Opeth + Amplifier – 05 décembre 2006 – Elysée Montmartre – Paris

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Opeth gravit progressivement les échelons de la notoriété, et investit à chaque tournée une salle plus grande à Paris. Après les 2 dates de la fin 2005 à la Loco, les voici un an après toujours dans le 18ème mais quelques centaines de mètre plus loin à l’Elysée Montmartre, et le promoteur ne s’était pas trompé, la salle étant quasiment remplie. Cependant quand le trio Amplifier entre sur scène, le public est très clairsemé. Un drap représentant la pochette de Ghost Reveries recouvre le fond de la scène, qui est occupée par le matériel d’Opeth recouvert de draps, mais le trio trouve sa place dans le peu d’espace qui lui reste.

L’album éponyme d’Amplifier m’avait bien enthousiasmé en 2004, avec quelques bons morceaux qui sont autant de tubes même si au final l’album dans sa globalité est un peu répétitif et lassant. La voix de Sel Balamir est assez douce et rappelle fortement celle de Steven Wilson de Porcupine Tree, il a d’ailleurs un physique assez proche -avec tout de même les cheveux plus longs qui lui cachaient à moitié le visage- et un jeu de scène équivalent. La ressemblance s’arrête là car Ampifier pratique un gros stoner rock puissant faisant appel à pas mal d’effets et larsens, Balamir a d’ailleurs devant lui une ribambelle de pédales d’effets, tellement qu’il parait étonnant qu’ils les utilisent toutes en concert. Comme tout power trio qui se respecte, le bassiste est bien présent sur scène et dans le son du groupe, usant lui aussi à profusion d’effets et larsens.
Amplifier est un bon groupe sympa à voir sur scène mais pas encore un groupe exceptionnel, leurs morceaux ont tendance à tourner en rond, les lignes de voix à sonner pareil, et le trio nous fait part de son goût pour le larsen sur la fin d’un peu près tous les morceaux qui finissent en bon bordel sonore dont ils pourraient se dispenser. Cela dit, Amplifier gagne à être connu, et on remarquera qu’Opeth choisissent depuis un certains temps toujours des premières parties étonnantes et éloignées de leur style, les excellentes premières parties des concerts de 2005, Extol et Burst sont là pour en témoigner. D’ailleurs Akerfeld a l’air assez fan d’Amplifier étant donné qu’il portait un de leurs t-shirts.

De toutes façons, la demi heure de la première partie terminée, c’est bien pour Opeth que le public était là. Le groupe draine de plus en plus un public jeune ou pas forcément amateur de metal extrême depuis longtemps, ce qui est franchement une bonne chose, la musique d’Opeth étant idéale pour découvrir le doom et le death. Qu’ils jouent dans des salles de taille raisonnable ou en festival, le groupe se présente toujours de la même manière, 5 suédois chevelus, les 3 guitaristes devant, clavier et batteur surélevés au second plan.
Ils arrivent et démarrent direct par « Ghost of Perdition », premier titre du dernier album qui est pour moi, je le répète sans rire, un des meilleurs morceaux du groupe et rend nickel sur scène. Suivront 8 autres titres tournant tous autour de 10 minutes. Dommage qu’Opeth joue toujours plus ou moins la même playlist, mais on peut aussi comprendre qu’avec des morceaux aussi longs, le groupe ne peut se permettre de ne pas jouer certains de leurs morceaux mythiques sans facher les gens venus les voir pour la première fois. On a donc eu le droit à « When », « Bleak », « Face of Melinda », « the Grand Conjuration », « Windowpane », « Blackwater Park », « Deliverance », excellents titres cela dit mais dans cette playlist seul the « Night and the Silent Water » est un morceau que je ne les ai jamais vu jouer.

Le son global était plustôt correct même si un défaut gachera quelques passages : la différence de volume entre les deux guitares, celle de Peter Lindgern étant noyée, quasiment inaudible par moments ce qui fut plutôt dommageable sur ses solos. D’un autre côté, le son de guitare était ainsi plutôt clair. Au sujet du « nouveau » batteur, depuis l’année dernière Martin Axenrot a vraiment pris sa place dans le groupe et maitrise désormais parfaitement les morceaux, le mimétisme avec les parties toutes en nuances et en finesse de l’ancien batteur Martin Lopez sur album est parfait.

Akerfeld ponctuera les passages entre les morceaux des habituels commentaires, blagouses diverses, piques adressées aux autres membres du groupe, et demandera comme toujours plus de headbanguing dans la salle, un membre du public se fera même remarquer en headbangant « façon helicoptère ». Je parlais au début de la notoriété grandissante du groupe, Ackerfeld en profitera pour faire un ptit discours avant « The Grand Conjuration », ironisant sur le fait que le groupe aurait vendu son âme pour l’argent en signant sur Roadrunner et en choisissant un single si mauvais, pour ensuite affirmer que ce morceau est en fait le plus maléfique qu’il ait écrit.

Opeth est un groupe qui m’enchante à de rares exceptions près en concert, leur maitrise musicale, leur aisance scénique font que chacun d’entre eux est toujours un bon moment passé avec le groupe et sa musique, et même si je les ai vus un bon nombre de fois, j’y retournerai sans craindre la lassitude.

Setlist :

Ghost of perdition
when
bleak
face of melinda
the night and the silent water
the grand conjuration
windowpane
blackwater park

deliverance

Photos de Zoliv et de Khyrian

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. RBD says:

    Ha ben j’ai pas rêvé ! A Montpellier aussi j’ai trouvé que Lindgren était sous-mixé et que ça gâchait quelques solis !

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