He Is Legend – Suck Out the Poison

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Style: hard rock/metalcoreAnnee de sortie: 2006Label: Solid State Records

He Is Legend est un jeune groupe, comme tant d’autres, passé relativement inaperçu (en angliche on dirait underrated) mais qui m’a vraiment scotché en 2004 avec la sortie d’un EP (8 titres quand même) puis d’un album tous 2 remarquables, osant la confrontation improbable et cohérente entre metalcore, mélodies pop jazzy et gros rock n’roll sudiste couillu, avec tous les types de chant associés.

2 ans après un I Am Hollywood jouissif, voici le nouvel album de ces jeunôts du sud-est des Etats-Unis, qui entre temps ont troqué leur look de minets pour une dégaine beaucoup plus rock n’roll. L’écoute de l’album confirme immédiatement cette inflection dans leur musique également, même si le groupe avaient déjà quelques plans au feeling rock n’roll bien speedés dans leurs sorties précédentes. En fait le groupe a appuyé particulièrement leur aspect « gros son », avec une bonne dose de riffs bourrés à la testostérone et un chant plus arraché. L’évolution depuis le 1er album est notable et c’est pas un mal : grosse basse groovy, riffs stoner ultra-lourds ou hardcore n’roll surboostés façon Everytime I Die forment maintenant le gros de la musique d’He Is Legend… et même les passages pûrement metal/hardcore envoient sec, il n’y a qu’à écouter les mosh parts de fin ultra lourds de « Mushroom River », « Serpent Sickness ».

Bon tout ça s’annonçait sous les meilleures hospices, mais les premières écoutes ont été assez laborieuses pour moi à cause d’un aspect du groupe qui a changé : le chant clair. Pas que l’alternance entre chant clair et hurlé soit biaisée -au contraire ce dernier est mêm plus représenté qu’avant- mais parce que le chanteur du groupe, Schuylar, utilise sa voix claire d’une façon différente d’auparavant, avec un accent crooner nasillard, comme s’il avait perdu une certaine clarté de grain. Peut-être à force de hurler bourré tous les soirs en tournée! Quand on aime bien un groupe, on se focalise souvent sur les aspects qui jurent, qu’on apprécie moins, de leurs nouveaux morceaux et telle a été ma réaction au premier abord, une grosse déception au niveau du chant clair. Même si une écoute approfondie de l’album m’a permis d’apprécier l’album -et il vaut carrément le coup-, je pense quand même toujours que Schuylar aurait pu mieux chanter et composer de meilleurs lignes mélodiques sur quelques passages un peu baclés.

Les autres types de chant, hurlé aigu et growls ultra-puissants sont toujours aussi prenants, même encore plus arrachés. La variété des voix et la facilité avec laquelle le chanteur entonne de douces mélopées puis vomit sa bile de la façon la plus acerbe est clairement un des atouts du groupe. Leur musique passe d’ailleurs continuellement du coq à l’âne, un morceau pouvant commencer sur un gros riff rock n’roll, pour s’appaiser sur un couplet emo/pop pour repartir de plus belle sur un passage hardcore brutal. Je pourrais ici citer « Serpent Sickness » ou « Electronic Throat » mais tous les titres de l’album sont aussi imprévisibles, impossible de se fier aux 20 premières secondes pour deviner par où le groupe va nous envoyer. Les amateurs du groupe auront peut-être du mal à retrouver le He Is Legend qu’ils apprécient mais l’album révèle rapidement de nombreuses perles, dont un « (((louds » final carrément réussi, gros stoner de près de 9 minutes avec une longue intervention d’un chant féminin rythm and blues.

He Is Legend confirment ici qu’ils forment une brochette de musiciens doués et imaginatifs qui ont réussi à ne pas se répéter sur ce second album. Suck out the Poison! est un bon album, énergique et motivant. Enfin tout de même un peu décevant par rapport à l’album précédent mais je l’ai depuis tout de même totalement apprivoisé. Ce groupe est unique et à tester pour tout amateur de musique mêlant éclats d’énergie brutale et refrains mélodiques mémorables.

  1. dixie wolf (the seduction of…)
  2. attack of the dungeon witch
  3. suck out the poison
  4. mushroom river
  5. opening
  6. china white ii
  7. serpent sickness
  8. electronic throat
  9. stampede
  10. widow of magnolia
  11. pot bellied goddess
  12. cannonball hands (the tomato parade)
  13. goldie’s torn locks
  14. (((louds
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. FireCat says:

    Pas aussi bon que I Am Hollywood mais je ne suis pas décu, l’évolution est intéréssante, le groupe est plus brut, plus rock, et plus direct.
    Bon album, « c’est du bon » :)

  2. 2nd° Decapitation says:

    En effet c’est encore du tres bon!!!!Il y a des tres tres bon titres et quelques un un peu plus faible malheureusement…mais l’ensemble reste de qualité!

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