Don Caballero – World Class Listening Problem

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Style: math rock intrumentalAnnee de sortie: 2006Label: Relapse

Il paraît que la curiosité est un vilain défaut. Ma défunte grand-mère ne cessait ne me rabattre les oreilles de ce pieu verbiage cachée derrière ses rideaux… Il m’en reste finalement un goût assez prononcé dont je ne suis aujourd’hui que simple victime, je dois bien l’avouer. Tenez, par exemple, cette curiosité aussi maligne soit-elle me poussant à découvrir le dernier méfait de Don Caballero World Class Listening Problem, groupe que je ne connaissais que de réputation. Groupe culte des 90’s, formé à Pittsburgh, signé chez le non moins mythique label Touch and Go Records – qui a bien perdu de sa superbe d’ailleurs mais ceci est une autre histoire – se fendant d’un alliage rock n’hésitant pas à naviguer sur les flots de la musique progressive et noise, ne s’embarrassant en aucun cas d’un chanteur pour mieux mettre en avant un jeu de batterie tentaculaire où la polyrythmie est reine, les riffs tendus comme sur le fil d’un rasoir, sauvages et hypnotiques, bref tout un programme. Quatre albums au compteur, un split en 2001, un retour sur le devant de la scène 5 ans après, son fondateur Damon Che – batteur de son état – comme ultime rescapé de l’aventure. Il nous sort ce World Class Listening Problem, cinquième opus du groupe, une nouvelle équipe à la barre, le tout chez Relapse. L’excitation quasi libidinale des médias autour de cette reformation ayant quelque peu attisée cette satanée curiosité je m’empressai de découvrir la chose… dont je ne sais toujours pas si c’était une erreur ou non. Je m’explique.
Moi qui m’attendait à retrouver le son noise un rien cradingue des productions Touch and Go de la grande époque (et ayant tout de même jeté une oreille sur de vieux morceaux de Don Caballero en prélude) je me retrouvai avec un album certes très rock, mais à la production un rien trop proprette sur elle, pas soft et doucereuse, mais un rien trop gentille et par conséquent pas assez acérée quand à mes attentes. Le sentiment de n’avoir affaire qu’à un rock aux atours très techniques où des musiciens en manque de notoriété se perdent dans un jeu aussi démonstratif que vain pour le simple auditeur en quête d’émotion que je suis. Reconnaissons-le : je n’entends rien à la technique musicale, n’y vois que brumeux théorèmes mathématiques et insipidité émotionnelle. Messieurs les musiciens faites vous plaisir : sortez les sourires en coin, les tomates acides et autres critiques pourries : je ne suis qu’un bâtard aux oreilles en feuille de choux ne réagissant qu’à la sensation de son épine dorsale se dressant, et à l’émotion qui m’envahit. Voilà c’est dit !
Pour autant, ce Don Caballero se retrouvait sur ma platine plus souvent qu’à son tour, et je dois bien avouer que j’ai tapé du pied ou dodeliné de la tête bien plus souvent que mes propos précédents ne doivent le laisser penser. L’appel du groove sans doute. D’où ma surprise… La chose passe du soporifique à l’hypnotique, de l’arrogant au cinglant. Et ça fait toute la différence. D’un coup des morceaux tels que “And and and, he lowered the twin down” et sa suite logique “I agree…No!… I disagree.” me saisissent en plein vol, m’entraînent sur les terres d’un Kyuss ayant rencontré un jazzman. “Theme from bricktop clowns”, “Savage composition”, “I’m goofballs for bozzo jazz” deviennent une suite logique où le rythme maître d’œuvre entre la polyrythmie et la syncope n’en oublie pas de tisser un canevas pour des guitares toutes en tension, incisives et provocatrices. Finalement la production dévoile ses charmes, claire et puissante. Ce rock s’affranchit des dogmes, s’acoquine avec le jazz, rejaillit, se fait nonne alors qu’il est une pute ! Il m’aura fallu quelque écoutes avant de parvenir à ce constat et finalement me poser la question suivante : les émotions ne sont-elles pas la source d’un certain aveuglement ? On pourra bien évidemment invoquer le poids des habitudes. Mais dans le cas Don Caballero qui nous occupe ici, celles-ci auront drapé ma clairvoyance et seule la force de cette musique aura réussit à semer le doute. Belle performance.

  1. mmmmm acting, i love me some good acting
  2. sure we had knives around
  3. and and and, he lowered the twin down
  4. i agree…no!… i disagree.
  5. palm trees in the fecking bahamas
  6. world class listening problem
  7. railroad cancellation
  8. theme from bricktop clowns
  9. savage composition
  10. i’m goofballs for bozzo jazz
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12 Commentaires

  1. Zurb says:

    Un Don Caballero bien différent de ces prédécesseurs, mais tout aussi bon. Pour ceux qui découvrent ce groupe, attardez-vous sur le majestueux « What Burns Never Returns ».

  2. kollapse says:

    Wow en vla une chronique qu’elle est bonne :-). Très bon disque, le 1er du groupe qui m’a franchement plu, le reste de leur discographie m’ayant paru, de prime abord, quelque peu indigeste. Mais il est certain qu’au vu de la qualité de leur nouvel effort, je retenterai une nouvelle approche de leur passé dans un futur proche. ça me fait par moments aussi penser à une rencontre improbable d’un jazzman et de Kyuss ^^.

  3. pearly says:

    excellentissime album !
    encore une des grandes sorties de ce mois ! musique alambiquée, mais incroyablement humble

  4. shaq says:

    Me voici bien alleché ! J’espère seulement ne pas me sentir perdu comme à l’écoute du dernier Dysrythmia qui, à force de tourner entre les oreilles, fini par être extra (comme l’huile d’olive), mais qui est franchement difficile d’approche. Comme le dit en substance Neurotool, les émotions doivent primer sur la virtuosité, mais si ces deux là s’entendent, aïe aïe aïe !

  5. nolass says:

    – « mais qui est franchement difficile d’approche. » :
    Je crois que pour Don Caballero c’est un peu ça !! Perso’ j’ai eu du mal à m’y faire à ce World Class Listening Problem (malgrès que je sois un très grand fan de ce style de musique et que je connaisse Don C. depuis un bon bout de temps … Un album vraiment bien reussis dans l’ensemble,mais c’est claire que l’approche est assez dure et douteuse…
    Malgrès ça,je dois quand même avouer que les tournures guitares/batterie sont à en chialer par terre !!! Très très bien tourner et alambiquer… On sent vraiment que les mecs ont un sacré vécu, et ça , y a pas à chier !

  6. Hallu says:

    Déçu par leur retour, un rock instru trop quelconque, un son pas assez organique, même si je suis content de retrouver Daemon Che. En tous les cas, ne justifie pas tout le foin qu’en fait Relapse autour.

  7. Crusto says:

    Hallu, la science infuse, l’exactitude incarnée, la parole divine et la verité universelle
    Amen

  8. Hallu says:

    Je donne simplement mon avis connard.

  9. fewz says:

    wouah, j’adore l’ambiance dans les comments! :p

  10. Crusto says:

    T’as fait mieux comme commentaire Hallu, je suis déçu

  11. shaq says:

    Ecouté et approuvé !
    Bien plus abordable de Dysrythmia, avec un petit quelque chose de Tortoise (sur palm tress ou le morceau titre par exemple) qui me fait forcement tilter.
    Merci pour cette découverte !

  12. Devin says:

    Pas convaincu du tout, on est loin de 2 et de What Burns never Returns. Pas de déception à proprement parler parce que je ne suis pas accro du groupe mais booooooooooooooooooooooofffffffffffff……

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