Genghis Tron – Dead Mountain Mouth

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Rappel des faits, Genghis Tron, sur leur premier EP, était un jeune groupe un peu fou fou avec pour envie de mêler le grind monté sur boite à rythme avec des éléments rap ou pop. Pas de voix clair, uniquement des cris déchirés et gonflés à la distorsion. Et puis des riffs bien cradingue mais qui, contrebalancé avec l’électronique, donnait un résultat qui faisait sourire. Avance rapide et arrivé a l’album ici présent, le constat est alarmant : Ou est la joie ? Où est l’humour ? Ces deux là ont du fuir en voyant arriver les nouvelles chansons, car, une chose est sur, Genghis Tron ne plaisante plus. Pourtant avec un nom pareille on aurait pu croire que … mais en fait non. Constitué d’un trio de jeunes alchimistes sonores, un à la voix, un autre à la guitare et le dernier chevauchant sampler et boite à rythme, la substance ici créée a des atomes crochus avec Converge, Squarepusher et Agoraphobic Nosebleed que l’on aurait mélangés dans un mixer avec des doses différentes de chaque ingrédient pour chaque chanson. Et pour saisir toutes les subtilités de ce disque, il vous faudra être attentif car chaque plages réserve son lot d’imprévus et l’on ne sait jamais d’où la prochaine surprise va sortir.

Car si le premier EP, Cloak of love, était couvert de brisure de rythme du fait des changements de style, et donc de passages plus clairement identifiables, Dead mountain mouth mélange toutes les influences précédemment citées toutes ensemble. Ce qui fait qu’une petite partie pop/électronique sympathique n’est plus mise à part mais est mélangé à un riffs électrique ou à une ligne mélodique émotive, comme par exemple sur la chanson titre. Et là le résultat est … à tomber. Pas accrocheur ou marrant, mais somptueux. Et ce ne sont plus les petits passages amusants qui vous font revenir sur ce disque mais les claques multiples que cause l’écoute du disque. De même, un peu plus loin, sans prévenir, un riff emprunté à Meshuggah vients conclure la chanson « Greek beds ». Et avant que vous ne commenciez à penser que Genghis Tron est devenu un groupe de metal technique, voilà qu’ils vous enchaînent un « Asleep on the forest floor » avec une introduction tout en électronique façon Squarepusher / Aphex Twin. En fait, si il y a un adjectif que j’aurais pus rajouter en introduction c’est bien le terme « progressif ». Sans pour autant être totalement original, du fait de certaines influences qui me paraissent encore trop évidente et donc pas totalement synthétisées, l’album dénote d’une maîtrise impressionnante de chaque instrument pour mieux pouvoir les emmêler dans une bobines de fils et ensuite lâcher un chat fou qui s’amusera à tout mélanger pour en faire un tas méconnaissable mais beaucoup plus intéressant.

Ce qui fait que le seul défaut de ce disque est en fait son avantage. Comme il ne s’arrête jamais trop longtemps sur une même idée, on a tendance à tout oublier de chansons en chansons pour mieux porter l’oreille sur ce qui va suivre. Ce qui fait que, contrairement à l’EP Cloak of love, qui était tout ce qu’il y a de plus accrocheur, Dead mountain mout » est tellement abrasif et varié qu’il oublie ses passages sucrés et moins grave pour se lancer à corps perdus dans une agression subtile mais presque omniprésente. Dommage. Dead mountain mouth est donc un disque qui demande de la persévérance à son auditeur pour que tout lui sois mieux révélé au fil des écoutes. De l’attention donc, pas mal d’attention, et aussi une tolérance envers des genres différents, c’est à dire le grind, le hardcore, les mélodies un peu emo sur les bords, le breakcore et les structures alambiquées. Des genres qui s’opposent bien souvent mais qui trouvent ici des compromis inattendus sous la forme de chansons complexes mais néanmoins cohérentes. D’un groupe qui me semblait parodique, Genghis Tron devient ici une référence dans son propre milieu. Car ou trouvé d’autres musiciens capable d’un tel débordement d’idées ? Dead mountain mouh est pour l’instant un disque assez unique en son genre et l’ont ne peut qu’être déjà impatient de savoir ce que la suite engendrera comme nouvelles expérimentations.

  1. the folding road
  2. chapels
  3. from the aisle
  4. dead mountain mouth
  5. white walls
  6. badlands
  7. greek beds
  8. asleep on the forest floor
  9. warm woods
  10. lake of virgins

A PROPOS DE hororo

hororo Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

hororo a écrit 395 articles sur Eklektik.

4 commentaires

  1. J’adhère.

  2. Un squeud génial, atypique, fou, chaotique bref j’adore !!!

  3. Argh ouais super bon ce disque ! Sa demi heure « d’agression subtile » passe comme une lettre à la poste tant les musicos alambiquent leur musique de manière cohérente et intelligente. Ca fourmille d’idées et on est donc tenu en haleine tout le long de ce skeud imparable et impose d’hors et déjà Genghis Tron comme un groupe unique dans son apporche de l’expermimentation. Une tuerie !

  4. vais écouter ça moi!

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  • kerretta-pirohiabeunz | 31 octobre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Héhé mais pas de problème ! Ravi que ça te plaise ! :)
  • kerretta-pirohiaGueff | 31 octobre 2014
    Kerretta – Pirohia
    C'est carrément très très bon tout ça! Je valide, plussoie et tout ce qui s'en suit :) (Désolé de ne pas avoir de critique plus constructive, je suis juste d'accord :p )
  • slipknot-the-gray-chapter-newCaptain Igloo | 27 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Je ne comprends pas vraiment ce que l'on peut reprocher à cet album, pour peu que l'on apprécie ou qu'on ait apprécié au moins un des albums précédents du groupe ! Ceux qui ont toujours dénigré, détesté le groupe ou simplement le style (moi j'appelle ça simplement du Metal) n'apprécieront toujours pas ! Après plus...
  • bbng-iiiAER | 25 octobre 2014
    BADBADNOTGOOD – III
    Encore des protégés du dieu Gilles Peterson, BBNG c'est la nouvelle vague jazz ayant digéré la pop/le r&amp;B/ l'electro et le hip hop. On pourrait ajouter les australiens de Hiatus Kayote, Snarky Puppy (dans le style plus big bang) et les petits chouchous de Quincy Jones "Dirty Loops"…tout ça sous l'oeil des grands frè...
  • lonely the brave-the days warAER | 25 octobre 2014
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  • slipknot-the-gray-chapter-newDrugzath | 21 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Enfin une tres bonne chronique sur cet album ,pas comme chez nos compères de VS Webzine ;--) .Je te rejoints en tout point sur ce que tu a mentionné .Pour ma part un bon album qui se lasse pas au fil des écoutes .
  • slipknot-the-gray-chapter-newkrakoukass | 20 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Merci pour ton commentaire. ;) Loin de moi l'idée de proclamer que quiconque n'aime pas cet album est un abruti obtus (les personnes visées sont plutôt les couillons qui n'ont jamais aimé Slipknot -pour des raisons souvent basées sur des préjugés ou une haine du so called Nu Metal- et ont toujours craché sur le groupe, ...
  • slipknot-the-gray-chapter-newMths | 20 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Merci de bien faire comprendre que quiconque n'aime pas cet album est un "rageux bas du front", ça fait toujours plaisir. Et si ce n'est pas le message que tu voulais faire passer, je t'invite cordialement à retravailler le début de ta chronique... Je trouve que, dans les titres qui ont été balancés sur le Web, il y a q...