Gojira + Textures – 01 février 2006 – Elysée Montmartre – Paris

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Ca faisait un moment que j’attendais cette date de Gojira à L’Elysée Montmartre, en fait surtout pour leurs collègue chez Listenable, Textures, même si la perspective de revoir Gojira, en particulier pour leur première date dans une grande salle parisienne m’enchantait également. Pas en super forme, loin de là, je me rend quand même à l’Elysée, une foule se masse déjà devant la salle, qui vient d’ouvrir ses portes.

Je suis vraiment amateur de la musique des hollandais de Textures, dont le 1er album Polars reste un de mes préférés de 2004. Le groupe propose un métal moderne, aux changements de tempos incessants, avec une grande variété de styles de riffs : plans polyrythmiques, death technique, limite mosh parts, mélodies en son clair sur rythmiques saccadées, etc… et ce n’est que parler du côté agressif, car ils ont aussi tout un penchant athmosphérique/mélodique avec chants clairs. Bref assez d’éléments pour en faire un groupe, certes utilisant des éléments connus, mais un tant soit peu original dans la scène actuelle.

Les 6 musiciens mettront un peu de temps à arriver, et se répartissent sur la large scène, puis partent directement sur une intro qui sera apparemment celle de leur nouvel album, Drawing Circles, à sortir le 17 avril. Le son est assez bon, tous les instruments étant assez audible même si le tout manque un peu de cohésion, la voix du nouveau chanteur se détache, assez proche de celle figurant sur leur 1er album, quoique plus puissante et moins aigue. Le groupe enchaîne sur 2 titres bien percutants de Polars, les riffs saccadés tordus et cris hardcore se succèdent, pour ensuite se lancer dans la pièce maîtresse de leur 1e album, « Polars », long morceau de 18 minutes qu’ils entrecouperont sur scène avec un nouveau morceau « Stream of Consciousness ». La 2ème partie du morceau voit un revirement salvateur de la musique du groupe, qui après plus d’un quart d’heure de hargne se lance dans un passage atmosphérique de plusieurs minutes sur lequel se posent les 2 voix claires en harmonie du chanteur et d’un des 2 guitaristes. Il faut avouer que le chanteur ne maîtrise pas encore totalement ces voix claires, mais le rendu en est quand même des plus correct, explorant des lignes mélodiques fameuses, peu habituelles, sans répétition comme pourrait l’être un refrain.

En tous cas, la fin de Polars était pour moi un des meilleurs passages du concert. Un des points forts du groupe est l’ouverture dont ils font preuve, n’hésitant pas à explorer tout le spectre musical, du plus extrême au plus calme. Qui, découvrant le groupe en concert, s’attendrait à une accalmie planante et des voix claires bien pop au bout de 3 morceaux agressifs?

Les morceaux suivant comprendront plus de passages chantés, le « Swandive » final étant le morceau que le public devait le mieux connaître, étant en écoute sur leur site. Vu la musique du groupe, ses rythmes décalées et ses changements de tempo fréquents, le public paraissait un peu déstabilisé et spectateur mais les premiers rangs bougeaient quand même et Textures furent bien applaudis entre les morceaux. Les musiciens en tout cas se démènent sur scène, loins de rester immobiles. Le claviériste n’est pas toujours très présent dans la musique du groupe, son rôle s’affirmant surtout dans les passages planants, mais il n’arrête pas de bouger derrière ses claviers. Même si le chanteur est un peu froid, il tente quelques paroles au public, quelques phrases en français et remerciements, entre les morceaux qui s’enchaînent assez vite.

Il faut avouer la magie n’était pas complètement là, il manque encore un peu de cohésion à leur show, c’est pas encore tout à fait carré ni parfaitement exécuté et chanté mais vu la complexité de leur musique et leur présence scénique au bout d’un album, ils en ont le potentiel. Je suis persuadé qu’ils peuvent atteindre le rendu scénique d’un groupe comme Meshuggah auquel on les compare souvent, qui arrivent à créer une ambiance pesante et hypnotique, mais il faut dire que le challenge n’est pas évident.
Ce concert était tout de même des plus réussis, une qurantaine d eminutes fort agréables, les nouveaux morceaux m’ont carrément plu sur scène, j’ai hâte d’écouter le reste de l’album et de les revoir bientôt… Faut voir que c’était un de leurs 1ers concerts depuis l’enregistrement du 2ème album aussi, ça va tuer dans 3 mois!

