Fear Of Eternity – Spirit of Sorrow

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Style: black metal déprimantAnnee de sortie: 2006Label: Moribund

La peur de l’éternité. Doux jésus que voilà une phobie susceptible de donner le vertige aux âmes fragiles en proie à des angoisses irrationnelles et nobles. Mais que le maître d’oeuvre de ce one-man-band italien se rassure, cette éternité à laquelle, peut-on supposer, il aspire tout de même un peu en nous gratifiant de ses créations le torture bien inutilement tant sa musique est vouée à l’oubli le plus immédiat et salvateur.
J’ai réellement cru à un fake né de l’imagination drolatique d’un amuseur cherchant à pointer du doigt une tendance actuelle du black à mettre en scène une complainte pseudo névrosée en oubliant les forces négatives et malsaines sensées fournir le terreau originel. Que nenni, tout ceci est tout ce qu’il y a de plus sérieux. De plus grave même, puisqu’un rapide tour d’horizon des titres des 8 hymnes à l’aspect-pas-sympa-de-la-vie-non-sérieux-des-fois-c’est-trop-dur dresse un tableau peu avenant.

Car nous tenons là, cher public, ni plus ni moins que la grandiose bande son d’une comédie musicale de l’extrême. Et je n’utilise le terme « extrême » qu’à cause de la voix black car pour le reste c’est Soupe Land, synthé violon Bontempi (pour nous) premier prix chez La Redoute, guitare on ne peut moins agressive, boites à rythmes programmées par mamie Jeannette et compositions mièvres à n’en plus finir.

On se dit que le 1er morceau a sans doute loupé de peu le coche pour agrémenter la bande-son du jeu Castlevania. Et puis arrivent les « cordes » et là on plonge dans l’ambiance que seuls les restaurants thaïlandais savent nous faire pénétrer grâce aux douces ballades dont leurs compatriotes ont le secret de fabrication. A Torrent In My Veins n’épargne pas l’auditeur et le plonge violemment dans la noirceur dramatique digne des chutes de studio du dernier Obispo. Se croit-on à l’abri la dernière note jouée qu’on franchit une porte dans l’espace-temps lorsque retentissent les accords du bien nommé Atrocious Pain : à part d’une version karaoké d’un vieux titre de Michèle Torr, je ne vois vraiment pas de quoi on peut rapprocher cette… chose.
L’art abstrait, et avant lui le fauvisme, ont posé la question de la distinction peinture/ornement décoratif ; ce Spirit of sorrow provoquera à n’en pas douter une querelle ontologique sur la différence entre musique et ambiance d’ascenseur.
Et maintenant si je vous demande quel est le point commun entre Xasthur, Leviathan, Judas Iscariot, Merrimack, Sargeist et quelques gros bourrins tels Meatshits ou Whore, vous me répondez : Moribund Records. On est en droit de se demander si le contrat avec l’italien n’a pas été initié et mené à terme par la petite stagiaire adolescente, fille de la technicienne de surface, au cours de ses 2 mois de présence estivale et sujette à la mélancolie la plus mielleuse dont est capable une créature de son âge.

Si Sartre n’était pas décédé, je serais tenté de lui faire parvenir un exemplaire de ce recueil infâme en espérant secrètement qu’ils nous offre une suite à La nausée.
Ah j’oubliais le petit historique : il s’agit ici du 2ème album et on peut, je pense, subodorer sans complexe que le reste de la discographie, à savoir celui qui le précède et celui qui le suit – car, ô joie, un 3ème sort déjà – est du même acabit.

Après Eros Ramazoti, Toto Cotugno et Laura Pausini, faisons place aujourd’hui à Fear of eternity !

Ps : si quelqu’un connaît dans son entourage une personne ayant sincèrement adhéré à la démarche de Fear of eternity, qu’il le fasse savoir à la communauté scientifique le plus vite afin qu’elle prenne les mesures nécessaires à toutes analyses dont l’humanité pourrait bénéficier à l’avenir.

  1. staring at the dark
  2. a torrent in my veins
  3. atrocious pain
  4. silences fortification
  5. spirit of sorrow
  6. sad dreams
  7. that rainy day
  8. tormented heart

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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9 Commentaires

  1. dark hypp says:

    a écouter au moins une fois…. juste pour rire un peu!

  2. krakoukass Krakoukass says:

    « Et puis arrivent les « cordes » et là on plonge dans l’ambiance que seuls les restaurants thaïlandais savent nous faire pénétrer » –> MDR

  3. Angrom Angrom says:

    Ca donne presque envie d’écouter …

  4. jonben jonben says:

    Dommage, il n’y a pas de mp3 en écoute. :)

  5. kollapse says:

    Kro à pisser de rire (« …boites à rythmes programmées par mamy jeannette… »), j’ai ecouté un titre et c’est effectivement et définitivement ignoble ^^

  6. Shadow says:

    Hell! Ain’t a bad place! Hell is from fear of eternity! » Désolé… :p

  7. So says:

    Ben putain, ça c’est du retour de copie à l’envoyeur comme on en voit peu souvent, et drôle avec ça. Ouais c’est dommage, pas de mp3 pour se faire sa propre idée.

  8. Devin says:

    J’adore ! Non seulement c’est nul mais en plus c’est chiant : « Atrocious Pain » fait facile 10 minutes la première (et dernière) fois qu’on l’écoute.

  9. eddy says:

    mdrrrrrr meme tokyo hotel c mieu que sa……

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