Zao – The Fear Is What Keeps Us Here

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Style: metalcoreAnnee de sortie: 2006Label: Ferret

Un arpège de guitare rappelant presque une mélodie de musique classique se pose pendant quelques minutes, le temps d’une respiration avant l’assaut des guitares et des hurlements débridés. Le démarrage est simple, déjà entendu, mais fait tout de même son effet. A tel point que quand le rythme s’envole et que les premiers cris se font sentir, on ne peut échapper à cette évidence : ZAO a encore son mot a dire en matière de virulence. Presque dix ans d’existence et assez de changements de membres pour faire passer Napalm Death pour un groupe soudé depuis l’enfance, ce septième album est un miracle en soi (ce qui n’est pas si surprenant pour un groupe qui possède encore une identité chrétienne assez prononcée malgré son manque d’engagement dans cette voix) de par sa simple existence. Après tant d’expérimentations au sein d’un même son toujours assez metalcore personne ne serait surpris si ZAO modifiait partiellement, ou même radicalement, sa musique. Or, the Fear is what keep us here, tout en étant encore un album indépendant et très différent du reste de la discographie du groupe, n’est pas une déviation vers une nouvelle route mais un mélange dilué et explosif de toute la rage et du poison de leurs discographie.

Le début dont je parlais en introduction est d’ors et déjà un rappel direct a la montée en puissance de leur tout premier album, Where blood and fire brings reign. La batterie tout en énergie, grâce à son si naturel procuré par la production de Steve Albini, propulse la machine avec la fougue d’un jeune groupe qui aurait bien moins que le quart de l’expérience de ces missionnaires du metal/hardcore. D’ailleurs, pour ceux qui ne serait pas familier de ces vétérans, et ils doivent être nombreux en France, il faut tout de même dire que ZAO n’est pas un groupe de metalcore facilement classifiable. Autant moderne que proche du son old school de la scène holy terror, ces quatre hommes se différencient de la masse grâce à des textes plus humains et plus intimes ainsi qu’une grande variété et une attitude d’ouverture musicale qui rends leurs albums imprévisible. Ainsi, alors que « Killing time till it’s time to die » pourrait être un titre tout simplement bestial, un solo rapide et presque rock and roll fait son apparition après le refrain. Comme ça, sans prévenir. Les habituels refrains mélodique dont est capable Dan Weyandt (et qu’il a aidé a promouvoir au sein de cette fameuse scène ou ils sont devenus de rigueur) sont limités a une chanson, « It’s hard not to shake with a gun in your mouth ». Quand aux mosh part ? Et bien elles sont là mais elles ne forment pas les parties centrales des chansons, et heureusement d’ailleurs car il y a bien plus qu’un peu de violence calibrée dans un disque de ZAO.

Vous avez sûrement du le deviner, je suis fan. Je suis fan, donc mon avis est forcément partial, sûrement un peu plus que quelqu’un qui découvrirait le groupe pour la première fois. Mais en même temps, je pense qu’en tant que passionné, je suis aussi un peu plus difficile a convaincre car biaisé par les écoutes répétés des autres disques. Et force est de constater que depuis mon acquisition de ce nouvel album, je n’ai pas eu besoin de me forcer pour placer l’album dans ma platine. Comparé au reste de la discographie, the Fear is what keep us here est un concentré d’énergie finalement plus uniforme que des disques comme le (self titled) ou le très diverse Parade of chaos mais il ne souffre pas pour autant de redondance. Moins de quarante cinq minutes de violence sans aucun temps mort et aussi sans aucune répétition malvenue, forcement, ça a peu de chance de vous lasser. Surtout quand ont peut autant croiser un riff typiquement hardcore suivis d’un mouvement sur le manche rappelant Dillinger Escape Plan s’enchaînant à un refrain metal, le tout exécuté avec, vous l’avez deviné, une bonne grosse dose de testostérone et d’endurance. Tout n’est toutefois pas affaire de vélocité et il y a des ralentissements dans ce disque, notamment le menaçant « There is no such thing as paranoia » et la conclusion pleine de distorsion de « A last time for everything ». Menaçant est l’adjectif qui reviens le plus ici, mais pas seulement dans l’exécution des musiciens mais aussi dans le contenu des paroles. Jamais encore je n’avais pu lire des paroles aussi gonflées de rage que sur « Pudgy young blondes with lobotomy eyes ». Le climat politique et social des Etats Unis d’Amérique n’aura sûrement pas aidé le groupe a trouver un peu de réconfort. Quelques mots enfin sur la production de Albini, qui a d’ailleurs demandé au groupe si il pouvait produire leur album, très naturelle et essentielle dans le caractère de ce disque. Avec une production plus électronique, nul doute que ZAO aurait sonné comme une machine de guerre digitale. Mais en allant avec une production plus organique il donne à leur son une texture plus humaine et d’autant plus radicale car n’usant pas d’artifices pour combler de quelconque lacune. De défaut, ce disque en possède sûrement pour qui n’aime pas le metalcore ou demande plus de variations au sein d’un même disque pour se tenir en éveil. Mais les amateurs de virulence et d’émotions brutes, eux sauront trouver leur bonheur. De toute manière, si celui ci ne vous plait pas, vous en avez cinq autres pour vous satisfaire.

  1. cancer eater
  2. physician heal thyself
  3. everything you love will soon fly away
  4. it’s hard not to shake with a gun in your mouth
  5. kingdom of thieves
  6. killing time til it’s time to die
  7. there is no such this as paranoia
  8. pudgy young blondes with lobotomy eyes
  9. my love, my love (we’ve come back from the dead)
  10. american sheets on the deathbed
  11. a last time for everything

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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8 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    Zao est clairement un groupe à part dans la scène metal/hardcore. J’ai un peu de mal avec ce nouvel album tout de même, je préfère « the funeral of god », plus posé et digeste à mon goût, et avec une prod plus moderne.

  2. Manumal says:

    AU début grosse déception par rapport à Funeral… mais au fil des écoutes j’apprécie l’album en lui même et il se révèle quand même très bon et surtout différent de Funeral ,au moin zao n’arrete jamais devoluer au fils des albums

  3. GURG says:

    je le prefere largement a the funeral of god qui est trop « classique » meme s’il est monstrueux.
    cette album est une perle de complexité, de melancolie, de rage controlée
    des riffs enormes et entetants, des structures tordues, du dechainement de violence qui annoncent des accalmies salvatrices
    une merveille

  4. GURG says:

    d’ailleurs faudrait un peu arreter avc leur coté chretien tout ca
    ca fait quelques années qu’ils ont arretés de se revendiquer comme groupe de metal chretien, leur foi personnelle n’est plus exposée dans leur musique ni dans leur propos

  5. Hororo says:

    Justement, c’est pour ça que je le mentionne sans en faire un plat. Des membres du groupes sont encore chrétiens mais ils ne sont plus étiquettés comme tel. Cela fait partie de leur « back ground » mais ce n’est pas une partie intégrante de leur musique. D’ou la mention en début de chronique mais pas par la suite.

  6. Zepekegno says:

    Changement de cap par rapport à The Funeral… avec des titres au format moins rock et plus complexes, plus hargneux aussi mais toujours avec ce petit plus qui surprend et qui distingue Zao des autres acteurs de la scène metalcore. Comme ils l’ont dit eux-mêmes, All Else Failed ;)

  7. pearly says:

    bien mais décevant, je le trouve un peu chiant sur certains passages, plus décousu que funeral of god, qui faisait bloc.

  8. melc says:

    perso j’adore et je vais les voir en concert ds pas longtemps :))

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