Setlist Textures :

Drive (intro nouvel album)
Transgression
Ostensibly Impregnable
Polars (part.1)
Stream of Consciousness (nouveau titre)
Polars (part.2)
The Barrier
Regenesis (nouveau titre)
Swandive

Cette date de Gojira à l’Elysée Montmartre est la consécration d’une tournée française aux nombreuses dates sold-out, ce n’était donc pas étonnant de voir un Elysée quasiment rempli et un public à fond derrière le groupe. Il y a aucun doute sur le fait le public était là pour Gojira, et la fosse ressérée et mouvante en fût la preuve. Le groupe draine un public varié, tous les amateurs de métal imaginables étant représentés, avec une bonne proportion des plus jeunes, les filles étant assez nombreuses.

Le concert commence sur le chant des baleines, puis c’est parti pour 1h30 de gros son, avec une quinzaine de titres tirés de leurs 3 albums, je remarquerais d’ailleurs un « Clone » de Terra Incognita des plus explosifs. Le tout fût très bien comme d’hab’ et tous les gens présents dont c’était le premier concert de Gojira n’ont pû que sortir concquis tant le groupe maitrise l’exercice de la scène et a su démontrer que la taille de la scène ne risquait pas de leur faire peur.

Pourtant on décelait quand même une certaine fatigue du groupe, la perfection à laquelle ils m’ont habitué n’était pas là, que ce soit dans le chant de Joe ou dans le solo de batterie assez quelconque par rapport à d’habitude de Mario. Enfin le groupe était quand même motivé, leur attitude sur une scène de cette taille démontrait leur aisance, à 4 ils ont pris possession de l’espace sans problème. La batterie, montée sur une haute estrade, était éclairée par les vidéos projetées sur l’écran juste derrière, les guitaristes et le bassiste se déplaçaient le long du public, échangeant leur place, et on remarquera surtout un bassiste survolté qui headbanguait à se détacher le cou.
Des 4 concerts du groupe que j’ai vu sur cette tournée, ce concert était le moins réussi. Dommage car beaucoup de journalistes de la presse étrangère étaient venus pour l’occasion, ils ont dû être impressionnés mais si ils étaient venus à Savigny début décembre ils auraient été époustouflés par un groupe sans faille et un un Joe excellent niveau communication.
Le groupe s’arrêtera même ce soir de jouer pendant « Love » à cause d’un problème technique sur la batterie, première fois que je voyais Gojira se planter ainsi, même si ils ont très bien réussi à reprendre le morceau.

Ca m’a étonné, je m’attendais vraiment à ce qu’ils donnent tout pour cette date mais ils n’avaient tout simplement pas l’air 100% en forme. Enfin peut-être que j’ai ressenti ça parce que moi j’étais mort, j’ai eu du mal à tenir tout le concert tellement j’étais malade!

Quand arrive la fin de « To Sirius », le groupe prolonge le riff final assez titanesque pour une durée qui atteindra au moins le triple de l’album, plus de 5 minutes d’une boucle lancinante, qui laissa tout le public estomaqué. D’ailleurs je resterais quelque secondes en plan sans me rendre compte que le groupe a quitté la scène. Il reviendra rapidement pour entonner les 2 derniers morceaux d’un concert bien réussi, seulement un peu décevant par rapport à d’habitude.

Setlist Gojira :

Ocean Planet
Backbone
Remembrance
Clone
Love
Flying Whales
Indians
From The sky
Unicorn
Space Time
World to come
To Sirius

Rappel:
Lizard Skin
The Heaviest Matter Of The Universe

Merci à Khyrian pour les photos!

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 498 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. damien luce says:

    Réellement décevante cette date, je regrette de ne pas les avoir vu plus tôt sur cette tournée!!!

  2. drommk says:

    outaaaaaaaaain, je veux voir Textuuuuuuuuuures !!!

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