Arcturus + Red Harvest + Orakle – 04 octobre 2005 – Locomotive – Paris

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2 groupes norvégiens aux musiques assez différentes, Arcturus et Red Harvest occupaient la Loco de Paris ce mardi, avec en guise de hors d’oeuvre, Orakle et Ellipsis, 2 groupes français plus ou moins black.
En arrivant devant la salle, il n’y avait pas encore grande monde, et on croisera les membres des 2 groupes norvégiens à la sortie de la Loco, qui se dirigaient vers un restaurant des alentours, avec au milieu un Simen « Vortex » Hestnæs monumental, dépassant d’une tête le reste du groupe. FInalement la file grossira rapidement et la Loco sans être pleine fûr relativement bien remplie.

A cause de problèmes de volume sonore avec la salle du théatre atenant, le planning de la soirée avait été décalé, Arcturus ne jouant que vers minuit, la soirée s’annonçait tardive. Pour les mêmes raisons, le 1er groupe de la soirée, Orakle, jouait dans la 2ème salle de la Loco au sous-sol.

Je ne pourrais pas voir tout leur set, mais leur black métal mélodique, à mi-chemin entre Emperor et Arcturus, m’a assez plu lors de ce concert pour que je m’intéresse au groupe et à son 1er album, « Uni aux cimes », sorti plus tôt cet année alors que le groupe existe depuis 10 ans. Les riffs de guitares sur une note et la batterie surchargée en roulements de toms et de double rappellera le black le plus classique mais le groupe sait forger des mélodies intéressantes, les 2 guitares se complétant dans des lignes mélodiques complexes. La voix majoritairement balck se tourne en un chant mélodique réussi pouvantrappeler la grandiloquence d’Arcturus. En bref Orakle est encore un groupe à suivre dans le paysage black français.

Pour cause d’interviews de Red Harvest et Arcturus je n’ai pas pu voir ne serait-ce qu’une minute du groupe français Ellipsis, qui n’ont pas l’air d’avoir déplu ni enchanté particulièrement.

Je redescend plus tard vers la fosse pour Red Harvest qui arrivent sur scène dans des lumières vertes qui les accompagneront tout au long du set. Le groupe cultive une ambiance très cyber-punk, futuriste et post-apocalyptique, qui se ressent dans leur musique, faites de riffs puissants et répétitifs et de sonorités ambiantes malsaines.

Un mur de son nous arrive dans la poire, le volume est élevé et les morceaux choisis bien percutants. On pourra regretter un son massif mais peu clair ne laissant que peu de place aux sonorités électroniques et dans lequel les guitares sont un peu noyées. Reste une prestation scénique percutant d’un groupe arrivant à insuffler à leur musique une atmosphère, en l’occurence l’apocalypse des « cybernauts ». Les musiciens se donnent à fond, parcourent la scène et se font plaisir malgré l’ambiance sinistre et industrielle dégagée par leurs morceaux, le chanteur est peu causant mais sa voix puissante résonnera dans la Loco. La batterie, qui servira aussi pour Arcturus est imposante, 2 grosses caisse, plus de toms que d’usage, ainsi que des arceaux de métal entourant le tout et supportant les cymbales. A vrai dire on a peu vu les batteurs de Red Harvest comme d’Arcturus tant ils étaient planqués derrière leur set.

Red Harvest est un groupe de talent qui tarde à percer malgré plus de 10 ans d’expérience, à découvrir pour tout amateur de metal puissant à consonnance industrielle.
C’est le moins qu’on puisse dire qu’Arcturus étaient attendus, le groupe existant depuis plus de 10 ans n’avait pour autant jamais fait de concerts avant peu, restant un side-project pour la plupart de ses membres. Sauf que Sverd, le compositeur et clavier du groupe, a voulu prolonger l’existence d’Arcturus sur scène, le remplacement de Garm (aussi dans Ulver), qui refusait de faire des cocnerts, par Vortex (aussi bassiste/chanteur de Dimmu Borgir) au chant, le lui permettant.

