Ocean – Here Where Nothing Grows

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Style: sludge doomAnnee de sortie: 2005Label: Important Records

Le commandant Cousteau, paix a son âme, aurait été plus habilité à rédiger cette chronique que je ne le suis mais les communications avec l’au delà étant ce qu’elles sont, c’est bien moi qui serai votre guide pour découvrir cet album et ce groupe. Pourquoi Cousteau ? Et bien car celui ci aurait été bien plus a même de dire si la musique de Ocean avait beaucoup en commun, ou pas, avec les fonds sous marins qu’il a arpenté pendant une grande partie de sa vie. Moi même j’aimerais bien avoir la motivation pour plonger dans les abysses sous-marins afin de découvrir un peu ce territoire que l’on dit encore trop inexploré par l’homme. Mais après avoir écouté Here where nothing grows je la repousse avec un peu plus de vigueur. Pas uniquement car je n’ai pas les conditions physique pour plonger aussi loin dans la mer mais aussi car je ne suis pas sur d’être aussi dans les conditions mentales nécessaire à supporte une telle découverte. Ah, les conditions mentales, le voilà l’éternel refrain des critiques de disques qui se veulent profonde et complexe. Ce disque est tellement fou qu’il vous emmènera a l’hôpital. Oh la jolie phrase… Sauf qu’avec Ocean, et bien ce n’est pas totalement faux.

Ocean n’est pas un groupe de fou. Ce n’est pas un diable de Tasmanie ou un Bugs Bunny épileptique qui ne sais plus ou donner de la tête. C’est un bête massive et concentré sur une seule chose : Le Noir. L’obscurité la plus profonde jaillit des cordes dès la première note et l’enchaînement des frappes sur la caisse claire et d’étourdissantes explosions de guitares prolongent l’agonie pendant de longs moments. Trois chansons de 20 minutes en moyenne, de quoi vous assommer aussi bien qu’une dose d’opium que l’on fumerait tout au fond d’une grotte avec le seul ronflement du vent contre la paroi comme compagnon. Ocean n’est toutefois pas un groupe expérimental et si des parallèles sont possible avec les druide de l’église de Sunn O))), les moments les plus atmosphériques de Isis (période Oceanic) également. Sauf qu’à l’inverse de Isis qui rayonne de lumière entre des passages plus lourds, Ocean emprunte a SunnO))) cette obsession pour le noir charbonneux pour ne pas laisser le temps à son auditeur de reprendre son souffle.

Tout n’est pas que violence non plus, ce serait bien trop simple si l’on ne faisait que s’enchaîner des riffs et des riffs. On s’habitue bien trop vite aux riffs gras et si il n’y avait que ça, ils finiraient par ne plus se distinguer à vos oreilles. Pire encore, ils deviendraient agréables.
Mais voila, Ocean ne fait pas que dans le riff gras et interrompt son attaque sismique électrique et joue alors avec des passages uniquement dédié a la section rythmique. Pas de solo de batterie à l’horizon, ne vous faites pas d’illusion, Ocean n’est pas un groupe où l’on fait dans la démonstration technique. Les notes s’étirent et dessinent des riffs et des semblants de mélodie à une vitesse pachydermique. Assez vite pour que vous ne vous endormiez pas, assez lentement pour que ce ne soit que fredonnable ou alors seulement au même rythme que les derniers râles d’un homme agonisant. Ce n’est pas très attrayant dit comme ceci mais ça devient beaucoup plus fascinant si l’on aime les expériences complètes et profondes. Le genre de disque que l’on écoute avec le plaisir de voir se dérouler un monde original au fil des secondes mais que l’on a bien du mal a accueillir avec le même plaisir qu’une petite mélodie simple qui vous met de bonne humeur le matin. Il n’y a pas d’heure propice à écouter ce genre de musique, soit vous aimez cela et l’envie vous prend n’importe quand. Soit vous ne supportez pas et vous n’accepterez de rester plusieurs minutes (et encore moins une heure) en compagnie de musiciens dont l’obsession est d’expurger de leurs instruments un marécage sonore aussi dévastateur et profond qu’il est vénéneux et fascinant. Beaucoup de grands mots, encore une fois, mais quand on aime on ne compte pas et il y a de quoi être attiré par un bête aussi étrange qu’elle est rare dans le monde de la musique extrême.

  1. first reign
  2. salt
  3. the fall

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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8 Commentaires

  1. kollapse says:

    Les quelques écoutes de ce disque m’ont fait très bonne impression. En effet, c’est très doom, très noir, i love it. Je me l’écouterai ce soir tiens. Très bonne kro hororo :-)

  2. damien luce says:

    HORORO bien joué, vraiment chapeau bas pour cette chro !!! Enorme squeud, je l’écoute en boucle depuis un moment, le titre le plus convaincant est « the fall ». Quand je l’écoute j’ai l’impression de me retrouver au coeur d’une tempête, attaqué par les anciens du dénommé Lovecraft. Trés grand album, et grosse révelation pour moi !!! A posséder d’urgence !!!

  3. damien luce says:

    D’ailleurs aprés une écoute de « here where nothing grows », je suis exactement comme l’homme (ou l’enfant) gravé sur le cd: épuisé et dérivant entre des vagues monstrueuses.

  4. Shadow says:

    Pareil que damien luce, j’aime vraiment the fall. Je l’ai écouté juste parce que ca s’appellait Ocean. Beh j’ai pas mal fait mon choix j’dois dire :p

  5. Manumal says:

    Question : c’est le même groupe que THE OCEAN ???

  6. Hororo says:

    Non, rien à voir. Les deux albums, « Here where nothing grows » et « Aeolian », sont sortis a peu près au même moment mais ce sont deux groupes différents qui jouent une musique très différentes et ne viennent pas du tout du même pays. Pas de confusion possible, hormis le nom.

  7. kaiser says:

    Puis y a pas à chier, Ocean c’est largement mieux que The Ocean (subjectivité, subjectivité…)

  8. kollapse says:

    Excellent album ! « the fall » est pour moi ausi le meilleur titre de l’album, très trippant. Une longue et lourde agonie mise en musique de manière fascinante, voilà ce que m’inpire ce « Here where nothing grows ».

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