle place à la douceur, à la fragilité ou à une faible lumière positive. La production est quasiment « idéale » pour le genre pratiqué, l’accent étant mis sur les harmonies guitaristiques et sur la voix. On peut d’ailleurs noter une évolution par rapport au précédent opus (call of the nightwolves sorti en 2003) qui faisait un étalage de compositions moins étoffées, plus basiquement darkthroniennes et avec une production plus crue que pour ce Throne of the forgotten. Ce dernier est donc plus riche, mieux inspiré et fait la part belle à des tempos principalement mid, bien que quelques blasts viennent agrémenter certains morceaux.

On serait presque en droit de penser que le projet Nordisches Blut commence à influencer le projet Vargsang (qui n’est pas un projet mais un véritable groupe, dixit Vargsang lui-même) au vu de l’apparition de nouveaux éléments au niveau de la structure des compositions (comme des passages plus atmosphériques, notamment sur le titre drowned in hate and sorrow) même si l’on se situe indéniablement dans la continuité du premier album (pour preuve la part II de deathgate to eternal life, titre présent sur call of the nightwolves).

Le prolifique allemand nous offre donc un album aux qualités indéniables dans une catégorie où les (mauvais) candidats font tout sauf défaut ; accordez donc votre attention à ceux qui la méritent, merci pour eux.

  1. prologue
  2. deathyell of extermination
  3. drowned in hate and sorrow
  4. night of the impaled whores
  5. the forest of frozen shadows
  6. torn to pieces
  7. raped and hanged
  8. throne of the forgotten
  9. deathgate to eternal life (part ii)
  10. epilogue

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Vous pourriez aussi apprécier

6 Commentaires

  1. Florent says:

    S’il veut pas qu’on parle de lui, ou qu’on le contacte, faut pas faire de disque, en tous cas pas le commercialiser…

  2. dah-neir says:

    bah on peut avoir envie de faire de la musique et rester dans l’anonymat… cf Deathspell omega

  3. Florent says:

    Mouais… Je trouve que ça relève plus d’une pseudo attitude poseuse qu’autre chose… bref… ;-)

  4. kollapse says:

    Pas forcément poseuse, mais il y a comme une contradiction profonde dans la démarche, c’est certain…

  5. darkantisthene says:

    bah il se sert peut-être du peu d’argent récolté par les ventes pour planter des arbres en Auvergne, noble démarche :D

  6. dah-neir says:

    Moi je pense qu’il faut faire la distinction entre le groupe qu’il veut (peut-etre, je suis pas a sa place) faire connaitre, mais pas lui en tant qu’etre humain. Sinon comme je le disais on peut cracher sur deathspell omega et leur demarche de « personne connait ma tronche ».
    Enfin je sais pas c’est pas quelque chose qui me choque.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *