Red Harvest

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Annee de sortie: 2010
La première fois que j’ai entendu parler de Red Harvest, c’était à la sortie de leur album Sick Transit Gloria Mundi. Un obscur magazine dédié au death/black avait ajouté sur son sampler la chanson « AEP ». Ce fut pour mon cerveau un véritable électrochoc métal indus, impatient j’ai vite couru chez mon disquaire pour me procurer ce disque. A l’écoute du morceau « Godtech », je savais que je tenais un des groupes qui continuent encore, à l’heure actuelle, à donner un sens à ma passion, à notre passion commune… la puissance de la musique !!! Red harvest synthétise tout simplement les courants musicaux que j’aime. Chaque album a son univers. Ils peuvent nous balancer à la gueule un titre dark ambiant de plus de 10 minutes (l’album Hybreed et ses magnifiques interludes). L’instant d’après se transformer en panzer death mécanique terrassant tout sur son passage, sans oublier de nous glisser des parties organiques que Godflesh, Neurosis et Co ne renieraient pas.

Pourtant l’histoire commença mal…
J’ai attendu avec impatience que le groupe joue sur Paris. Attente relativement courte car Red Harvest accompagnait 1349 et Aeternus sur une tournée Européenne. Le rendez vous fut pris à la petite loco en novembre 2003. Malheureusement, Red Harvest n’a pas pu jouer ce soir là !!! Déçu, je me rendis au merchandising pour rencontrer les membres du groupe. Au stand j’arrive à rencontrer Thomas le bassiste et Kjetil le guitariste. Ils m’expliquent alors les raisons devant une bonne bière. Ils avaient eu un problème technique concernant la prise en charge du clavier et décidèrent de ne pas jouer. Les Norvégiens voyant mon visage se décomposer lentement, m’invitèrent gentiment à leur live deux jours plus tard au Jardin Moderne à Rennes. Deux jours plus tard, après mon taf je pris la route en direction de Rennes. Stressé, je bossais le lendemain à partir de cinq heures du matin, j’arrive tant bien que mal à la salle. Une petite bière, hop un petit tour pour prendre la température et discuter zique !!! Surpris je vois des grandes affiches blanches accrochés sur les murs avec les inscriptions suivantes : « Norvégiens bons à rien !!! ». J’arrive à choper l’organisateur du concert visiblement très en colère. La chance était encore avec moi, le live n’aurait pas lieu. Furieux je prends le numéro du manager inscrit sur les affiches (à mon avis ce soir là, il a du être heureux d’avoir un portable  !!!). Je repars furieux et je repense aux 800 bornes que je me suis tapé. Et puis merde je reprenais le boulot dans quelques heures !!! A ce moment j’ai eu une réaction conne, je n’avais qu’une seule envie : c’était de balancer mon squeud et de ne plus jamais vouloir entendre parler d’eux. Le lendemain, bien crevé, je décide d’envoyer un mail vindicatif à Thomas pour avoir des explications. Sa réaction a été plus intelligente que la mienne, avec une gentillesse sans pareil il tenait à s’excuser au nom du groupe et m’expliqua les raisons de leur annulation. Depuis cette histoire on n’est devenu amis, je lui envoie régulièrement des sqeuds pour lui faire découvrir la scène française (il a récemment adoré le dernier Gojira), et lui fait de même de son côté en m’envoyant des tueries norvégiennes et en m’invitant au mois de janvier dernier à Londres (là ils ont bien joué avec Grimsfist, Enslaved et Arcturus) !!! Depuis cette histoire, dés qu’ils font un passage en Europe, j’ai le plaisir d’aller les écouter. Mais surtout de me retrouver avec Thomas devant une bière pour discuter de notre passion pour la musique…

Dernièrement, je me suis rendu avec jonben à la locomotive pour assister à leur live en compagnie de Arcturus. Nous nous sommes entretenus avec Thomas, bassiste, et Kjetil, guitariste du groupe, sur les début du groupe et nous avons profité par la même occasion de faire le point sur leurs futurs projets.

Vous avez débuté Red Harvest il y a un moment maintenant, mais le groupe est resté à une notoriété assez confidentielle, quel est votre état de notoriété en Norvège?


On est loin d’être des des stars dans notre pays, on fait des concerts surtout dans les grandes villes, dans des petits clubs, généralement une série de quelques concerts quelques fois par an.


La musique que vous jouez est vraiment personnelle et plutôt exigente pour l’auditeur, vous êtes des pionniers de la jointure de plusieurs styles assez extrêmes, le metal d’un côté, le côté industriel de Godflesh et les mabiances apocalyptiques de Neurosis.


Je pense que c’est assez dûr de nous caser dans un style pour ça. Nous avons commencé en tant que groupe de thrash en 1989, notre influence principale était Slayer, ensuite nous avons ajouté une approche industrielle à notre musique puis des ambiances plus atmopshériques. Cela fait peut-être seulement 5 ans seulement que nous nous sommes un peu près stabilisés, que nous avons trouvé notre style, un style qui nous plait vraiment qui mélange approche organique et industrielle. Les gens aiment donner des noms aux styles qu’ils écoutent mais ont souvent du mal à nous cataloguer.


Un fait qui reste constant dans tous vos albums, c’est l’agressivité quasi-constante de votre musique, vous n’avez jamais perdu cette rage depuis vos débuts.


