Aabsinthe – The Loss of Illusions

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Style: death atmosphériqueAnnee de sortie: 2005Label: Autoproduction

Pas une mince affaire que cette chronique. Pas que l’album soit mauvais… En fait c’est plutôt le contraire. The Loss Of Illusions est en effet un bon album. Il l’est d’autant plus lorsqu’on sait qu’il s’agit du premier album de ce jeune groupe stéphanois, et qu’il s’agit d’une autoproduction.

Petit HS : Quand je pense qu’un groupe pourri comme Arnocorps arrive à se faire signer, le fait que Aabsinthe n’ait pas de label me laisse plus que songeur.

Mais bref, passons à la description de l’album et c’est bien sur ce point précis que j’appréhendais l’exercice de la chronique, car la description de la musique du groupe ne relève pas de la sinécure. A la croisée de plusieurs chemins, on va dire qu’Aabsinthe c’est d’abord du death, mais un death tellement empreint d’autres influences que ce terme ne peut en aucun cas se suffire à lui-même. De ses débuts très inspirés par la scène de Göteborg, le groupe conserve une énergie et un emballement qu’on retrouve sur de nombreux passages (cf le très brut « Slaves »), mais a préféré prendre la tangente d’un style aujourd’hui largement sur-représenté pour se façonner une identité plus intéressante. Un peu comme un Opeth (certainement une influence d’Aabsinthe), le groupe ajoute en effet une dimension progressive à sa musique, alternant les changements de rythme, d’atmosphère, enchaînant passages rapides et passages plus atmosphériques, où la voix majoritairement death quand même, sait alors se faire plus douce pour accompagner ces montées mélancoliques assez poignantes. « Near Death Experience » est à ce titre assez marquant, s’étalant sur 8 minutes, variant brillamment les plaisirs sans jamais pour autant perdre l’auditeur.

On trouvera occasionnellement un peu de Meshuggah dans les riffs syncopés (« Begging For Absolution » par exemple), mais c’est aujourd’hui une référence à laquelle il est difficile d’échapper et qui a tendance à s’insinuer un peu partout. Qu’on se rassure, à aucun moment cette référence ne devient encombrante, tout au plus est-elle là pour appuyer la puissance de certains passages et leur insuffler un rythme fort.

Le groupe n’hésite pas à se donner une dimension rappelant les ambiances « doom » lors des passages mélancoliques, usant de samples (de corbeaux par exemple), de violoncelles même sur « Absent », « Bleeding Faith », ou encore de claviers au son parfois « orguesque » comme sur « Begging For Absolution » ou « The Silent Agony ». Mais cet appui d’instruments de facture « classique » ne doivent pas faire croire que le groupe entend faire fi de tout modernisme, car il n’en est rien. J’en veux pour preuve quelques traces d’électronique sur « Delirium Tremens » qui m’évoquent à chaque écoute le Twisted Logic d’Atrophia Red Sun, allez savoir pourquoi.

On le voit, les influences qui parsèment ce disque sont légion, et à ce titre la cohérence qui ressort de The Loss Of Illusions est à saluer avec pour témoins les brillantissimes « Near Death Experience » ou « Absent », tous deux titres fleuves, mais tous deux passionnants.

Tout n’est toutefois pas parfait au pays de la fée verte. La voix claire est parfois encore un peu juste, un peu terne (« Absent ») et les effets qui lui sont par moments imposés (chercheraient-ils à masquer quelque faiblesse ?) ne sont pas toujours très heureux, comme sur « The Silent Agony », morceau réussi mais malheureusement un peu plombé par ces approximations vocales.

Le potentiel est indéniable, voilà un groupe qui peut aller loin s’il se donne les moyens de gommer les quelques imperfections qui sont, n’en doutons pas, davantage à mettre sur le compte de la jeunesse. The Loss Of Illusions, qui bénéficie d’une bonne production, et d’un artwork fort joli, est une œuvre recommandable qui ne nous en fait perdre aucune (d’illusion), quant à l’avenir du groupe…

  1. ex nihilo
  2. near death experience
  3. delirium tremens
  4. begging for absolution
  5. the silent agony
  6. frozen tears
  7. bleeding faith
  8. absent
  9. slaves
  10. the great escape
  11. endless fall
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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3 Commentaires

  1. Ellestin says:

    Allez les Verts

  2. fewz says:

    « On trouvera occasionnellement un peu de Meshuggah dans les riffs syncopés (« Begging For Absolution » par exemple), mais c’est aujourd’hui une référence à laquelle il est difficile d’échapper et qui a tendance à s’insinuer un peu partout »

    C’est bien vrai ça!

  3. Monster says:

    Oui mais à la difference de Mes Choux Gras, Aabsinthe n’oublie pas une certaine musicalité en cours de route :p
    Sinon groupe très très très prometteur !!! Faut que je le choppe ce disque d’ailleurs car c’est pas la première fois que je lis une chro elogieuse sur eux et à force d’user les quelques MP3 disponibles…
    J’ai juste tendance à trouver que la voix death ne convient pas toujours à cette musique très atmosphérique. M’enfin, une pecadille ça

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