Clawfinger – Hate Yourself With Style

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Style: rap metalAnnee de sortie: 2005Label: Nuclear Blast

Doucement mais sûrement, nos amis suédois poursuivent leur petit bonhomme de chemin, de plus en plus loin des sunlights qui avaient éclairé leurs débuts fracassants. Souvenez-vous (les vieux de la vieille, hein), quand en 1993 le titre « Nigger » vous a éclaboussé de sa puissance. Souvenez-vous des brûlots que sont « The truth », « Don’t get me wrong » et consorts. Venu de nulle part, le combo suédois a éclaté au grand jour avec un son mastoc, des titres imparables et un album événement Deaf Dumb Blind. La révélation fut confirmée par ce qui est à mon sens leur meilleur album à ce jour, sorti deux ans plus tard. Use your Brain est un hit à lui tout seul . Aucune faiblesse, des titres mortels, la bande de Zak Tell est alors au sommet de son art, en témoignent les baffes que sont « Pay the bill », « Pin me down », « Do what I say »…etc… A cette époque, Clawfinger, avec son chant rappé, était le digne pendant européen de Rage Against The Machine, en beaucoup (mais alors beaucoup) plus lourd et métal. Le troisième album, sobrement intitulé Clawfinger (1997) contient aussi son lot de hits, tels le magique « Two sides » et son refrain arabisant du meilleur effet. La suite pourrait ressembler à une sorte de chant du cygne. En effet, malgré quelques morceaux mémorables, ni A Whole Lot of Nothing (trop long) ni Heroes and Zeroes (trop inégal) ne relancent véritablement la machine après une pause de 4 ans entre l’épisode Clawfinger et A Whole Lot of Nothing.

C’est donc avec un semblant de résignation que j’ai jeté une oreille sur Hate Yourself with Style, ayant presque déjà fait mon deuil de ce groupe malgré une superbe prestation à l’Elysée Montmartre en 2004. Et pourtant, qui l’eût cru, les premières écoutes m’ont bien plues : grosse pêche, gros son, des titres accrocheurs en pagaille, je n’ai pu m’empêcher de laisser aller ma tête d’avant en arrière au rythme des riffs saccadés des Suédois. Puis, puis, puis…. Eh bien après quelques temps de gestation je l’ai réécouté et malgré quelques morceaux de bravoure, Hate Yourself With Style m’ennuie. Enfin, ennui c’est un grand mot. Disons qu’à l’instar des deux précédents opus, on sent un groupe qui se contente de faire vivre une recette et de s’en tenir là, ce qui donne quelque peu l’impression qu’ils ne cherchent pas vraiment à évoluer et de faire le strict minimum syndical. Même si quelques éléments presqu’ inconnus de leur musique viennent se greffer de temps en temps, notamment des parties quasi death brutal (break sur « Hate yourself with style », riff sur « Breakout (embrace the child inside you) ») et des loops/nappes de claviers qui n’ont jamais été si présentes depuis l’époque Clawfinger.

Le son, énorme, massif, ne serait-il pas l’arbre qui cache la forêt ? Les titres s’enchaînent sans temps mort dans le style fusion metal/rap habituel, mais le plaisir des premières écoutes s’estompe vite. Les rares éclairs ne suffisent pas à faire de ce bon disque un grand disque. Par moments, on se dit « ouah cool, ils ont la patate, ça pulse bien. Elle est bien cette mélodie » etc, mais tout cela n’est pas suffisant car l’immense majorité du disque sent un peu le réchauffé. En témoigne le fait que Clawfinger reprend certains gimmicks et parties mélodiques de leurs précédents albums, notamment dans la voix de Zak (lignes mélodiques sur « Dirty Lies », « The best & the worst », par exemple), ce qui ne fait que renforcer l’impression de « je m’en foutisme » qui émane de l’album. Alors oui, les riffs syncopés sont dansants, la voix super bien placée, la batterie efficace en diable, elle n’en fait pas trop mais bastonne sec, mais bordel, on en voudrait plus venant de ce groupe qui était si puissant et novateur il y a 10 ans… Peut-être plus la même hargne ?

Au final, Hate Yourself With Style est un pur album Clawfinger nouvelle époque, sans surprise ou presque, efficace et accrocheur, mais qui ne dénote aucune prise de risque et ne dévie pas d’un iota du chemin déjà tracé (bloqués dans les ornières, les Suédois ?). Bref, les afficionados pourront sans problème faire l’acquisition de l’album qui reste de facture plus qu’honnête, pour ceux qui veulent découvrir le groupe au sommet de sa puissance, je vous conseille plutôt les 3 premiers albums.
Un peu déçu moi…

  1. the faggot in you
  2. hate yourself with style
  3. dirty lies
  4. the best & the worst
  5. breakout (embrace the child inside you)
  6. right to rape
  7. what we’ve got is what you’re getting
  8. sick of myself
  9. hypocrite
  10. without a case
  11. god is dead
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3 Commentaires

  1. krakoukass Krakoukass says:

    D’accord aec la kro, l’album est bon, mais on commence à avoir besoin de changements et malheureusement ce n’est pas cet album qui en apportera… Au final on passe un bon moment mais je doute que l’album ressorte bien souvent et on peut craindre qu’il aille assez rapidement prendre la poussière… Dommage…

  2. Trent says:

    Vraiment pas terrible cet album, même après plusieurs écoutes ya aucun titre qui m’a paru accrocheur. Pourtant j’avais bien aimé Zeros and Heroes qui contenait tout de même sa part de tubes (Money Power Glory, Recipe for Hate, Zeros and Heroes). Mais là ce nouvel album n’apporte rien, c’est vraiment de la redite niveau riffs, structures, paroles… Groupe à voir absolument sur scène en tout cas :-)

  3. baboon666 says:

    Pas d’accord pour ma part: les plages 1, 2 et 5 sont des petits tubes en puissance. Même si Clawfinger n’a plus la même créativité qu’au début, c’est selon moi le meilleur album depuis 1997 et « clawfinger ».

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