Horse The Band – The Mechanical Hand

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Style: nintendocoreAnnee de sortie: 2005Label: Combat Records

Horse the Band à la péniche Alternat (août 2004), sur les quais de Seine à Paris. Il y a des concerts comme ça qui laissent des souvenirs impérissables, j’ai rarement vu une atmosphère aussi tropicale à un concert. Le groupe, condensé à la poupe de l’étroite péniche, s’excitait comme les malades qu’ils sont : à part le guitariste, stoïque, assurant avec dextérité, on a un bassiste grimaçant torse nu dégoulinant de sueur, un chanteur bien entamé, hurlant dans son micro tout en titubant, bien à la rue, le batteur tatoué s’excite juste derrière et finalement un claviériste épileptique hirsute envoyant les sons caractéristiques de leur auto proclamé nintendo-core. Enfin des gars hyperactifs qui s’excitent sur leurs instruments sans interruption pendant 1 heure, laissant le public entier sur les rotules.

C’était à l’époque du 1er album, R. Borlax qui avait fait figure d’ovni dans la scène hardcore grace à son concept « original ». Voici maintenant The mechanical Hand et leur son n’a guère changé sur ce nouvel album, toujours ces claviers aux sons de console 8-bit, des bips, des nappes, des sons niais et vintage rappelant les pires jeux vidéos stressants, toujours des voix approximatives, mi-scandées, mi hurlées de façon démente, des samples pour introduire les morceaux, des envolées mélodiques immédiatement suivies de breaks punk/hardcore qui partent dans tous les sens, sans oublier de gros passages hardcore gras bien lourd, le tout avec un sens du riff de tueur et une maitrise intrumentale indéniable.

Grosse louche de délires donc, changements d’ambiance au détour du moindre riff, sans atteindre toutefois le chaos expérimental d’autres groupes harcore « à clavier » (typiquement The Locust). La force de The Mechanical Hand est justement de présenter 13 morceaux recherchés qui ne se ressemblent pas, on arrive même à une certaine cohérence entre les psychoses épileptique dans l’urgence et les atermoiements émotionnels centrés sur la mélodie.

En fait, on ne peut que constater que le groupe a gagné en maturité instrumentale et créative pour créer un second album largement à la hauteur, les morceaux sont plus construits et mature, variés et prenants. Même les claviers ne choquent plus, ils ont pris du poids dans la balance, omniprésents mais mieux intégrés dans l’ensemble que sur leur 1er album. De même, la voix est plus centrée, et s’adapte aux variations de la musique, se fait même parfois claire. Enfin le chant est toujours hystérique et désordonné, hurlé aigu ou growlé grave, pas toujours terrible mais compensant par une forte personnalité.

L’efficacité de cet album vient peut-être aussi du son que leur a forgé Matt Bayles (Mastodon, Buried Inside), moins lo-fi, plus clair tout en gardant un esprit direct et brut, capturant ainsi sans ajouts le rendu qu’a le groupe live.

Certes les sons de clavier sont kitchissimes, les paroles axées sur le cul (enfin plutôt celui à une main!) et les jeux vidéo ancestraux, les quelques samples débiles de pet de « Birdo » ou la fin du dernier titre, et son sample « it was aweful, booouuuh! » assez cocasse allègent le propos mais le groupe est aussi capable d’un peu plus de finesse, et se révèle par moments beaucoup plus cérébral qu’il n’y parait à 1ère impression, l’immaturité camouflant la rage et la frustration.

Un album original, qui part dans tous les sens, sans limite et malgré un enrobage d’humour débile pré-ado (mais bien fun), on a vraiment à faire à de bon morceaux. Je vous aurais prévenu, c’est un ovni mais j’aime bien leur délire, et The mechanical Hand s’insinue parmi mes albums préférés de l’année. Vivement qu’ils repassent en concert en Europe.

  1. birdo
  2. a million exploding suns
  3. manateen
  4. the house of boo
  5. heroes die
  6. softer sounds
  7. octopus on fire
  8. soaring quails
  9. taken by vultures
  10. a rusty glove
  11. sand
  12. lord gold throneroom
  13. the black hole
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. fewz says:

    Comme je vois qu’il y a pas de commentaires sur ce disque moi je vais en mettre un, juste pour dire que j’ai choper le skeud ms ke je lé pa encore écouté… je reveiendrai plus tard. Ce que je tiens à dire c’est que le groupe en live à l’air de démonter! Ce fameux soir d’août 2004 j’ai entrevu vite fait le show à travers une lucarne et je peux vous dire que l’ambiance était du feu de dieu…

  2. Ilhan says:

    Pas encore écouter ce cd mais je vais mettre la main dessus, le premier j’avais adoré, sur scène c’etait énorme (a l’alternat et au ieper fest).

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