Red Sparowes – Every Red Heart Shines Toward the Red Sun

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Style: epic post-rockAnnee de sortie: 2006Label: Neurot Recordings

Battons le fer tant qu’il est chaud! Every Red Heart Shines Toward the Red Sun est déjà la deuxième parution de Red Sparowes en deux ans, sans compter les splits avec Gregor Samsa et Grails. Une cadence effrenée pour ce groupe logé à l’enseigne Neurot Recordings. Forte d’un premier album personnel et accompli qui lui avait permis de se placer en marge si ce n’est au-dessus d’un bonne partie de la scène instrumentale, l’équipe désormais épaulée à plein temps par Greg Burns compte bien faire valoir ses mérites en tant que groupe à part entière.

At the Soundless Dawn posait un regard pessimiste sur le monde, en pointant du doigt l’action néfaste de l’homme. Every Red Heart Shines Toward the Red Sun semble tourner autour de la manipulation et du matérialisme : la trame du scénario est basé sur la « Great Sparrow Campaign » du « Great Leap Forward » (Grand bond en avant) de Mao Zedong, une mesure qui prévoyait l’extermination de plusieurs milliers de moineaux pour assurer les bonnes récoltes. Bien qu’effective dans un premier temps elle eut pour effet pervers de catalyser les invasions massives de sauterelles.S’en suivit une période de famine et 30 millions de morts..

A la manière de « Alone and Unaware.. », « The Great Leap Forward.. » nous met dans le bain,sans préliminaires. Une ligne de basse tournoyante et quelques secondes plus tard, les guitares font leur apparition.Passé un premier temps en suspension à la beauté désarmante, où pendant un cours instant on croit reconnaître un des panoramas de l’album précédent, les guitares se déchirent et forment un tourbillon qui finit par étouffer sous la saturation. Une séquence plus tempérée mais tout aussi désabusée prend le relai; dans son développement elle percute le thème introductif à l’impact démultiplié par ce qui vient de précéder, ce même thème propulse une explosion grave, salvatrice, rejoint un peu plus loin par un contrepoint mélodique. En plus synthétique : une claque.

Sans opérer un virage à 180° (bien au contraire), les 8 nouvelles compositions résonnent de manière bien plus grave qu’auparavant. Même « A Message of Avarice.. » que l’on pourrait prendre comme une plage de transition, une respiration bienvenue,laissera un goût amer en bouche au fil des écoutes, jusqu’à devenir partie intégrante du travail de sape qu’entreprennent les musiciens. Red Sparowes jouent toujours des contrastes émotionnels avec un grand sens de l’équilibre tant la nostalgie et une certaine forme de mélancolie rancunière monopolisent l’espace, quand ce n’est pas l’apocalypse qui frappe à la porte (« Finally As That Blazing Sun Shone.. », une conclusion qui sent le souffre à des kilomètres).

Les développements harmoniques,relativement imprévisibles dans leurs évolutions, font corps avec les explosions, les saturations, dissonances et autres mélodies improbables comme dans une jungle sonore, meurtrie et flamboyante à la fois. Et lorsque un tel travail en amont se conjugue à des formes fluides, cela donne des morceaux de bravoure comme « Like the Howling Glory… », époustouflant, qui synthétise à lui seul la nouvelle donne.

Les frontières du Red Sparowes 2006 sont difficiles à délimiter. Il a autant d’attaches avec la nébuleuse Neurot qu’avec le post-rock dans tout ce qu’il y a de plus aventureux, même si dans l’esprit on pensera plus à Grails, Tortoise et à la scène post-rock indé des années 90 qu’aux récents Mogwai ou Explosions in the Sky par exemple. A même de titiller les plus blasés, Every Red Heart Shines Toward the Red Sun est un coup de maître qui comblera les amateurs de musiques instrospectives sachant s’accomoder d’une densité instrumentale et d’une originalité très largement au-dessus de la moyenne.

