Botch – We Are the Romans

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Style: hardcore chaotiqueAnnee de sortie: 1999Label: Hydrahead

Le groupe a clos sa carrière en 2002 avec le remarquable E.P An anthology of dead ends, mais c’est sans doute cet album sorti en 1999 qui aura marqué l’apogée et la renommée de Botch. En 1997, American Nervoso avait posé les bases d’un style quelque peu hérité de Deadguy (Fixation on a co-worker), ajoutant au noise-hardcore une complexité musicale et rythmique supplémentaire, plus proche de ce qu’on appellerait le math-core, faîtes un lot pour appeler le tout hardcore chaotique si le cœur vous en dit, a priori, seuls les épileurs de mille-pattes y trouveront à redire ou à pinailler.

En exceptant l’ultime morceau, bricolage électronique aussi louable qu’inutile, les 10 titres de l’album sont autant de manifestes bruyants et maîtrisés de la plénitude d’un hardcore débridé. Si techniquement les musiciens de Botch sont virtuoses (le riff ouvrant « To Our Friends in the Great White North » est un modèle du genre), l’inspiration et la spontanéité sont ici privilégiés à un onanisme démonstratif de mauvais goût. Lorsque certains groupes de hardcore dit « moderne » (de Psyopus dans le rayon barré jusqu’à toute la cohorte de groupes hxc/métal qui n’ont rien d’autre à faire que de se prendre pour Madball et Slayer réunis, quand ils ne pillent pas en sus le death mélodique, mais c’est là une autre histoire) se parent d’une certaine rigidité de composition à tous les degrés, Botch dévoile ses versants purement rock en souplesse. Souplesse de rythmes soigneusement déstructurés, des riffs lourds sans être écrasants, des envolées de guitare abstraites, des structures, Botch refuse constamment la monotonie, qui ne pourrait se retrouver à la rigueur que dans le chant. On recherche ici sans relâche le décalage, la transition surprenante, la rupture impromptue qui fait du chaos un élément maîtrisé. Le plaisir ne se trouve pas ici dans l’efficacité banale ou le riff éculé, mais dans la constante recherche de la voie la plus difficile, la moins pratiquée, et si possible, la moins balisée. La facilité n’est pas ici à l’ordre du jour, et, sans qu’il ne faille y voir un quelconque rapport de cause à effet (ou si peu…), l’ennui non plus. Dans une plus grande mesure que Dillinger Escape Plan, Botch conserve et utilise parfaitement ses influences plus punk ou rock, sorte de pierre angulaire ou de principe inaliénable des compositions. S’il faut rechercher la complexité, il faut toujours le faire en s’amusant, masochisme de la composition louable alors que certains s’embourbent dans la niaiserie commune de leurs riffs agressifs bodybuildés mais tellement creux et anodins (« j’ai dans une enveloppe les noms de ceux qui… » © Gilbert Collard)

Au fil des écoutes, le disque ne perd aucunement de sa saveur, suffisamment fou et imprévisible pour ne pas se laisser assimiler facilement. Les 40 minutes de l’album passent d’une traite, malgré la complexité de l’édifice, 40 minutes de cris, de dissonances, de volte-face, et d’entrechats en marcel blanc.

  1. to our friends in the great white north
  2. mondrian was a liar
  3. transistions from persona to object
  4. swimming the channel vs. driving the chunnel
  5. c. thomas howell as the « soul man »
  6. saint matthew returns to the womb
  7. frequency ass bandit
  8. i wanna be a sex symbol on my own terms
  9. man the ramparts
  10. we are the romans

Chroniqueur

marc

Je donne mon avis pas très éclairé sur des disques que j'aime bien ou je dis du mal de disques que j'aime un peu moins. Cet avis n'engage que moi-même, ma conscience et mon chat, vous êtes libres de ne pas être d'accord (quoique...) et de venir en discuter dans les commentaires afin que je vous convainque que vous vous trompez.

marc a écrit 38 articles sur Eklektik.

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19 Commentaires

  1. Florent says:

    Un incontournable. Tout simplement. Au niveau des Neurosis ou autres Breach.

  2. Ellestin says:

    Impossible de passer au travers de Botch lorsqu’on découvre le hxc. Une influence discrète de beaucoup de groupes actuels.

