Soilwork + Hatesphere + Constructdead – 20 octobre 2005 – Nouveau Casino – Paris

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Une soirée passée sous le signe du thrash/death école suédoise qui commencera par Construcdead, groupe suédois sympathique mais qui ne m’a ni ébloui sur album si sur scène. Après 4 albums, le groupe est toujours assez « jeune » musicalement je trouve, et pas des plus à l’aise sur scène mais ce concert fût correct dans l’ensemble, leur musique a incontestablement une bonne patate. Une bonne mise en bouche mais malheureusement le son très brouillon des guitares a gaché le tout, rendant les morceaux assez similaires et peu dynamiques, d’autant que le chant death du groupe est assez linéaire. En même temps, difficile de retenir la prestation de Construcdead quand on a après 2 groupes à l’impact scénique évident comme Hatesphere et Soilwork.

Effectivement quand Hatesphere arrivent sur scène, c’est une autre paire de manches, le groupe est beaucoup plus carré et dégage directement une impression de maitrise de la scène.
Hatesphere est décidément le groupe qui monte, l’excellent dernier album (et 4ème) du groupe, The Sickness within, et les tournées sans relache les amèneront sûrement rapidement dans la cour des grands. C’était d’ailleurs la 3ème fois que le groupe venait à Paris cette année, et ce n’était pas la dernière, étant donné qu’ils reviennent en décembre avec Dark Tranquility et Chimaira.

On peut d’ailleurs un peu rapprocher leur musique de ces derniers, dans le sens d’un mélange d’un gros thrash/death à la suédoise avec un son metalcore, les voix suivant, entre hardcore et death. Le chanteur du groupe est décidément un atout du groupe sur scène, outre sa voix d’une puissance phénoménale, il est mobile, expressif, se fait plaisir sur scène et a une bonne connivence avec le public.
Les musiciens ne sont pas en reste, parcourant la scène et occupant l’espace, tout en interprétant avec aise leur répertoire. Le public répond imméidatement à leurs riffs thrashy mélodiques et accrocheurs. Les slams s’intensifieront au court de leur set, encouragés par le chanteur qui aidaient de la main les candidats à monter sur scène. D’ailleurs vers la fin du concert, un slammeur soulèvera le chanteur, pourtant bien grand et lourd, dans ses bras, et l’enverra slammer sur le dos dans le public, ce qu’il fera tout en continuant à gueulant.

Leur dernier album est clairement leur meilleur en date, et ça s’est bien ressenti en live, il n’ont pas manqué d’en jouer une bonne partie, et j’ai trouvé que ces titres avaient quelque chose de plus, plus variés, plus mélodiques, des morceaux comme « The Sickness within », « Heaven is ready to fall » et un « The Fallen shall rise in a river of blood » final ont suffit à faire bouillir le public.

Le spectacle en vaut la peine, et Soilwork avait un gros niveau à relever à ce niveau, mais je ne peux m’empêcher de préférer le groupe sur album, car certains pasages étaient un peu brouillons niveau son, donc l’impact mélodique était un peu noyé sous la puissance du tout.

Enfin je ne faisais guère de souci pour Soilwork, qui m’avait déjà bien épaté il y a un an au Nouveau Casino. Le groupe avait juste avant cette tournée intégré le batteur de Scarve, Dirk Verbeuren, et il était encore là à la Locomotive, enfin on peut comprendre que Soilwork n’ait pas envie de lacher ce batteur d’exception, qui a redonné du souffle à la musique du groupe. Outre cette rythmique impeccable, l’assurance vocale de Bjorn Speed n’est maintenant plus à prouver, l’évolution de sa voix et de son comportement en concert et flagrante depuis leurs débuts, le
gaillard prend une assurance terrible, ne craint plus les chants clairs, et balancent ses cris rageurs avant autant de fougue, tout en harraguant sans cesse le public. Le reste du groupe n’est bien sûr pas en reste, à part le clavier un peu en retrait, les guitaristes du groupes et surtout le bassiste bien délirant étaient sans cesse en mouvement.

Bref le groupe est maintenant une vraie machine de guerre bien rodée et avait tout pour faire un bon concert, et le son s’est révélé meilleurs que pour les 2 groupes précédents. Bon il n’était pas non plus parfait, et ce sera le regret de cette soirée, les subtilités des guitares étant un peu noyées dans le flot sonore au profit de l’impact rythmique. Heureusement les courts solos qui parsèment les morceaux du groupe, souvent une succession de courts phrasés par les 2 guitaristes, ressortaient bien. Et là où beaucoup de groupes death se perdent dans des solos sans queue ni tête, basés uniquement sur de la branlette de manche stérile, les 2 gratteux de Soilwork réussissent à insuffler des mélodies vraiment mémorables à leurs solos, ce qui en rehausse d’un coup l’intérêt.

A noter que leur tournée récente dans l’Ozzfest a dû le marquer, car il a tenté (un peu en vain) de pousser le public à faire
un circle pit à plusieurs reprises. Le public ne s’attendait pas vraiment à ça mais a quand même très bien réagi, la chaleur est rapidement montée dans une Loco assez remplie, et les slammeurs ont défilé sur scène. Il faut dire que Soilwork est un groupe qui sait satisfaire son public, piochant dans tous ses albums pour varier les styles et plaire aux nouveaux comme aux anciens fans, et putain ils mettent le feu!

On a eu le droit à une sorte de best of du groupe, même The chainheart machine fût bien représenté avec le morceau du même nom et « Room number 99 », par ailleurs « Bastard chain » et « Needlefeast » de A Predator’s Portrait furent joués. Les 2 derniers albums furent bien représentés mais c’est Natural Born Chaos, l’album phare du groupe à mon goût, qui a été le mieux représenté, avec en particulier en rappel les tubes « As we speak » et « follow the hollow ». Bref de quoi balancer un thrash/death incisif et mélodique à la fois, entre blast, gros riffs groovy et élans de chant clair des plus efficaces en live.

Une bonne petite soirée au final, Soilwork ne m’ont pas déçu une nouvelle fois, et Hatesphere ont prouvé leur valeur. Je retiendrais surtout les 2 frontmen d’exception que sont Jaob d’Hateshere et Speed de Soilwork.

Playlist :
Stabbing the drama
Figure number five
The flameout
Needlefeast
One with the flies
The chainheart machine
Overload
The bringer
Nerve
Bastard chain
Rejection role
Room n°99
Blind eye halo

Rappel :
As we speak
Sadistic lullabye
Follow the hollow

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. Lébo says:

    Hatesphere a enterré Soilwork (et pourtant je prefere SOilwork…)

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