Gojira – 12 octobre 2005 – Nouveau Casino – Paris

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Krakoukass : Arrivé devant le Nouveau Casino sur les coups de 19h15-19h20, mal m’en a pris puisque ce n’est en fait pas avant 21h que les hostilités débuteront. En effet, pas de première partie ce soir et à vrai dire tant mieux, car même si sur le fond, « les Gogo » auraient pu donner l’occasion à un petit groupe parisien de s’exprimer ce soir, au moins on se concentrera sur l’essentiel.
Bref, après une longue attente, le sauna se chauffe, la foule est bien tassée, et des sons de baleine commencent à se faire entendre alors que le noir se fait dans la salle, petite, et quasiment comble du Nouveau Casino (concert sold-out of course).

Le concert débute avec « Ocean Planet » morceau introductif du magistral nouvel opus du groupe, From Mars To Sirius, et on se rend compte immédiatement que l’ambiance va être chaude et que ça va être bien bon.
Ce n’est pas une surprise, comme depuis le début de cette tournée, le set fait la part belle aux nouvelles compositions issues du nouvel album et c’est une excellente chose tant les nouveaux morceaux passent brillamment l’épreuve de la scène. Ce sont si ma mémoire est bonne, 7 morceaux issus du dernier opus qui seront joués ce soir : « Ocean Planet » donc, suivi de « Backbone », puis on aura (dans le désordre), « Unicorn », « The Heaviest Matter Of The Universe » (énorme comme prévu), « In The Wilderness » et la doublette « From Mars/To Sirius ».

Cependant, les anciens titres et les classiques du groupe restent au menu avec notamment l’énorme « Love », ou les fantastiques « Remembrance », « Space Time » et « Embrace The World ».
Le son est énorme, fidèle à la réputation de Gojira en live. Certes la basse est en début de set, un peu trop présente et écrasante, mais très rapidement le son est ajusté et c’est un bonheur : le chant de Joe ressort bien, les parties de gratte s’entendent à merveille, la basse reste audible, et Mario cartonne à la batterie comme il se doit.

Après 1h15 de show, le groupe se retire, et revient bien entendu, acclamé par la foule, pour interpréter 2 titres (« Death of Me » et « Lizard Skin » si je ne m’abuse) en guise de conclusion finale. 22h30, rideau, tout le monde dehors.

Alors au final, une bonne grosse baffe dans la chetron ???

Et bien oui et non, j’avoue que je suis sorti quelque peu déçu par le concert de ce soir. Gojira sont des monstres de scène, les nouveaux titres passent impeccablement, le son est énorme, alors quoi ? C’est quoi mon problème ?

Mon problème tient tout d’abord au choix de la set-list, sympathique, mais putain où est passé « From The Sky » ???? Ce titre est un hymne évident qui aurait forcément enflammé la fosse ! Grosse erreur du groupe de mon point de vue d’avoir fait l’impasse sur ce titre, d’autant qu’on ce serait plutôt passé à mon sens de « In The Wilderness », moins calibré pour la scène.
2ème erreur du groupe, plus grave à mon avis : 1h30 de show dans l’absolu, c’est bien. Le seul hic c’est que le groupe a pris le parti de rentrer dans un trip qui était parfois assommant et dans lequel il a, à mon avis (avis confirmé aussi par des coups d’œil jetés à droite à gauche au reste de l’assemblée), par 2 fois perdu son auditoire en fin de set.
A la fin de « To Sirius » tout d’abord, avant le 1er départ du groupe, sur lequel le groupe a étiré le titre en longueur, répétant 5 bonnes minutes un même riff. Autant ce genre de plan passe bien en début de set, autant après 1h15 on commence à saturer et on a besoin d’être maintenu en éveil. La lassitude commençait donc à se faire sentir et malheureusement si le début du rappel était impecc pour remonter la charge, la fin sur « Lizard Skin » a reproduit le même schéma : trip « répétitoire » interminable sur un riff et une rythmique infinis…

Dommage de ressentir des moments de lassitude, surtout sur « les fins » qui doivent plutôt à mon avis faire office de « bouquet final ».
J’attendais sûrement trop de ce concert, ce qui explique sûrement également ma légère déception. Attention ne nous méprenons pas : ce groupe est décidément énorme, sa présence sur scène l’est tout autant, sa stature ne demande qu’à s’établir fort légitimement au-delà des frontières de notre pays… Simplement, attention à travailler un peu mieux la set-list la prochaine fois.

Une excellente soirée malgré tout !

Jonben : Plus d’un an après mon dernier concert de Gojira, ça a fait du bien de les voir à ce concert comme à celui de Rambouillet 2 semaines auparavent, 1ère date de cette tournée française pour la promotion de Mars to Sirius. Dans les 2 cas une petite salle bien sympa : L’Usine à Chapeaux comme le Nouveau Casino bénéficient d’une bonne acoustique et restent à taille humaine, le groupe étant assez proche du public pour faire ressentir au maximum l’intensité de leur musique. Pour avoir été déçu en allant les voir sur de plus grandes scènes, en festival par exemple, je pense que ce genre de salle est celles dans lesquelles il faut voir le groupe.

Alors qu’en est-il du Gojira live en 2005? Je ne me perdrais pas en tergiversations d’ordre playlist, le groupe arrive sur cette tournée à surpasser sa réputation scénique, forgée à force de parcourir la France et crystalisée sur l’excellent DVD live de "The Link Alive". Les morceaux du nouvel album sont taillés pour la scène, bien groovy et pesants, leur impact étant plus basé sur les ambiances que sur les assauts rythmiques de The Link, rappelant des titres du 1er album comme Love ou Lizard Skin, morceaux que le groupe joue d’ailleurs sur cette tournée. Les interludes plus posés et le solo de batterie très tribal du génial Mario ont encore rajouté à la qualité de leur prestation.

Le thème des chants des baleines, très présent sur cette nouvelle tournée, qui figurent en bande-son d’intro et sur divers morceaux, que le groupe essaye même de reproduire à coups de guitares, est vraiment prenant et bien trouvé, emprunt de l’esprit écologique du groupe (des membres de Greenpeace étaient présents au Nouveau Casino), de plus les projections de films et images derrière le groupe participent à l’ambiance, qui reste la plupart du temps sombre, le groupe jouant avec des spots colorés dans le dos.

Gojira est certainement un des groupes les plus intéressants du moment, et leurs concerts ne risquent pas de décevoir les amateurs d’ambiances, de lourdeur, d’alternances entre atmosphères pesantes et tripantes, ils passeront certainement près de chez vous, si ce n’est déjà fait, vivez cette expérience unique.

Setlist :

Ocean Planet
Backbone
Remembrance
Love
Embrace the World
Clone
Unicorn
Flying Whales
Space Time
In the Wilderness
Interlude (Maciste aux Enfers?)
The Heaviest Matter of the Universe
To sirius
——————–
Lizard Skin
Where Dragons Dwell

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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