Green Day – American Idiot

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Style: Pop Punk intelligenteAnnee de sortie: 2004Label: Warner

Green Day… J’en vois déjà sourire et d’autres s’insurger.
Pourquoi parler de Green Day sur Eklektik ? C’est vrai quoi, l’actualité ne l’impose pas, cet album datant de 2004, sans compter que, [mode cliché] c’est bien connu, Green Day est avec Offspring, l’archétype du groupe de punk-rock pour teenagers…[/mode cliché]
Seulement voilà, il me tient particulièrement à cœur de parler de cet album, car c’est probablement l’album qui aura le plus tourné sur ma platine en cette année 2006. Et qui aura du même coup fait voler en éclats mes préjugés sur ce groupe…
Oublions vite le punk-rock bas du front de « Basket Case » leur premier hymne qui a fait d’eux des « stars ». Green Day est aujourd’hui devenu un monstre de la pop punk qui a su se démarquer fortement de ses pairs et de tous les ersatz punk qui saturent les charts américains (les Good Charlotte, Simple Plan et compagnie…).
Comment, me demanderez-vous ? Qu’est ce qui fait de Green Day un groupe à part ?
Tout simplement le fait que le groupe ait vite compris qu’il lui fallait évoluer et sortir des étroits et basiques carcans punk pour évoluer vers quelque chose de plus ambitieux et de plus travaillé, quitte pour cela à emprunter un chemin plus pop.

La meilleure preuve de cette évolution est sortie en 2004 avec cet American Idiot véritable chef d’œuvre (si si j’insiste) qui devrait en toute logique s’inscrire comme une pièce maîtresse de la pop des années 2000. Le secret de cette réussite : une capacité à proposer avec brio sur un même album, des morceaux pop simples et directs complètement irrésistibles comme « Boulevard Of Broken Dreams », « Holiday » ou « Wake Me Up When September Ends », qui côtoient des morceaux traduisant un songwriting plus ambitieux et impressionnant : c’est le cas de « Homecoming » et surtout de l’extraordinaire « Jesus Of Suburbia » qui dépassent tous deux les 9 minutes et qui se permettent de partir dans différentes directions proposant moult changements, mais toujours raccrochés à la structure de départ.
Le tout est emballé dans un concept album qui raconte la vie d’un jeune rebelle un peu paumé au travers de différentes étapes (pour une interprétation –qui vaut ce qu’elle vaut- vous pouvez vous diriger par ici). Evidemment comme c’est souvent le cas dans ce style de musique, le concept est de prime abord centré sur la jeunesse et le mal-être social auquel elle se heurte, mais à travers une lecture un peu plus fine de la chose, on s’aperçoit que c’est aussi un concept qui donne l’occasion à Billie Joe Armstrong et sa troupe d’égratigner la société américaine et de cracher leur rejet de la politique américaine menée par George W. Bush (« American Idiot »). A travers ce nouveau spectre, même les titres de prime abord les plus légers, peuvent dévoiler une dimension revendicative et une intelligence qu’on n’aurait pas soupçonné à la première lecture.

L’album peut donc dans l’absolu s’appréhender de plusieurs façons : on peut d’abord le prendre comme la simple somme de hits et de titres tous plus addictifs les uns que les autres. Cette approche m’a longtemps laissé indifférent, et le fait d’entendre des bribes de « Holiday » ou « Wake Me Up When September Ends » sur les chaînes musicales ou à la radio ne m’a jamais déplu sans pour autant me transcender et me donner envie de creuser le sujet. Pour moi le déclic a véritablement eu lieu lorsque j’ai eu l’occasion d’entendre l’intégralité de l’album en une fois. C’est la 2ème et (à mon avis) meilleure façon d’appréhender l’album : le considérer comme un tout et l’on s’aperçoit alors que son unité et son homogénéité sont assez remarquables. C’est ainsi que l’œuvre révèle toute sa substance, et l’agencement des morceaux joue alors pour beaucoup dans la qualité globale, d’autant que beaucoup de titres sont enchaînés. Cette approche globale du disque est probablement la seule qui permette de prendre conscience de la vraie richesse de l’œuvre. Vous voilà prévenus.

Il est néanmoins évident que si la voix de Billie Joe Armstrong et le style pratiqué par le groupe vous hérissent le poil, vous aurez probablement quelques difficultés à rentrer dans cet album. Mais si jusque-là Green Day vous semblait n’être qu’un simple groupe de pop punk pour djeuns pas dérangeant mais pas forcément intéressant, un bon conseil : oubliez un instant vos préjugés, écoutez cet album de la première à la dernière pièce et voyez si votre jugement ne prend pas subitement du plomb dans l’aile.
Je prends le pari que vous ne le regretterez pas car voilà un album qui finira forcément dans la rubrique anthologik de ce site, d’ici quelques années…

  1. american idiot
  2. jesus of suburbia
  3. holiday
  4. boulevard of broken dreams
  5. are we the waiting
  6. st jimmy
  7. give me novocaine
  8. she’s a rebel
  9. extraordinary girl
  10. letter bomb
  11. wake me up when september ends
  12. homecoming
  13. whatsername
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 890 articles sur Eklektik.

