Porcupine Tree + Oceansize – 13 novembre 2005 – Bataclan – Paris

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Porcupine Tree qui revient à Paris, à peine 6 mois après leur dernier passage, cool, vu le concert d’avril, j’avais peu de chances d’être déçu. Alors quand j’ai appris qu’ils ramenaient d’Angleterre Oceansize, un des groupes de rock anglais les plus prometteurs du moment, je ne pouvais qu’être aux anges, même en les ayant vus pas plus tard que 10 jours avant lors d’un concert intimiste des plus sympas au Botanique de Bruxelles.

Changement d’ambiance, on est au Bataclan, grand théatre parisien servant autant à des concerts qu’à des spectacles de comiques. Un Bataclan bien rempli malgré le prix somme toute assez élevé (32€) par un public vraiment hétéroclite, tous les ages étant représentés -les poivre et sels étant là aussi- des métalleux chevelus croisent des types en costard cravate.
Ca se sert déjà devant pour la scène pour Oceansize même si logiquement peu de monde devait connaitre le groupe. Pourtant le style général d’Oceansize comporte de nombreuses similarités avec Porcupine Tree, avec en 1er lieu cette faculté à jouer un rock aérien complexe et progressif en lui insufflant des influences metal, gros riffs saturés, rythmiques fournies marquées par la double.
Le concert commence rapidement, les 5 membres du groupe arrivent sur scène assez incognito et entament sur "The Charm Offensive" qui met direct dans l’ambiance, 1er titre de leur nouvel et dernier album Everyone Into Position, un titre tout en crescendo qui voit les 3 guitares du groupes s’additionner progressivement, passant au détour par quelques gimmicks de wah de wah, et évoluer jusqu’à partir dans un bon gros riff. Le tout surmonté par un Mike Vennart, décidément un grand chanteur, capable de reproduire sans failles les chants des albums en toutes conditions.

Et ici elles n’étaient pas idéales pour lui, car sa guitare était vraiment peu audible, il s’en éververa même sur scène, se mettant à gueuler comme un forcené sur la fin du morceau "Out of None" tiré de l’EP Music for Nurses, et ce ne fût pas pour me déplaire en fait.
Bon les 2 autres guitares étaient aussi un peu en retrait, la rythmique et la voix prenant le dessus sur le reste, mais pourtant pas de quoi s’inquiéter, le set ne palira que peu de ce son imparfait, les 3/4 d’heure du concert furent aussi enchanteur que prévu.

On aura le droit au très calme "Meredith", puis "You Can’t Keep A Bad Man Down" sur lequel le batteur pourra nous étouffer de son jeu surchargé mais toujours juste et finalement "One Day All This Could Be Yours" sur lequel lLe bassiste lache son instrument passant derrière un clavier pour apporter quelques touches électro/noisy.

Le public semblait un peu décontenancé par la musique du groupe, passant d’un pop/rock subtil à des élans noisy martelés, d’autant que les rythmiques cabossées du groupe, majoritairement en 7/8 ne sont pas propices au mouvement quand on découvre sur scène leur musique. Il faut dire qu’Oceansize ne cèdent ni pas à la mélodie facile mais pas non plus aux structures classiques, les morceaux sont alambiqués, très longs (seulement 6 de joués malheureusement d’ailleurs) et pas forcément ouverts à tout public.

Enfin à celui de Porcupine Tree certainement si, et le groupe fût vraiment acclamé à sa sortie de scène, ils paraissaient même un peu confus de l’accueil, sûrement persuadés d’avoir merdé à cause d’un son pourri, alors qu’il était tout de même correct, on aura vu pire.

En parlant de son, quand Porcupine Tree débutent leur 1er morceau sous les vivats, j’ai été tout simplement bluffé, c’est tout simplement un son de tueur auquel on a eu le droit, puissant et clair, les riffs de guitares saturés bien ronds et intelligibles, tous les instruments ayant leur place dans la musique du groupe. Bref le 1er titre joué par le groupe a eu un impact phénoménal. Il faut dire que c’était "Open Car" un des morceaux les plus explosifs de leur dernier album Deadwing, un de mes préférés aussi, qui sur scène a sonné encore plus metal que sur album.

