From A Second Story Window – Delenda

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Style: deathcore chaotiqueAnnee de sortie: 2006Label: Black Market Activities

De la vague death metalcore s’extraient quelques groupes sympathiques et, bien que les chansons ne soient pas encore totalement là, le talent des musiciens, ainsi que leur potentiel, est indéniable. On comprends très bien pourquoi Metal Blade, en plus de signer the Red Chord, s’est associé avec le label du chanteur, Blackmarcket Activities, pour distribuer les albums de ces jeunes groupes. Original dans leur approche de cet ersatz de death metal chaotique aux structures épileptiques. Mais vous connaissez sûrement déjà la chanson ? Changement de tempo constant, riffs divers et alternance entre divers types de chant. Between the Buried and Me s’est approché de la formule parfaite sur Alaska et c’est au tour de From a Second Story Window de continuer leur progression vers un eldorado où les chansons seront chaotiques mais assez censées pour ne pas être juste des enchaînements de riffs et de mosh parts se battant en duel avec un très fort déficit de l’attention. L’originalité de From a Second Story Window est d’abord les riffs et une voix un peu plus typé death metal, mais alternés avec des textures un peu plus post hardcore (dans le sens large du terme) et quelques passages chantés.

Tout comme Between the Buried and Me sur the Silent Circus et ensuite sur Alaska, une petite ballade emo vient jouer le rôle d’intruse dans cette enfilement de chanson. Toutes les chroniques que j’ai pu lire ne supportent pas cette chanson. La coupable s’appelle « Ghost over Japan », et franchement, c’est un de mes passages préférés sur l’album car, contrairement aux autres ballades emo du genre, le rythme est un peu plus varié et l’utilisation d’un piano à la fin donne une dynamique différente à un album qui ne manque pas de variété. Contrairement à the Red Chord ou Animosity, From a Second Story Window réussit le compromis entre la violence et l’émotion avec des passages clairement orientés vers les gamins qui se bousculent dans la fosse et des émotions moins primaires, et cela sans que les transitions soient scabreuses ou que l’album s’essouffle. Sur une durée assez courte, Delenda propose un mélange qui, tout en étant très, et même sûrement trop, contemporain, se détache de la mêlée grâce a une sincérité et une énergie débordante. Sincère car rien ne varie dans la parodie, chose que je reproche un peu au dernier Between the Buried and Me.

Cet album respire ce qu’il y a à la fois d’agréable et d’incomplet dans un album jugé trop ambitieux. Il se cherche encore, a du mal à tout conjuger, les influences viennent trop facilement à l’esprit et le rattachement à une scène polarise les opinions mais l’effervescence est là et donne envie de suivre le chemin ainsi tracé pour en apprendre plus. Alors que leur premier album ne m’avait pas du tout frappé comme étant digne d’intérêt, Delenda est un pas en avant qui, sans être novateur, s’approprie des idées intéressantes qui méritent d’être développées, comme cette utilisation éparse du chant clair sur des passages très violents, comme sur l’excellent « the Crusher », qui pourrait intervenir plus souvent. Et puis, petite touche anti-conformiste, quand il s’agit de faire du gang shout, ce sont des filles que l’on entend et non pas de grosses voix rauques venant du fond de la salle. Marrant mais anecdotique. Pas comme cet album donc. Les chansons passent, le style ne change pas, mais on note assez de mouvement, de bons riffs et d’idées sympathique pour rester et revenir encore. Delenda n’est pas l’album de l’année, mais c’est un bel effort pour un groupe très prometteur.

  1. acknowledgment
  2. soft green fields
  3. a piece of history written in english
  4. dark waters of thought
  5. oracles and doorsteps
  6. for those lost
  7. the crusher
  8. ghosts over japan
  9. these lights above us
  10. mourning for morning

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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3 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    Ca a l’air bon. Après Architects et bientôt avec Protest the Hero, tu chroniques de bons trucs Hororo.

  2. Hororo says:

    Rooh allé, c’est bien aussi Xasthur.

  3. slyve says:

    Un de mes groupes préférés avec justement les sus cités (BTBAM, She Said Destroy…) le morceau Mourning For Morning (le dernier) est le meilleur, surtout grace au passage double + blast + chant. Joussif!

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