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13 Commentaires

  1. Joss says:

    Je vais sans doute écouter ça. Dans la mesure ou j’apprécie pas mal les deux derniers Sum 41, pas exclu que j’accroche à ce disque…

  2. Monster says:

    Ouhlaaaaaaaa j’ai failli m’etouffer quand j’ai vu l’icone chef-d’oeuvre pour Green Day. M’enfin faut dire que la seule experience que j’ai de ce groupe c’était « Dookie » il y a bien longtemps, que je trouvais execrable… Sinon dans le genre j’aime bien les vieux Offspring… A essayer à l’occase…

  3. mrfred says:

    meme s’ils sont devenus hyper populaires au point de nous lasser, je respecte leur performance, surtout que je les ecoute depuis 95, a l’époque peu de mes amis connaissaient, et maintenant il n’y a pas une personne qui ne connaisse pas!

  4. wakos says:

    Rhaaaa, je me rappel avoir acheté « Dookie » avec mon 1er salaire … comme c’est loin tout ça … par contre, je ne connais pas trop ce « American Idiot », mis à part les single qui passaient à la télé … faudrait que je remédie à cela …

  5. nolass says:

    Il est vrai qu’en voyant ça sur Eklektik, j’ai ris… fortement même !!
    Mais il est également vrai qu’on assimile bien trop souvent des étiquettes et autres clichés même si l’on a horreur de ça sur ce genre de groupes.Je ne dis pas le contraire puisque je le fais avec eux et d’autres, et en y réfléchissant il est vrai qu’il faudrait arreter de juger TROP au 1er abord … on a tendance à créer trop de faussés entre ces groupes, et le milieu « underground », « anti-conformiste » que l’on exploite ou que l’on écoute. Certes il n’y a aucun lien entre ces deux mondes, mais sachons reconnaitre ce qui passe à la télé et partout sur nos ondes, mais qui est en même temps bien fait, bien produit, et bien créer !! Personnellement j’avais jusqu’à présent horreur de ce groupe, mais, POURQUOI PAS essayer de ce coller à cet album, malgrès que le « new-punk » m’orripile. Oui essayons mine de rien de trouver du bon sur nos ondes, pour ma part je me passe du KT Tunstall, qui a vraiment une très belle voix et touchante à la fois … En tout cas bonne chronique, c’est oser, c’est bien :D

  6. Rico says:

    Tient mon petit frére qui n’a pas encore 10 ans a craqué pour un chef d’oeuvre, je ne pensais pas qu’il avait autant l’oreille musicale que ça.

  7. krakoukass Krakoukass says:

    Voilà bien le genre de réaction hautaine comme je les aime… Et oui! Y a pas que les trucs barrés qu’on ne comprend qu’après 1200 écoutes qui peuvent prétendre à laisser une marque durablement…

  8. jéjé says:

    c’est trop drole…encore!encore!encore! bis!
    Merci Krakoukass pour cette bonne blague
    j’ai adoré…j’avais pasbossé mes abdos comme ça depuis longtemps…

  9. Maxime says:

    La musique est pas mal, mais ca manque cruellement d’âme a mon humble avis.
    L’image est surfaite, les clips travaillés pr plaire aux filles et aux anti bush de 14 ans.
    Bon … moi je suis pas sur le coup.

  10. Rico says:

    @Krakou : je ne descend rien du tout avec cette phrase, je dis en gros que je suis surpris de voir un tel album aussi bien noté vu que je ne connais pas l’album mais les gouts de mon petit frere qui adore tout un tas de conneries.

  11. Dedrinelle says:

    On savait déjà que la musique adoucissait les moeurs. Mais ici, c’est apparemment un petit miracle que la musique -celle de Green Day en particulier- a réalisé.
    Agé de 9 ans, Corey George, originaire du Pays de Galles, a été renversé par une voiture, il y a environ 2 semaines. Depuis lors, l’enfant avait sombré dans le coma. Alors qu’il était inconscient sur son lit d’hôpital, sa mère lui a fait écouter sa chanson préférée, American Idiot, extrait du dernier album de Green Day. Moins d’une heure après avoir joué la chanson, Corey a ouvert les yeux et remué ses doigts et orteils.

  12. Neurotool says:

    Pour tirer sur l’ambulance on retrouve toujours les mêmes…

  13. younsse says:

    green day tks pour albuml american idiot

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