Les nombreux amateurs d’Arcturus, dont je suis, ne pouvaient donc qu’être comblés par le fait de voir la musique du groupe interprétée sur scène, une musique à l’esprit décadant, entre les énervements du black et le grandiloquent d’une musique de cirque ou d’horreur, faites de rebondissements incessants et marquée par la présence d’un clavier omniprésent et de voix mélodiques des plus particulières.

Eh bien Arcturus n’ont pas déçu avec un show en forme de spectacle où tous les musiciens étaient masqués ou maquillés.
2 danseuses grimmées avec de costumes de Joker accompagnaient le groupe sur certains morceaux, dansant sur scène de part et d’autres du chanteur sur la même chorégraphie.

Musicalement, j’aurais du mal à émettre un avis trop positif parce que le groupe ne m’a pas bluffé autant que je l’attendais.
Le son brouillon, super fort, et complètement différent de celui des albums m’a empêché d’apprécier pleinement le concert. Une fois la surprise du côté scénique, j’ai crains le pire pendant les 2 premiers morceaux à cause du son abominable, qui heureusement s’est un peu amélioré par la suite. Dommage pour ces 2 morceaux que j’apprécie vraiment sur album, tirés des 2 albums phare du groupe La Masquerade Infernale et The Sham Mirrors. Outre quelques morceaux du nouvel album, et un tiré de leur 1er album Aspera Hiems Symfonia, la majorité des morceaux joués proviendront d’ailleurs de ces 2 albums.

Au niveau du son, les grattes et la rythmique était vraiment trop présents, sans parler de la basse vrombissante, d’une lourdeur exagérée, qui masquait les aspects mélodiques du groupes apportés par les claviers et la voix, parfois peu audibles.
D’un autre côté, ça nous a permis de redécouvrir les morceaux du groupe sous une facette plus métallique, ceux du dernier album étant particulièrement plus puissant et cela ne leur faisait pas de mal.

Bref je n’ai pas toujours apprécié le son mais je trouve quand même qu’une telle puissance sur le dernier album, sideshow symphonies, qui m’a un peu déçu, l’aurait carrément amélioré.

Rien à dire au niveau des musiciens qui ont assuré tout du long, Hellhammer sans failles derière les fûts, les 2 guitaristes jouant sans effort les riffs les plus techniques du groupe, l’un d’eux se lancera même dans un solo improvisé particulièrement réussi. Sverd est un peu en retrait derrière ses claviers mais il aura quelques éclats dont un solo virtuose vers la fin du set. Vortex se déplaçait sur scène d’une dégaine lonchalante, comme s’il avait du mal à placer son corps imposant, mais chantait sans problèmes ses parties mélodiques, montant haut dans les aigus, réussissant à interpréter correctement les chants osés de Garm sur The Sham Mirrors.

Enfin tout était là, des musiciens bien carrés, une reproduction assez fidèle de morceaux créés en studio, bien complexes à la base, un chanteur qui assure, un peu de spectacle (les danseuses m’ont bien plu), et puis la setlist était nickel, laissant une bonne part à La masquarade et à Sham Mirrors, dont on aurait pû craindre qu’ils ne seraient qu’effleurés, mais le son m’a définitivement perturbé tout le concert et je m’ennuyais un peu à la fin d’autant qu’à l’heure tardive où ils ont commencés, le concert ne s’est fini qu’à 1h passée.

J’espère qu’on pourra revoir bientôt le groupe en concert, avec un peu plus d’expérience live et un meilleur son, ce groupe hors norme pourrait être aussi énorme sur scène que sur album.

 

Setlist :

Intro de La Masquerade Infernale

Ad Absurdum

Nightmare Heaven

Shipwrecked Frontier Pioneer

Alone

Deception Genesis

The Chaos Path

Deamon Painter

Nocturnal Vision Revisited

Painting my Horror

Hufsa

Master of Disguise

White Noise Monster

Reflections

Raudt og Svart


Gros merci à Khyrian pour les photos

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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