Steven Wilson est au centre de l’attention, et assurera parfaitement vocalement, plus énergique qu’en avril. Secondé par des musiciens pros jusqu’au bout des ongles, la rythmique est impeccablement carrées et expressive, le bassiste pointilleux, le clavier surplombe le tout de nappes et sonorités électroniques toujours bien passées. Son acolyte guitariste le seconde également très bien vocalement, assurant des voix plus aigus en harmonie avec Wilson.

Wilson qu’il désire satisfaire les premiers fans du groupe en jouant quelques titres de leurs premiers albums (ils ont une dizaine d’albums divers à leur actif), il annonce un set différent de celui d’avril, principalement axé sur les 2 derniers albums du groupe, ceux où la coloration rock/metal du groupe a pris de l’ampleur.
Au final la setlist sera variée, ils joueront un des classiques du groupe "Hatesong" de Lightbulb Sun suivi du très calme "Don’t Hate Me" que je ne connaissais pas et qui ne m’a pas vraiment marqué. Il figure sur l’album Stupid dream, plus disponible, dont Wilson a annoncé qu’il serait réédité l’année prochaine.

Peut-être le seul moment où j’ai un peu décroché du concert sinon tout bonnement excellent, qui repartira bien vite avec "Arriving Somewhere but Not here" qu’ils n’ont heureusement pas écarté de la setlist. C’est tout bonnement LE morceau que je préfère du groupe. Figurant sur leur dernier album ils condense à lui seul tous les aspects de leur musique en près de 12 minutes. Je n’ai pas encore parlé de l’écran géant placé au fond de la scène, même si il a accompagné de fort belles images la musique du groupe sur tout le concert car c’est sur ce morceau qu’elles ont été les plus terribles, concordant exatement avec l’ambiance et l’évolution du morceau, faites de plans mouvants sur de vieilles photos de gamins, de paysages grandioses, de formes mouvantes psychédéliques, sans cesse animées, ajoutant leurs couleurs aux lumières de la scène.
Un court-métrage inséré à un moment, histoire d’un personnage métallique animé qui se fabrique de ailes, dans un style rappelant énormément les animations glauques et magnifiques des clips de Tool, typiquement sur le DVD Salival.

2 derniers extraits de Deadwind puis le groupe se retire, pour ne revenir qu’assez tardivement pour 2 rappels sans que le public n’ait cessé de hurler et taper du pied. Sur le "Trains" final, Wilson casse une corde de sa guitare électro-acoustique, le morceau s’interromp le temps du passage sur une (pûre!) guitare électrique, un petit coup de simulateur d’acoustique et c’est reparti pour la fin de ce titre nuancé, un des plus connus d’In Absentia.

Bref un grand moment que ce concert de Porcupine Tree, surpasant à mon avis celui de l’Elysée Montmartre plus tôt dans l’année. Un son nickel, un groupe à fond dedans bien énergique, une setlist variée satisfaisant toutes les franges du public, et aussi une mise en bouche excellente d’Oceansize qui fait de ce duo de concert un des meilleurs de l’année pour ma part.
Wilson a précisé que le groupe venait d’enregistrer un DVD live et qu’ils repasserait en France pour sa promotion avant l’été 2006. Autant de dire que j’y serai. Plutôt fan à vrai dire de la période récente du groupe, les 3 derniers albums, je suis ravi de voir le groupe fortifier son statut de groupe live puissant et énergique, et ne suis pas le seul apparemment vu le succès que le groupe rencontre depuis quelques années en hauts et en bas.

Setlist Oceansize :
01-The Charm Offensive
02-Out Of None
03-Catalyst
04-Meredith
05-You Can’t Keep A Bad Man Down
06-One Day All This Could Be Yours

Setlist Porcupine Tree :
01-Open Car
02-Blackest Eyes
03-Lazarus
04-Hatesong
05-Don’t Hate Me
06-Mother And Child
07-Buying New Soul
08-So Called Friend
09-Arriving Somewhere But Not Here
10-.3
11-The Start Of Something Beautiful
12-Halo
Encore :
13-Radioactive Toy
14-Trains

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 486 articles sur Eklektik.

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3 Commentaires

  1. darkclown says:

    Une p’tite erreur s’est glissée le dernier album d’Oceansize est « Everyone into position » et non « Effloresce »

  2. jonben jonben says:

    Argh merde j’ai fais ça un peu tard hier soir…

  3. arnaud says:

    un set plus long avec un petit « even less » et « she movesdown » et j’étais comblé
    (un poivre et sel)

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