Metal Therapy Festival 3 – 15 avril 2006 – Le Galaxy – Amneville

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Annee de sortie: 2010

monster : Changement de salle pour cette troisième édition du Metal Therapy qui cette année à lieu au Galaxie d’Amnéville en lieu et place de la salle habituelle de Woippy. La salle géante du Galaxie qui se retrouve toutefois dans sa petite configuration; la scène ayant été grandement avancée. Plus de air-guitar, plus de Happy Tree Friends, plus de stands de merchandising et de vente de disques, plus de gros groupes, plus de tout. Comme chaque année, les portes ouvrent à 11h00 et ne se refermeront qu’à plus de 2h00 du matin. 15 heures de metal, ce qui a de quoi mettre K.O. les plus résistants des metalleux. Heureusement, comme l’année dernière, l’affiche était pour le moins eklektik.
Nous nous devions donc d’y être. Vous comprendrez aisément que pour être plus frais lors des derniers groupes, je suis arrivé au moment où One Man Army And The Undead Quartet montait sur scène et ai raté les groupes précédents : Inhatred, The Arrs, Manimal et Scar Symmetry. Heureusement, super jonben était là dès l’ouverture, et pourra donc vous en parler.

jonben : Eh ouaih, j’étais d’ailleurs venu en priorité pour voir les premiers groupes, ainsi que Sikth, Gojira et Soilwork. Parti tôt de Paris, spécialement pour ne rien louper, je ne suis par contre malheureusement pas rentré dans la salle avant la fin d’Inhatred qui apparemment n’ont pas joué longtemps ni devant grand monde. Dommage, leur premier album m’a carrément plu et le concert que j’ai vu d’eux récemment m’avait assez impressionné. Tant pis, je pense que j’aurais largement l’occasion de réparer ça.

A peine sur place, le temps de faire un vague tour du lieu, The Arrs arrivent déjà sur scène et démarrent en trombe cette journée avec leur metalcore bien thrashy, soutenu par un son puissant. Les compos efficaces du groupe, le jeu de scène énergique du chanteur dreadlockés, feront que le set du groupe passera très vite. On remarquera déjà un très bon son qui avantagera la plupart des groupes de la journée.

Manimal, groupe formé des 2 guitaristes et du batteur de Psykup arrivent ensuite sur scène, en une demi-heure on a droit a une vraie démonstration technique par des musiciens jeunes mais très doués. Le groupe ne ménage que peu d’accalmies dans son metal extrême surspeedé, porté par une rythmique impeccable entre assauts de double et groove puissant, 2 guitaristes sortant riff sur riff sortant de l’ordinaire, d’inspiration death technique ou plus fusion/néo, avec quelques relents Gojiresques bien intégrés, et par un chanteur alternants growls, cris stridents suraigus et chant mélodique langoureux. Je suis assez preneur du groupe sur album mais d’autant plus sur scène, le groupe reproduisant sans peine une musique complexe et originale, ce fut court mais intense et il me tarde de revoir le groupe sur scène.

Je découvrais ensuite Scar Symmetry sur scène et j’avoue avoir été surpris par les nombreux passages plus mid-tempo du groupe, le chanteur passant a un chant quasiment heavy, alors que le groupe pratique majoritairement un death mélodique « à la Soilwork » certes bien fait mais que j’ai trouvé guère palpitant alors que je suis amateur de ces derniers. Le chanteur de Scar Symmetry ressemble d’ailleurs assez physiquement à Speed de Soilwork, grosse carrure, visage poupon, crane rasé, et passe lui aussi d’une voix death puissante à un chant mélodique. Le gaillard se débrouille d’ailleurs assez bien même si certains de ses chants clairs m’ont paru assez banals.

monster : Première prestation à laquelle j’assiste en ce samedi 15 avril 2006, celle de One Man Army And The Undead Quartet. Ces suédois pratiquant un death thrash de tradition ont la chance d’avoir dans leurs rangs comme leader et vocaliste Johan Lindstrand, connu pour avoir fait partie de feu les excellents The Crown. Autant dire qu’avec son nouveau groupe, efficace mais pour le moins banal, on n’a pas fini de regretter The Crown. Bref, tout à fait le genre de set qui ne laisse pas un grand souvenir, ni vraiment mauvais, ni particulièrement bon.