  1. the great leap forward poured down upon us one day like a mighty storm…
  2. we stood transfixed in blank devotion as our leader spoke to us…
  3. like the howling glory of the darkest winds, this voice was thunderous…
  4. a message of avarice rained down and carried us away to false dreams…
  5. annihilate the sparrow, that stealer of seed, and our harvests will abound…
  6. and by our own hand did every last bird lie silent in their puddles…
  7. millions starved and became skinnier and skinnier while our leaders became…
  8. finally as that blazing sun shone down upon us did we know that true enemy…
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18 Commentaires

  1. Ellestin says:

    Devin ftw

  2. Ellestin says:

    Sinon je trouve que ce qui fait la prééminence de cet album sur son déjà excellent aieul, c’est le fait que les parties « low fi » soient au final tout aussi captivantes que les builds. Un album d’une tristesse très pure, en fait.

  3. Devin says:

    Petite connerie de ma part vers le milieu de la chro ‘mais il semble avoir’ n’a rien a faire ici :-)

  4. So says:

    Ah ben ayé elle est accouchée cette chronique ! J’adore cet album, prenant de bout en bout, je m’en lasse pas. Figure parmi les achats indispensables de ma liste.

  5. damien luce says:

    Excellente chro mais je trouve cet album assez mou !!! En fait je ressens la même sensation quand je les ai vu en live, cela m’endors trés rapidement. C’est trés bien executé mais entendu 1000 fois !!!

  6. Devin says:

    ‘Like the Howling Glory..’ , ‘Finally as that Blazing sun’.. du mille fois entendu :o) ? Quant a le trouver mou, il ne l’est pas plus que le dernier Isis qui aura son lot de bonnes chroniques..

  7. XXuK says:

    Achat du prochain mois, c’est sûr…

  8. kollapse says:

    Superbe album ! Meilleur que le 1er à mon sens car plus mature, plus varié et plus « mémorable », il impose définitivement Red Sparowes comme une formation à part et importante du post-rock contemporain. Achat en prévision of course^^.

  9. Ellestin says:

    Il y a mou et mou… :o)

  10. Joss says:

    Ouais y a le bon disque mou et le mauvais disque mou quoi…

  11. Solarfall says:

    Rien à faire, je n’accroche vraiment pas à cette nouvelle vague de groupes post-tout ce que vous voulez, aussi populaires que je les trouve chiants… :o(
    Et sinon, c’est quoi l’histoire derrière ces titres à ralonge ?

  12. Sixtus says:

    Je trouve un petit quelque chose de Pink Floyd sur un des morceaux ….
    Pas vous ?

  13. Devin says:

    Pas plus que dans d’autres groupes mais pourquoi pas.
    @ solar : 1. Tous ces groupes sont quand même bien différents, y’en a pas qui te soulent plus que d’autres? haha. 2. Les titres mis bout à bout résume très vaguement une histoire, voir chro.

  14. Uter says:

    pas mieux que Solarfall , 100 % allergique à ce style de zic :-(

  15. Solarfall says:

    Tope la Uter :o)
    @Devin : ce qui me saoule le plus c’est incontestablement le Steven R Smith d’Ellestin. Indigeste :o)

  16. Head says:

    C’est pas du prêt à consommer ce genre de musique.
    Une bonne dizaine d’écoutes et l’avis se fige : surement pas excellent, mais pas mal de passage de grace absolue.
    15/20, limite 16.

  17. Nikola de Villepin says:

    Excellent album. Pour les fans: il existe un C.D Live officiel enregistré à Stockholm( Avril 06), à tirage limité dispo sur le site NEUROT Records.A bon(s) entendeur(s), salut!

  18. Heimdall says:

    Je suis fan de metal extreme principalement (balck, death , folk ,thrash) ben là j’ai pris une sacrée claque, un putain de chef d’oeuvre musical à écouter absolument………….

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