Deus – Pocket Revolution

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Style: indie rockAnnee de sortie: 2005Label: V2

S’il y a bien un groupe que j’ai longtemps négligé c’est bien Deus. J’avais pourtant aimé ce groupe dès Worst Case Scenario son premier album et « Suds & Soda » ce single au violon si entêtant, si violent et finalement si envoûtant. In a Bar under the Sea, leur second album, m’accompagna tout au long d’un hiver 1996, entre ballades déguenillées, rock furibard et des émotions passionnelles jetées à la face sans aucune retenue tel l’enchaînement « Disappointed in the sun – For the Roses » me tirant les larmes à chaque écoute. Cet album demeure un choc aujourd’hui encore… Vînt cette tournée en première partie de Noir Désir où la démesure de leur rock et la folie de leurs émotions s’exprimèrent sans commune mesure. Puis black-out. Non pas que le groupe ait fauté. Non pas que je ne me sois pas tenu au courant de leur actualité. Non. Seulement un album en appelant un autre, Deus fut relégué, bêtement. La poussière s’installa sur ces albums, un voile tiré sur la violence d’émotions à fleur de peau.
The Ideal Crash n’occupa aucunement mes préoccupations… Je le découvre à peine aujourd’hui… Une petite dizaine d’années pour redécouvrir Deus, assimiler, pénétrer, accepter une musique aussi passionnelle.

2005 : Deus revient sur le devant de la scène avec ce Pocket Revolution. Un break de plusieurs années, un nouveau remaniement des membres (seuls Tom Barman leader/chanteur et Klass Janzoons violoniste issus du line up originel tiennent encore les rennes de Deus). Soyons clair : je n’attendais rien de Deus et ils m’ont tout donner (ou presque…). Ce Pocket Revolution est une de mes plus belles surprises de cette année. Un album classieux de rock fier et indépendant, aux mélodies clair obscures. Un album intemporel, ensorcelant et vivant. “ Bad Timming ” en ouverture, ses sept minutes et quelques secondes d’ascension au cœur d’une repentance, cette guitare éthérée, cette voix et ce rythme fragile et insaisissable, s’affirmant finalement dans l’expression d’une colère inéluctable. “ 7 Days, 7 Weeks” ballade faussement naïve, « There’d ever be a time for us to recapture all the time we lose » en toile de fond. Le single écologique “Stop-Start nature”. L’imparable “If you don’t get what you want” où la frustration dans son plus simple appareil provoque une colère insatiable et s’exprime dans une tension croissante où des riffs électriques et une basse vrombissante explosent. “What we talk about love (when we talk about love)” oui l’art et l’amour sont futiles et par essence indispensables! “Include me out” ballade crépusculaire où la mélancolie s’efface devant l’aube de l’espoir. “ Pocket Revolution” chanson clair obscure à la puissance soul ténébreuse, aux explosions saisissantes. Une fois encore une chanson superbe. “Nightshopping” et son groove fier et arrogant. “Cold Sun of Circumstance” lâche prise. Seul le présent compte. Les lendemains qui déchantent se balayent d’un revers de manche. “The Real Sugar” petite ritournelle où Barman s’épanche sur l’amour. “Sun Ra” nouveau morceau de bravoure de presque sept minutes au cœur des folies nocturnes, peinture d’une fuite en avant sans fin où la basse omniprésente, des guitares sauvages et un saxo incendiaire donne le change au chant crépusculaire et nasillard de Barman. L’album s’achève sur “ Nothing really ends” ballade conventionnelle où la mélancolie inaltérable de Barman se consume dans une langueur pudique, suave et séduisante.

Ainsi l’album s’écoule durant un peu plus d’une heure, anime désir et séduction, entre crépuscule et lumière. Les images et les sensations se bousculent au cœur de ce voyage dans l’intime. Pour autant nul voyeurisme sordide. Nulle mélodie facile. Tout est travaillé, ciselé, orchestré dans une apparente facilité déconcertante. Du travail d’orfèvre en somme ! La folie de ce rock aventureux et déglingué qui animait les débuts de Deus laissent place à une musique où affleure toujours cette passion mais dorénavant empreinte d’une expression plus calme et ténébreuse. On ne peut décemment détruire les amplis toute sa carrière sans endosser l’habit d’une pute ridicule…

  1. bad timing
  2. 7 days, 7 weeks
  3. stop-start nature
  4. if you don’t get what you want
  5. hat we talk about (when we talk about love)
  6. include me out
  7. pocket revolution
  8. nightshopping
  9. cold sun of circumstance
  10. the real sugar
  11. sun ra
  12. nothing really ends
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3 Commentaires

  1. kollapse says:

    Je me demandais quand la chro allait arriver ;-). Tout est dit dans la chro, pas mal de titres superbes, pas un n’est dispensable, le titre d’entrée est imparable et des titres comme « if you don’t get what you want » (ma préférée), le titre eponyme ou encore « sun ra » sont enchantresses, les perles de l’album pour ma part. Bref autant dire que cet album m’a beaucoup plu et m’encourage très nettement à me pencher sur le reste de leur discographie. 17/20

  2. fewz says:

    dEUS, j’ai pas encore écouté cet album mais j’ai écouté leurs précédents et c’et excellent!

  3. Hoover77 says:

    Clairement un des albums de l’année pour ce qui me concerne. Une surprise en plus, vu que je découvre leur univers avec cet album. Une classe certaine, pas de mélodies faciles comme le dit Neurotool mais pourtant beaucoup de titres imparables (j’avoue un faible pour What we talk about pour ce qui me concerne)…

    En plus un groupe impeccable en live, où l’album prend une autre ampleur joué de manière plus abrasive.

    17/20

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