Blockheads monte ensuite sur scène histoire de brutaliser l’assistance de la pire des façons qui soit. Etant donné que, à quelque exception près, le grindcore est un style musical qui me passionne autant qu’un documentaire sur la chasse à la bécasse en Poitou-Charentes, vous comprendrez que j’ai préféré fuir au bar. J’ai quand même pu assister à environ 5 minutes de leur prestation, le temps qu’ils jouent 8 morceaux, pour constater que ces Nancéens savent faire beaucoup de bruit destructeur et que leur « chanteur » sait haranguer la foule. Pour sûr que ces gens là ont du réveiller une partie du public…

…que The Old Dead Tree s’est chargé de rendormir aussitôt. Malgré toutes les éloges faites des disques que nous offre ce groupe français de metal gothic, autant dire que je comprends mieux pourquoi il n’en va pas de même quand il s’agit de parler de leurs apparitions scéniques. Certes le propos n’est pas le même que celui des brutes les ayant précédé, mais quand même, ce n’est pas une raison pour nous offrir un concert avec l’énergie d’un escargot de Bourgogne. Malgré cela, les fans avaient l’air ravis. Grand bien leur en fasse.

jonben : Les nombreux passages au bar aidant, mon attention a quelque peu dévié lors de Blockheads. N’étant pas fan non plus de grindcore, je suis allé me poser dans les gradins. La violence musicale de Blockheads ne m’ayant pas des masses secoué, je ne m’attendais pas à ce que The Old Dead Tree me réveille d’avantage, mais leur set a tout de même retenu mon attention, bien orchestré par un groupe très à l’aise sur scène, sous des lumières magnifiques. Même si je ne suis pas vraiment amateur du groupe sur albums, certains de leurs morceaux donnent assez bien sur scène, d’autres m’ont à vrai dire plongé dans un état d’hébétude dont heureusement le groupe suivant m’a sorti rapidement.

Sikth est un groupe que je suis depuis leurs débuts mais les passages en France de ces anglais ont été des plus rares. Leurs passages au Fury Fest l’année dernière et à Paris en mars de cette années n’avaient pas été très convainquants, ce concert du Metal Therapy le fut déjà plus, le groupe bénéficiant d’un son correct quoiqu’encore imparfait. La musique sans cesse changeante du combo n’est certe pas des plus accessible aux non initiés mais le groupe a réussi à recréer l’ambiance de son album, ses alternances de passages chaotiques très rapides et d’athmosphères plus planantes. Les 2 chanteurs étaient également bien dedans, impressionnants vocalement autant que les musiciens assuraient instrumentalement. On a eu droit a un bon aperçu de la musique du groupe, qui j’espère aura fait quelques nouveaux adeptes français.

monster : Jonben ne tarissait pas d’éloges sur Sikth. D’un point de vue technique, il y a de quoi. Ces gens là, pratiquant un metal moderne progressif rappelant un Dillinger Escape Plan en beaucoup moins brutal, semblent faire preuve d’une totale concentration sur leurs instruments. Pour faire le show, deux nabots hurleurs avec autant de charisme que François Bayroux. Je suis sûr que j’aurais bien plus apprécié leur prestation sans les deux énervants vocalistes. En gros, Sikth joue un metal compliqué qui, à part les initiés, n’a pas convaincu grand monde je le crains.

jonben : On a ensuite eu droit à Dagoba, une des valeurs montantes du métal français, qui a encore une fois prouvé que leur succès n’est pas démérité, le groupe maitrisant la scène, leur musique étant d’ailleurs faite pour le live, ils déballent un gros son puissant et rythmé, mais qui manque quand même à mon goût de variété et de mélodie. Elle ravit en tous cas les plus jeunes amateurs de metal extrême, la fosse étant bien animée tout du long de leur set, poussée par le chanteur assez charismatique quoique pas très fin du groupe. Enfin leur set est vite oublié quand Gojira montent sur scène, pour ce qui sera comme d’habitude une ènième claque. Le groupe a corrigé sa tendance à avoir un son moyen dans les très grandes salles, et nous assènera toute sa puissance ce soir, avec un mélange de titres issus de leurs 3 albums,
tout autant de bombes qui prennent toute leur valeur su scène.

