Dark Funeral + Naglfar + Endstille + Amoral + Otargos – 17 mars 2006 – Locomotive – Paris

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C’est la petite loco qui nous accueille dès l’ouverture des portes à 17h30 pour cette affiche 75% Black Metal.
18h pétantes, Otargosouvre les hostilités. Malheureusement je ne pourrais pas voir leur show, entretien avec Mr Caligula oblige. Relativement déçu que je suis j’aurais bien été tenté de voir les bordelais en action, défendre leur dernier album Ten Eyed Nemesis , par ailleurs tout à fait convaincant.

Je redescends pour assister à la prestation d’Amoral . Je ne connaissais pas le groupe et le moins qu’on puisse dire c’est que leur prestation ne m’a pas donné forcément plus envie de m’y intéresser. Evoluant dans un style Death/Thrash les finlandais, quoique bien en place, bien mobiles et servis par un bon son, peineront à trouver leur place sur cette affiche de blackeux. Inutile donc de s’attarder plus, 25 minutes plus tard, les ptits gars remballent et laisse la place à la première baffe de la soirée.

Place donc à Endstillequi s’en va frapper un grand coup avec son raw black furibard. Chose qui frappe avec Endstille, tous les protagonistes ne sont pas grimés. Ainsi, seuls le chanteur et le bassiste nous gratifie de war paints des plus….hideux. Le guitariste et le batteur se retrouve donc à visage découvert et, si le premier se fait plutôt discret, le deuxième a une pêche communicative. Remuant, souriant (bizarre pour le style de musique pratiqué mais qu’importe) et parvenant même à headbanguer (et à faire l’hélicoptère) pendant ses blasts, le bougre réussit en plus le tour de force d’être particulièrement efficace. Iblis, le chanteur, se montrera particulièrement loquace entre les morceaux, prenant une voix douce et caressante pour mieux nous écrabouiller avec ses hurlements. Point d’orgue du set des allemands le fameux « Navigator » tiré de leur dernier album du même nom, plongeant la fosse dans une véritable folie furieuse. La retranscription de l’ambiance que l’on peut trouver dans un disque de raw black sur scène n’est pas forcément évidente mais ici on ne peut que s’incliner et se dire qu’on vient de se prendre une sacrée baffe. Il va falloir que Nagflar frappe fort après ça.

La petite loco se remplit de plus en plus pour accueillir les suédois de Naglfarvenu défendre sur scène leur petit dernier Pariah chroniqué par mes soins dans ces mêmes colonnes. Le son est correct sans atteindre des sommets et malheureusement quand ça bourre, ça vire un peu au bordel. Heureusement le groupe saura se jouer de cela et par une présence scénique plutôt amusante du chanteur parviendra même à charmer. Olivius, récemment promu chanteur du combo suédois s’en sort parfaitement bien, sautille dans tous les sens, harangue la foule, nous fait les gros yeux, bref, il semble s’être tout à fait adapté à son nouveau poste. Brassant large dans leur discographie les suédois nous proposerons en dessert le grand « a swar of plagues » malheureusement encore une fois desservi par un son virant vite à la cacophonie, laissant le morceau sans son aspect technique si plaisant sur album. Après une demi heure de show la petite loco se vide et file enfin sur la scène principale afin de voir le clou de la soirée.

Dark Funeralarrive vite et ouvre les hostilités avec « King antichrist » tiré de leur dernière bombe Attera Totus Sanctus . Un constat s’impose immédiatement le son est plutôt moyen, on peine à distinguer la guitare d’Ahriman enlevant au passage une partie de la « technicité » que l’on pouvait sentir sur le dernier album. Dommage !
Deuxième constat le sieur Caligula n’arrive pas à retranscrire sur scène son nouveau style vocal (plus écorché, plus thrash old school) et se contente de nous délivrer des vocaux typiquement black métal. Re-dommage.
Troisième constat les costumes sont à la limite du ridicule avec ces espèces de cuirasses à pointes assez ridicules et des warpaints assez grotesque. Je citerais shaq mol et son faux sang au coin de la bouche, et Caligula bien sur avec son déguisement de squelette qui, à défaut d’être « true black metal warrior » a au moins le mérite de faire sourire.
Quatrième constat qui est en fait plus une confirmation. Matte Modin est tout simplement hallucinant. Alors d’accord sur album on peut se dire que le monsieur il est bien gentil en studio et qu’il n’assurerait pas une cacahuète sur scène. Erreur, non seulement il va vite, mais il va encore plus vite que sur album, se promenant littéralement sur les fusées que sont « 666 voices inside » ou « Attera Totus sanctus ». Certains passages ont même donné l’impression que le reste de la bande avait du mal à suivre le frappeur tellement surexcité. Chose sidérante pour qui avait la chance de le voir, caché derrière son kit de batterie, il sourit, reste totalement impassible sur les blasts furibards et ne semblent à aucun moment souffrir de la vitesse qu’il impose lui-même à son équipe. Incroyable donc Matte Modin, une véritable démonstration de batterie.
Cinquième constat la set-list n’est pas vraiment à mon goût et laisse une place trop importante à mon avis à Vobiscum Satanas et délaissant un peu trop The Secrets of the black art , c’est ballot. Et quand on se décide à nous jouer du SOTBA, outre l’incontournable « My dark Desires » on nous sort un « bloodfrozen » de deuxième choix. Un « dawn no more rises » ou « when angels forever die » m’aurait bien plus botté. Tant pis, on va pas faire la fine bouche.
Sixième constat on a frolé de peu le foutage de gueule intégrale quand Caligula annonce au bout de 25 minutes de show que c’est le dernier morceau « bouhhhh ». Heureusement les rappels seront presque aussi long et finalement le groupe aura jouer à peu de chose prêt une heure.
Septième constat, qui ne m’avait pas sauté aux yeux dans la petite loco mais nom de Zeus que le public était jeune. A tel point qu’on frôlait le grotesque lorsque Caligula s’approchait de la foule et que toutes ces minettes en chaleur se crêpaient le chignon pour le toucher. On n’aurait pas fait mieux à un concert de Lorie. Je m’attendais à un public plus expérimenté pour un concert de Dark Funeral, je me suis retrouvé avec un ersatz de concert de Cradle avec son lot de fan aux déguisement navrant et aux headbang relevant plus du poulet picorant son grain qu’un véritable entraînement musical.

Soirée correcte donc, avec un Otargos que je suis vert d’avoir loupé, un Amoral pas folichon, un Endstille qui a déboité sa maman, un Naglfar qui aurait mérité un set plus long et un meilleur son et un Dark Funeral exhibant fièrement un batteur atomique.

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