Axis Of Perdition – Deleted Scenes From the Transition Hospital

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Style: post black metalAnnee de sortie: 2005Label: Code666

Bienvenue dans l’axe de la perdition. Ce qu’est cet axe dans le monde imaginaire du groupe, je n’en ai aucune idée, mais dans la réalité c’est le nom que porte ces anglais dont le but ici est de créer un film décrivant l’intérieur et l’essence d’un hôpital psychiatrique. Deleted scenes from the transition hospital est un album qui défie les classifications et s’écoute d’un bloc comme si l’on regardait un film expérimental. Il n’est pas possible de passer une plage pour arriver à « la scène que l’on aime bien quand il découpe le type en morceaux ». L’idée derrière un album concept comme Obsolete de Fear Factory ou Operation mindcrime de Queensryche est que toutes les chansons sont composées pour être jouées ensemble et raconter une histoire. Mais ici, pas de narration, juste un ensemble, comme un immeuble, avec différentes pièces ou l’on progresse pas à pas mais que l’on ne peut visiter sans éviter de passer par l’une ou l’autre. Ceci n’est donc pas un album ordinaire et malgré leurs origines black metal ce terme n’est plus vraiment pertinent, tout comme pour Blut Aus Nord, Axis of Perdition fait du Axis of Perdition. Oui, il y a des influences encore notables, notamment le travail de Ulver ou de Mayhem, mais elles ne sont pas apparentes au premier abord et sont même dérisoires quand on considère le contenu dans son entier et non pas par petites touches.

Déjà, pourquoi refuser l’étiquette black metal ? Et bien tout simplement car les guitares saturées et la batterie (électronique) ne sont pas les seules composantes de leur musique. Alors que leur premier album, the Ichneumon method, proposait une sorte de compromis entre Anaal Nathrakh et Blut Aus Nord, ici c’est un pas vers les musiques plus électroniques industrielles qui est effectué. Les différentes sonorités électroniques font partie intégrante de l’album et ne sont pas là pour faire patienter l’auditeur en attendant le retour des guitares et des cris. Oui, j’ai eu cette attitude en écoutant la première fois cet album, mais il faut dire aussi que la différence entre leur premier et ce nouvel album est tellement grande qu’il faut se faire à l’idée que Axis of Perdition ne reviendra pas en arrière à partir de maintenant et que les murs de violences sont dépassés pour faire place nette pour un univers encore plus complexe. Avec ce nouvel album, l’intensité ne baisse pas d’un poil mais le volume se fait moins lourd sans pour autant être moins chargé de distorsion. C’est par contre la puissance de ces effets qui change totalement.

Des passages moins mécaniques font de temps en temps des apparitions : une sorte d’interlude jazz à un moment, comme si on venait de tomber dans le bar de l’hôpital (ou dans le bar de l’hôtel, comme dans « Shining » de Stanley Kubrick), ou des ambiances trip hop à un autre instant. Voila d’ailleurs pourquoi je citais Ulver au début de cette chronique, car tout comme l’immense Perdition city, l’ambition de ces deux groupes est de créer un monde unique dans leurs albums sans se poser de barrières de style. De ce fait, on peut apprécier cet album sans s’être penché vers le monde sulfureux du black metal auparavant et le voir comme une bizarrerie sonore, sorte de musique de film pour une pellicule qui n’aurait jamais été tournée. Et qu’en est il des instants plus metal ? Et bien, sans constituer la moitié de la durée de l’album, ils sont tout de même très présents et c’est pour cela que l’on peut encore voir de grosses empreintes métalliques dans le cheminement de ces anglais. Les riffs me font penser à du Mayhem, joués de la même manière complexe et inattendue que sur le très décrié Grand declaration of War (que j’aime beaucoup). Quant à la boite à rythme, elle crache de tous ses poumons artificielles des rythmiques inhumaines comme le fait celle de Anaal Nathrakh sans chercher toutefois à tout prix la violence. Des séries d’électrochocs, voila ce que sont ces embardées de battements qui renforcent le sentiment de psychose qui s’installe dès que l’on pose son doigt sur Lecture. Deleted scenes from the transition hospital est un petit monde où l’on peut s’attendre à l’inattendu, tout comme dans un jeu video du type Resident Evil où des paysages grisâtres se déchirent pour laisser passer de terrifiantes révélations. On apprécie ou on regarde ça de loin avec mépris, c’est au choix, mais en tout cas le mien est fait. Avec ce nouvel album, Axis of Perdition s’impose encore comme un de ceux qui font évoluer le metal moderne et comme par hasard la révolution vient encore d’Angleterre. De quoi donner envie aux plus suicidaires d’aller visiter Londres histoire de vérifier s’il n’y aurait pas un zombie qui traîne. Avec des visions aussi sombres inspirées par leur environnement on se demande vraiment ce qui peut bien traîner dans les rues la nuit. Remarquez, ils ont bien eu Margaret Thatcher comme premier ministre pendant un temps alors on peut effectivement s’attendre à tout.

  1. deleted scenes 1 : in the hallway of crawling filth
  2. the elevator beneath the walve
  3. pendulum prey (second incarceration)
  4. isolation cubicle 312
  5. etangled in mannequin limbs
  6. this, then is paradise ?
  7. one day you will understand why
  8. deleted scenes 2 : in the gauze-womb of the god becoming

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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7 Commentaires

  1. fewz says:

    l’appellation du genre me plait. Les références aussi. y’a bon!
    pour ce qui est de Thatcher, nous on s’est tappé Raffarin… je crois qu’on fait, au moins, jeu égal…

  2. Florent says:

    Ah ben Ulver carrément pas, mais alors carrément ! Quant à Mayhem, euh…. C’est pas parce qu’il y a de l’electro que faut citer Ulver ;-). Je rapprocherais ça de Blut Aus Nord version The Work which transforms god, ou alors au Red Harvest actuel version Black. Car pour moi c’est du BM, froid, haineux, intense. Effectivement construit comme une BO.
    Album à tiroirs, éprouvant et envoutant.
    Appellation : Indus-Black Metal, pour ma pomme ;-)

  3. fewz says:

    nan mais je parle d’un point de vue politique… je parle d’un point de vue « souffrance du peuple »…

  4. fewz says:

    « je parle PAS d’un point de vue politique »…dsl, le mot a sauté

  5. Hororo says:

    Indus plus pour leur premier album mais beaucoup moins pour celui ci. Je cite Ulver en reference aux nombreuses influences, et dans le domaine du « post BM » c’est le nom le plus evident. Quand a ma reference a Mayhem elle était juste là par association d’idée afin de montrer un peu de quel genre de riffs il s’agissait. Désolé si ce n’était pas clair.

  6. Raph says:

    Je suis d’accord aussi sur ce point, l’influence du groupe Ulver est vraiment évidente sur ce disque. Il n’y a qu’à écouter la piste n°7 et ça saute aux yeux.

  7. Nokturnus says:

    Rolalala, parler de ce groupe et meme pas citer le jeux Silent Hill :-)

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