monster : Le temps de partir en quête de nourriture, de cds pas chers, de connaissances égarées dans la nature et je rate Dagoba. Flûte. Heureusement j’étais bien là pour un Gojira qui a tout atomisé sur son passage. Pour bon nombre, ils étaient attendus comme les stars de la fête. On sentait bien qu’en ce samedi 15 avril, le groupe voulait frapper un grand coup. Les membres du groupe frappaient tellement fort avec leurs pieds sur la scène, qu’on se demandait si elle allait tenir sous de tels assauts. En particulier ceux du bassiste Jean-Michel Labadie qui semblait vouloir détruire les planches. Les ayant déjà vu dans une petite salle lorraine en septembre, c’est un véritable bonheur de les voir évoluer sur la grande scène du Galaxie, bénéficiant d’un espace apprentissage pour batifoler sur les planches. Une set-list majoritairement axé sur le dernier album, des baleines volantes en intro et un metal lourd comme Carlos sous cortisone. Pas grand-chose à reprocher à ce show, à part un peu trop de basse dans le mix. Un des meilleurs groupes de la soirée, cela ne fait aucun pli. Frooommm thheeee skkyyyyyyyy

Quelle joie de voir Amorphis sur scène. C’est tellement rare de les voir dans notre beau pays. Les plus anciens fans ont eu droit à des titres du cultissime Tales From The Thousand Lakes, comble du bonheur : les excellents et irrésistibles « In The Beginning » et « Castaway ». Ils nous ont même exhumé « Sign From The North Side » du premier album, si c’est pas du bonheur ça… 50 minutes d’Amorphis c’est bien trop court, surtout quand on dispose d’un répertoire aussi varié. Passant de morceaux death mélodique et atmosphériques à des titres plus folk et à d’autres plus rock prog et accrocheurs (dont les superbes « Alone » et « Divinity ») avec un chanteur passant de la voix claire à des vocaux death avec grand talent. Le nouveau vocaliste d’Amorphis, Tomi Joutsen, sait parfaitement tenir une scène et a beaucoup de charisme. Pourtant, lors des 2-3 premiers morceaux, lui, ainsi que le reste du groupe, ne semblent pas très à l’aise et peu convaincants, faisant fuir une bonne partie du public. Heureusement, les Finlandais se sont bien vite rattrapés pour nous offrir un des meilleurs concerts du festival. Merci messieurs, on espère vous revoir plus souvent dans notre beau pays.

Contrairement à Amorphis, Soilwork n’a pas besoin de période d’échauffement pour entrer dans le vif du sujet. C’est d’ailleurs durant la prestation des Suédois que le public s’agitera le plus. Et que ça pogotte sauvagement, et que ça slamme violemment, et que ça headbangue comme des sauvages. Aucun doute, la musique de Soilwork est parfaitement taillée pour la scène. Björn « Speed » Strid est un sacré vocaliste et performer et Ola Flink, le bassiste fou, amusera le public avec ses pitreries et ses poses clownesques. Mais voilà, le problème étant qu’avec Soilwork, à moins d’être fan, on a un peu l’impression d’écouter toujours la même chose. Personnellement, j’ai tilté sur « Bastard Chain ».

jonben : Toujours la même chose? malheureux tu divagues! :) Je commençais moi-même à sérieusement divaguer après cette journée marathon et l’enfilade de binouzes correspondante. Toujours est-il que Soilwork n’ont pas leur pareil pour me remettre dans l’ambiance et leur set fut des plus réussi, le groupe maitrise de mieux en mieux le live, la présence d’un nouveau guitariste n’ayant aucune conséquence sur l’impact scénique du groupe, celui-ci s’en sortant de façon très pro. Ils enchaineront les tubes tirés de tous leurs albums, portés par la voix et la présence du chanteur.

monster : Le death des Suédois d’Hypocrisy est beaucoup plus varié que le metal de Soilwork, alternant des titres lents et mélodiques à d’autres plus brutaux et ravageurs. C’est cette variété qui fait que les concerts d’Hypocrisy ne sont jamais fatigants, comme celui auquel j’ai assisté durant le No Mercy Festival en décembre à Strasbourg. Cette fois, à Amnéville, la bande à Peter Tägtgren jouait moins longtemps. Je ne sais pas si le groupe était fatigué par une longue tournée ou si c’était moi qui était fatigué par une longue journée, le fait est que j’ai trouvé Hypocrisy beaucoup moins convaincant qu’à Strasbourg en décembre dernier. Moins d’envie d’en découdre. N’empêche que la foule présente a l’air contente, elle, il n’y a qu’à voir l’ovation après le dantesque « The Final Chapter ».

