Asva – Futurists Against the Ocean

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Style: doom drone ambientAnnee de sortie: 2005Label: Mimicry

Asva est un all star band du doom/drone. En effet, ce n’est rien de moins que Dylan Carlson d’Earth qui tenait la guitare du groupe à ses débuts. Mais Asva c’est surtout maintenant le projet d’ex Burning Witch et d’un ancien membre fondateur de Sunn O))). Le groupe n’a donc pas forcément besoin d’autres références afin de trouver son public. Je dis « forcément » car Asva, bien que gardant des éléments propres à ces formations/ce genre, s’en écarte de très belle manière. Leur musique n’est pas (que) ultra saturée, ultra massive, sombre et claustrophobique… Elle conserve la lenteur, les longueurs mais exacerbe grandement le côté rituel, la rendant alors personnelle au point de rendre superflues presque toutes comparaisons.

En effet, les guitares plombées et sous sédatifs sont atténuées et allégées par des claviers (orgues Hammond notamment) qui nous amènent alors tout droit vers un psychédélisme hérité des années 70. Le temps se retrouve distordu à l’écoute de ce disque. Il s’allonge encore et encore pour s’étendre tel un chemin tortueux. Un chemin semé d’embûches, de rencontres insolites, menant vers une destination non identifée.

On va en avant, on revient en arrière, on stagne, on s’enfonce, on tombe et on s’éloigne de toute réalité pour finalement se rendre au bal masqué tendance métalleuse du chapelier fou d’Alice au Pays des Merveilles. Un bal masqué où le chat malicieux flirte avec Catwoman qui n’a pas oublié de ramener avec elle la noirceur et l’obscurité de Gotham City. Un bal masqué se transformant peu à peu en messe obscure, théâtre d’incantations ésotériques et sans fin.

Pour ma part, je trouve que l’enchaînement de « Zaum, Beyonsense » et « Fortune » est particulièrement « efficace » au niveau de l’ambiance, notamment par le doute (forcément instable) qu’il installe et l’orageux nuage qu’il parvient à faire plâner au dessus de l’auditeur. Je préfère d’ailleurs les deux derniers titres aux deux premiers. Non seulement parce qu’ils laissent carte blanche à la voix troublante de Jessica Kenney mais surtout parce qu’ils demontrent toute l’originalité magnétique de ce groupe atypique qu’est Asva.

Un album difficile d’accès, qu’on peut à juste titre trouver chiant… mais qui se révèle être fort intéressant une fois qu’on a réussi à se faire absorbé, et/ou une fois que l’on a soit même absorbé quelque chose. Si à cela vous ajoutez un superbe digipack, vous avez là un objet qui vaut largement le détour et une expérience à tenter immanquablement.

PS: on pourra trouver la note sévère mais je la trouve justifée étant donné l’ennui profond que m’inspire la deuxième piste, piste qui gâche quelque peu l’écoute. (une chanson gênante sur quatre ça fait beaucoup quand même).

  1. kill the dog, tie them up, then take the money
  2. zaum, beyonsense
  3. fortune
  4. by the well of living & seeing
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7 Commentaires

  1. xavier says:

    Assez d’accord avec la chro. La 2ème piste est un peu inutile mais l’enchainement « fortune » & « by the well… » est vraiment monstrueux. Ce dernier titre justifie à lui seul l’acquisition de cet objet. Et surtout, ne vous arrêtez pas aux premiers morceaux, ce disque nécessite d’être écouté en entier pour être vraiemt apprécié. Sinon oui, vous allez le trouver chiant.

  2. kollapse says:

    C’est le typique genre d’album-trip, soit on rentre dedans et c’est une expérience pour le moins unique, soit on est imperméable à leur drone ambient et on se fait chier pas possible. A ecouter après absorbtion de certaines substances celà peut aider c’est vrai…Sinon, dans le genre, un excellent album, le duo de fin « fortune » – « by the well » vaut clairement le détour. 17/20

  3. damien luce says:

    Du même avis que Kollapse
    Mais :
    « A ecouter après absorbtion de certaines substances celà peut aider c’est vrai »
    Perso moi je n’en ai pas besoin et je rentre parfaitement bien dans l’album, ce genre de phrase me gonfle à la longue !!!
    18/20

  4. kollapse says:

    Je dis bien : « ça peut aider », ce qui veut dire que sans ça, ça peut aussi le faire. La plupart des fois où j’écoute ce skeud je suis clean ;-)

  5. Kieron says:

    Très bonne chro pour un bon très bon album

  6. inthese says:

    Mon disque de drone préféré (le seul?), l’ajout de voix et de ce foutu orgue font gagner à cette « musique » une aura mystique et ténébreuse hallucinante. grandiose. à écouter à fond les ballons.

  7. matstriker says:

    Eh y’aurait pas aussi Trey Spruance, le génial guitariste de Mr Bungle sur ce disque?

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