Lustmord – Carbon Core

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Style: ambiant flippantAnnee de sortie: 2004Label: BMI

La voilà enfin, ma chronique du dernier Lustmord, il m’en aura fallu du temps pour me l’assimiler ce disque, et pour me décider à écrire quelques lignes dessus. Il faut dire que ce disque, plus encore qu’un autre disque d’ambiant, s’apprécie au fur et à mesure des écoutes, et fait vivre les émotions qu’il véhicule de manière tellement intense qu’il est difficile d’en parler « à chaud ». Je connaissais mal le travail de Lustmord, ayant ceci dit entendu ses premiers méfaits du début des années 80, et grand bien m’en a pris de m’accrocher à cet album tant il est un des plus épouvantables (dans le bon sens du terme on y reviendra) disque d’ambiant qu’il m’ait été donné d’écouter depuis le terrible That which remains de Coph Nia .

Le début de ce Carbon Core, se fait petit à petit, le morceau d’ouverture de 8 minutes, gagne en intensité au fur et à mesure du temps, le bruit se fait de plus en plus oppressant et de plus en plus fort au point d’instaurer un profond malaise jusqu’à cette 7éme minute où tout s’arrête brutalement dans un « boum ». Le ton est donné on va jouer avec nos nerfs, jouer avec nos sentiments les plus profonds et surtout nous faire flipper. Autant le dire tout de suite, ce disque est le disque parfait pour alimenter vos longues soirées de jeux de rôles sur l’appel de Cthulu tant l’ambiance qui est construite peut faire penser à l’œuvre de Lovecraft.

Les lecteurs assidus qui avaient lu ma chronique de Raison D’etre en début de vie du webzine se souviendront sans doute de mon histoire dans l’usine désaffectée que m’avait inspirée l’écoute du disque. Ici, point d’usine désaffectée, plutôt une espèce de caverne, tanière d’une immonde bestiole où les bruits de ruissellement d’eau, de respiration de bê-bête discutent dans un écho terrifiant. Le moindre petit bruit devient une profonde source d’agression tant le reverb est poussé fort et les basses tonitruantes.
Parfois quelques sons semblent nous mettre en contact, non plus avec une bête mais avec une entité extra-terrestre comme sur le très étrange « born of cold light ». Pourtant, bestiole ou extra-terrestre, jamais Brian Williams ne nous laisse respirer, jamais un semblant de lumière ne vient éclairer notre route. Et quand la bénédiction d’un rayon de lumière semble nous parvenir à la fin de ce même « born of cold light » avec des samples un peu plus… normaux… ceux-ci se perdent dans des infra-basses terrifiantes accentuant encore s’il le fallait cette sensation que rien ne viendra nous sauver. Magnifique, pourtant, est le moment de ce final de « born of cold light », intense, lancinant, qui se muera en quelque chose d’encore plus abominablement insupportable pour nos pauvres cerveaux dans le terrifiant « sublimation » (qui n’a de sublime que le nom d’ailleurs, encore une fois dans le bon sens du terme). Pour terminer cet album le compositeur n’aurait pas pu mieux choisir que cette pièce qui semble tout droit sortie d’un des plus horribles films d’horreur en nous proposant des sonorités volontairement agressives au milieu d’un dédale d’ambiance glauque avec, au menu, respirations et grognements épouvantables, cloches et autres bruits bizarre.

Bref vous l’aurez compris le but de ce disque est de nous faire flipper, de nous plonger au plus profond de nos cauchemards pour une virée tout droit dans l’horreur. Parfois malsaine, parfois étrange, la musique proposée par Lustmord est toujours dérangeante. Pas forcément aussi complexe dans la construction que certains ténors de Cold Meat Industry, le groupe parvient néanmoins toujours à nous plonger dans un malaise certain. Une expérience intéressante à vivre, une découverte de ses vieux démons, ou une bande son idéale pour soirée horreur entre amis, Lustmord saura en tout cas accomplir pleinement sa mission. FAIRE PEUR !

  1. immersion
  2. the conflict of symbols
  3. beneath
  4. born of cold light
  5. sublimation
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2 Commentaires

  1. Neurotool says:

    Le maître en la matière! Capable de faire de la musique pour la pub ou pour des BOF, mais quand il décide de revenir en terrain dark ambient: tous aux abris!!!
    Un album incontournable dans le genre ainsi qu’une de ces précédentes oeuvres « Heresy ».

  2. meshujira says:

    j’ai l’album de la collaboration en tre les Melvins et Lustmord et c’est du très bon, donc jvais m’interesser de plus près à ce groupe…

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