Après une intro grandiloquente, le true Mayhem débarque sur scène. Au grand bonheur des fans du culte De Mysteriis Dom Sathanas, c’est Attila Csihar qui est de retour derrière le micro. N’ayant jamais compris ce qu’un tel disque avait d’extraordinaire et ce que le chant du bonhomme avait de si transcendant, j’étais loin d’avoir envie de sauter au plafond. Pourtant, hormis les immanquables « Freesing Moon », « Funeral Fog » et « Life Eternal », la set-list puisa peu dans l’album culte précité. Elle était même très bien proportionnée entre les différents disques qu’a sorti le groupe norvégien tout au long de sa chaotique carrière. Après « Funeral Fog », le groupe enchaîna de suite sur des morceaux tirés des deux derniers opus avec Maniac au chant : « To Daimonium » et « My Death ». Mais ce qui vous intéresse, vous, c’est de savoir si Attila est meilleur que Maniac sur les planches. Pas besoin de faire durer le suspense, la réponse est non. Certes, Maniac avait de quoi agacer avec ses vocaux dignes de Donald Duck constipé, mais au moins n’avait-on pas l’impression qu’il chuchotait derrière son micro. Il n’y a que quand Attila prend cette espéce de voix grave incantatoire que l’homme se montre réellement intéressant. Il est aussi assez impressionnant quand il s’adresse au public entre les morceaux avec une voix grave d’outre-tombe. Sinon il a une présence scénique digne d’un mollusque. L’homme a l’air de bien s’ennuyer sur la grande scène (sur laquelle il a d’ailleurs failli se vautrer), à l’image du reste du groupe d’ailleurs, des gens semblant très peu motivés par leur affaire. Surtout le bassiste Necrobutcher qui n’a pas l’air très heureux d’être là. Ce fut la même chose pour le public durant cette prestation de Mayhem, à part quelques fans inconditionnels. Reste un son de très bonne qualité pour une prestation en peu convaincante.

Tout le contraire d’un Moonspell qui semble en pleine forme. Fernando Ribeiro dispose d’un charisme incontestable et au moins lui ne semble pas chuchoter dans son micro comme certains. Quel coffre, quelle voix, autant en gueulante black qu’en voix claire il se montre impeccable. Et puis débarquer sur scène en robe de chambre très chic (certains gothiques vous diront qu’il s’agit là d’un manteau de vampire) sans susciter l’hilarité générale, faut le faire. Bref, le grand moment de la soirée c’était bel et bien Moonspell. Ceux qui sont partis avant ont eu tort, tellement les Portugais ont une grande expérience de la scène laissant loin derrière tous les groupes ayant participé à cette troisième édition du Metal Therapy.

Comme leur dernier album Memorial (qui n’était pas encore sorti le jour du festival, ce qui fait qu’ils n’ont joué que « Finisterra » issu de ce dernier) était une sorte de retour à la source du Moonspell sauvage, on a eu droit à nombre de vieux morceaux. On a même eu droit à un « Opus Diabolicum » tiré du premier EP Under The Moonspell. Le menu fut donc composé entre autres des immanquables : « Opium », « Awake », « Mephisto », « Wolfshade », « Vampiria » et autre « Alma Mater ». 1h30 absolument magique avec des rappels qui n’en finissent pas, dont l’excellent « Capricorn At Her Feet ». Vivement l’année prochaine pour une affiche qu’on espère encore meilleure !

jonben : Un bon festival auquel je ne regrette absolument pas d’être allé, on soulignera une organisation au poil, tous les groupes étant passés à l’heure, le Galaxy est très bonne et on ne peut qu’espérer que le festival s’y déroulera également l’année prochaine. Vu le succès de cette année, le public étant assez nombreux, on gage qu’il devrait y avoir une autre édition l’année prochaine, on l’espère aussi éclectique et intéressante. Espérons quand même que la mésaventure de l’annulation d’Impaled Nazarene sous l’influence de menaces d’une association chrétienne d’extrême droite ne se reproduise plus, et que ce ne soit pas le début d’un bafouement plus fréquent de la liberté d’expression…

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Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 496 articles sur Eklektik.

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4 Commentaires

  1. Florent says:

    Bande de nazes z’avez foiré Blockheads….

  2. jonben jonben says:

    A la moitié du fest, j’avais besoin de me reposer, j’étais incapable d’essayer d’apprécier Blockheads.

  3. parisienne.moonlight says:

    bien sympa ce report ;-)
    j’aurais du y aller à ce fest…tsss

  4. biquet says:

    non mais on se fout de la gueule de qui en parlant de sikth de cette maniere ? ecoutes le groupe avant de faire une telle chronique sur un live mortel .. deux nabots avec la presence de bayrou non mais on croi rever . ta raté ta vocation toi . ton report est aussi vide est infondé que certains discours de villepin ( ah ouais je sais faire ca aussi )
    ridicule !

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