Notre musique est un mélange de personnalités et de perceptions différentes de la musique mais à chaque fois que nous nous retrouvons, il est vrai que ce qui en ressort garde cette violence constante. Je ne peux pas te donner de raison précise… il est peut-être difficile de jouer des choses gaies dans l’hiver froid et pluvieux norvégien.


Qu’est-ce que vous pouvez nous dire de votre dernier l’album?


Nous l’avons enregistré à Oslo dans le studio de notre ancien ingé son, Larz Klokkerhaug, puis il a été mixé à Gothemburg par Fredrik Nordstrom. C’est un bon pote, et il est également très professionnel. On a eu un bon prix car on a inauguré son studio, on est la première production qui ait été faite là-bas, donc on a pu utiliser plus d’argent pour avoir le temps d’assurer un son optimal à l’album.
Pour le mix on a envoyé ça a Fredrik pour avoir une vision nouvelle de notre son, pour essayer quelque chose de différent de d’habitude, on s’est moins impliqué nous-même dans le mix. On est vraiment satisfait du son au final, c’est vraiment le son qu’il nous fallait pour cet album, plus clair mais en même temps plus puissant, c’est la production la plus « metal » que l’on ait jamais eu.


On voudrait revenir avec vous sur le meilleur selon nous de votre discographie, est-ce que vous pourriez nous dire quelques mots sur chaque album qu’on vous citera :


Hybreed (1996) : c’est sûrement notre album le plus varié, le plus atmosphérique, c’est le premier sur lequel on ait vraiment expérimenté, ça a été un album très important dans la création du son Red Harvest, celui qui nous a donné le courage de pousser plus loin l’expérimentation. A cette époque, le black métal explosait en Norvège, on n’entendait parler que des églises qui brûlaient, et on a préféré s’éloigner de tout ça, de partir dans une direction complètement différente, vers des atmopshères, des couches profondes et sombres. Dommage par contre que la production n’ait pas suivi, on aurait pû faire beaucoup mieux.

Cold Dark Matter (2000) : Le 1er album sur Nocturnal Arts, il est plus axé sur l’énergie brute, plus sale, il est loin d’être parfait, sonne assez rude mais c’est l’album qui a permis au groupe d’avoir un nouveau label, qui a redonné de l’énergie au groupe. On avait beaucoup de problèmes avec nos anciens labels, ils ne s’occupaient pas du tout de notre promotion donc ça a été un soulagement de signer sur Nocturnal Arts

Sick Transit Gloria Mundi (2002) : je trouve que les morceaux de cet album sont très forts, il y a beaucoup de mélodies, on a vraiment tous participé à la composition de celui-là et ça se ressent, c’est plus le travail d’un groupe. C’est l’album qui nous a vraiment donné un son professionnel aussi, il sonne exactement comme on voulait qu’il sonne quand on était en studio. C’est aussi un album qui s’est bien vendu et ça fait plaisir en tant que groupe d’avoir la confirmation que ce que tu fais intéresse les gens. Je dis pas qu’on en a vendu des millions mais ça nous a bien remonté le moral, c’était une bonne période. Sick Transit Gloria Mundi est l’album dont on est le plus satisfait. On aime beaucoup le dernier également mais celui-là a été le 1er album dans lequel on s’est tous sentis vraiment impliqués, ça a été une étape supplémentaire vers un état plus professionnel.


Vous avez fait une reprise des Ramones, comment est-ce que c’est arrivé?


(lol) On nous a proposé de le faire pour une compile scandinave. On n’était pas très intéressés au départ, c’est trop rock n’roll pour nous, c’est à l’autre bout du spectre musical par rapport à ce que nous faisons d’une certaine façon mais ça a été une bonne expérience au final, c’est devenu un challenge. Leur musique était très simple et on a pas voulu être trop fidèle à l’original, on a voulu garder le côté direct des Ramones mais en y incorporant les éléments caractéristiques de notre son. Le plus inattendu dans ce morceau c’est la voix, qui est différente de ce qu’on a l’habitude de faire, plus mélodique.
En fait cette reprise a été plus difficile que si on avait par exemple dû reprendre du Ministry


Vous avez enregistré un concert récemment où vous jouiez avec Arcturus, qu’en adviendra-t-il?


Oui, dans une bonne salle avec un bon public en Norvège. On a encore rien vu mais ça devrait bien sonner, on a eu l’impression de bien jouer. Je ne sais pas exactement ce qu’ils vont faire avec, ça ne sera pas un DVD spécialement pour cette occasion mais ça finira sûrement sur un DVD bonus sur le prochain album. Pour lutter contre le téléchargement de la musique, c’est important de créer un objet vraiment particulier.


Au sujet de Season of Mist, êtes vous satisfait d’être sur ce label français?


J’espère que le fait qu’il soit situé à l’extérieur de la Norvège leur permettra de promouvoir le groupe de manière internationale, du moins en Europe, plus efficacement. On a jamais joué dans ce groupe pour être des stars ou gagner de l’argent mais ça nous donne de la motivation de savoir qu’on est écoutés et le fait d’avoir plus de budget nous permet de nous concentrer plus efficacement sur la musique. J’espère en tous cas que ça nous permettra de revenir plus souvent jouer en France!

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