  3. Crusto says:

    Excellent disque. D’ailleurs, tout ce que le groupe a sorti est très bon.

  4. damien luce says:

    un disque à posséder!!!! J’ai eu la chance de les voir evoluer en live, la tournée avec the dillinger escape plan, ananda, nostromo, like peter at home, et j’ai pris une claque surtout que je ne connaissais pas le groupe!!!! Enfin bref, un grand groupe qui a influencé tout le hardcore actuel, hydrahead a eu un flair incroyable!!!

  5. FireCat says:

    Je me rappelle la première fois qu ej’ai écouté cet album à la fin du lycée, je rentrais à peine dans le metal extrème et le Hardcore. Plus j’écoutais,plus j’aimais, c’est le premier groupe du genre que j’écoutais avec Converge et aucun a présent n’a pu le surpasser. Un de mes albums de chevets !

  6. kollapse says:

    Album Mythique, indispensable, un monument du hardcore chaotique, d’une pissance et intensité hors du commun…Une référence et influence pour bon nombre de groupes actuels. En effet tout ce que le groupe a sorti est très bon, mais s’il n’y a qu’un seul disque à posséder du groupe (ça serait dommage mais bon^^) c’est bien ce « we are the romans ». Bien que je vois pas le rapport avec Breach et Neurosis (?)…Je vois plus ce groupe aux cotés de Converge et Coalesce moi ;-)

  7. kollapse says:

    « d’une pissance… »—) d’une puissance ^^

  8. Florent says:

    Bah juste le côté « groupe quasi mythique », rien à voir musicalement ;-)

  9. kollapse says:

    Ah ok, vu comme ça ^^. Bien qu’on peut dire la même chose de Converge et Coalesce :-)

  10. Julien says:

    Bon album, bon groupe ! Je ne les qualifierai pas d’excellents par contre ! :D

  11. fewz says:

    Un album et un groupe mythik… Ce par quoi il faut obligatoirement passer pour comprendre les héritiers du hardcore chaotik d’aujourd’hui…

  12. intheseblackdays says:

    « Je me rappelle la première fois que j’ai écouté cet album à la fin du lycée, je rentrais à peine dans le metal extrème et le Hardcore. Plus j’écoutais,plus j’aimais, c’est le premier groupe du genre que j’écoutais avec Converge et aucun a présent n’a pu le surpasser. Un de mes albums de chevet ! »
    tout pareil ^^

  13. Devin says:

    J’aime beaucoup cet album . Il a un groove mortel , le seul problème c’est que je trouve que la première plage est tellement énorme qu’elle en eclipse un peu la suite . Mais ça fait très longtemps que je l’ai pas écouté , mon avis a peut-être changé. Quoiqu’il en soit , c’est bien mieux que Dillinger & co. :)

  14. Marc says:

    yeah! Totale unanimité!

  15. Matthieu says:

    est-ce que quelqu’un pourrait me dire les véritables raisons de leur split??? C’est toujours les meilleurs qui partent!!! Perso je m’en suis jamais remis…

  16. Reflebe says:

    C’est bien mais rien à voir avec Dillinger (qui sont excellent quoi qu’on en dise…)

  17. kollapse says:

    @Reflebe : DEP est un excellent groupe, pareil pour Botch, tu sais on peut dire la même chose pour les 2 groupes, pas besoin de comparaison. Sauf que justement Botch a une certtaine influ sur DEP, dixit le groupe lui-même, donc voilà quoi. Reste que de « we are the romans » est d’une puissance rare, un disque tout simplement magistral du début à la fin. 20/20.

  18. Nemocore says:

    Quitte à apporter ma pierre à l’édifice, la différence que je ferais entre Botch et DEP est que la musique de Botch conserve une spontanéité qui ne transparaît pas chez DEP.
    Album magistral sinon, l’un des plus puissants qu’il m’ait été donné d’écouter, qui mérite une attention soutenue du début à la fin pour s’apprécier à fond. Au-delà de toute catégorisation, un album intemporel et magistral. L’aggression sonore et l’ingéniosité se cotoîe comme rarement, durement égalable à mes yeux. L’aurait dû être dans les Anthologik, m’est d’avis

  19. 1ternot2baz says:

    Sensationnel ! Du travail de pro !

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