Tool + Mastodon – 10 décembre 2006 – Zénith – Paris

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Tool au Zénith en 2006. Bis repetita. Pourquoi être retourné voir le groupe alors que je les y ai vu fin juin dans la même salle, au même prix pas donné, d’autant que ce premier concert de Tool pour ma part n’a pas répondu à toutes mes attentes?

Parce que Tool même décevant reste un groupe d’exception. En plus, il faut dire qu’on en disait tellement de bien, certains s’exaltaient à l’idée de revoir un groupe qu’ils avaient adoré en live des années auparavant (ceci d’autant plus que Tool est un groupe qui s’était fait rare), enfin à force de trop se bourrer le mou avec quelque chose, on peut en être déçu rapidement.

Donc, le concert de juillet fut un peu froid, sans première partie, avec un Maynard peu sympathique et pas vraiment en voix, tout le groupe étant statique et n’ayant pas vraiment l’air de se faire plaisir, expédiant le concert en 1h30. Si on y ajoute le fait que je n’avais pas eu le temps de me remettre du Hellfest dont on était rentrés la veille au soir, et que je m’étais à tord placé sur les gradins, tout ça m’avait un peu refroidi.

Quoiqu’il en soit, je voulais donner une seconde chance au groupe et bien m’en a pris, d’autant qu’ils étaient cette fois accompagnés d’une première partie de taille, Mastodon, un des groupes metal les plus acclamés cette année, et par ailleurs un de mes groupes préférés. A l’arrivée dans la salle du Zénith, je suis surpris de voir un drapeau monumental aux couleurs de la pochette du dernier album du groupe, Blood Moutain, recouvrir le fond de la scène. Quand je dis monumental, ça veut dire de plus de 12m de haut, avec un lettrage mastodon bien visible, histoire que le groupe n’ait pas à se présenter. D’ailleurs le groupe n’eut pas le temps de le faire, profitant au maximum de son temps de jeu sans presque d’interruption entre les morceaux.

Ils arrivent avec en fond sonore le début de « This Mortal Soil », et son riff de guitare psyché au rythme surprenant, puis le temps de prendre en main leurs instruments enchainent sur la suite du morceau. Ils joueront d’ailleurs en majorité des titres du dernier album, comme le laissait présager le décor, avec toute de même un ou deux titres de chacun des 2 premiers. Les morceaux s’enchainent, l’exécution est parfaite et je suis même surpris de l’évolution des chants du groupe, qui donnent plutôt bien en voix claires, à part sur un « Colony Of Birchmen » où l’absence de Josh Hommes se fera cruellement sentir sur le refrain. D’où je suis dans la fosse, le son est des plus corrects, mais malheureusement l’ingé son décide d’augmenter la grosse caisse et bientôt elle devient envahissante. Le batteur est effectivement peut-être un peu trop envahissant à fort volume mais quoiqu’il en soit, ce concert m’a vraiment emballé, surpris même que pour une première partie le groupe ait autant de temps de jeu (3 bons quarts d’heure) et un son correct. Mastodon est un groupe sans réelle surprise sur scène mais les 4 musiciens maitrisent à merveille la retranscription de leur musique complexe et puissante, d’ailleurs même si Mastodon et Tool sont très différents muscialement, on peut facilement trouver des parallèles entre les 2 : gros son, batteur phénoménal, nombreux passages instrumentaux, esprit progressif… et le choix de Mastodon n’était donc absolument pas incongru. Le groupe quittera rapidement la scène après avoir remercié le public, quasiment la seule intervention des 4 géants qui n’ont jamais été très bavards sur scène.

This Mortal Soil
The Wolf Is Loose
Crystal Skull
Capilarian Crest
Colony Of Birchmen
Circly Of Cysquatch
Sleeping Giant
Megalodon
Hearts Alive

Ensuite, ça s’active pour mettre en place la scène pour Tool et il faut dire qu’on aura droit à un show énorme, beaucoup plus travaillé et réussi que celui de fin juin. Toujours les 4 musiciens alignés, avec Maynard au fond légèrement rehaussé, toujours les 4 grands écrans posés sur la scène mais les vidéos seront différentes, plus en rapport avec les photos du livret du dernier album, donc pas mal psychédéliques, elles contribueront donc grandement à me faire planer sur les passages les plus posés (surtout sur les 2 parties de Wings For Marie). 
Mais à part ça il y avait également 3 disques cerclés de spots au dessus de la scène, qui en plus de recevoir des projections, éclairaient la scène, en des faisseaux qui par moments se rejoignaient sur un musicien. Il y avait également pas mal de jeux de lasers verts assez saisissants, qui étaient redirigés par des miroirs placés dans divers endroits de la salle. Sur les derniers morceaux, le visuel intérieur du dernier album était projeté sur le fond entier de la scène, avec des couleurs et des jeus d’ombres mouvantes. Bref gros gros show.
Mais en dehors du spectacle, qui compose d’ailleurs le fait que les 4 musiciens restent généralement statiques chacun dans leur coin, le groupe nous a joué à la perfection une setlist axée pour moitié sur 10,000 days, le reste étant composé des morceaux phares du groupe. Une setlist proche de celle de juin, mais les morceaux rendaient vraiment mieux, aidés par un son très fort mais parfaitement mixé. 

Maynard commencera le show par un « I have a good and a bad news… The good news is there is no bad news! », ça change du « fumez pas où je me casse » de fin juin, d’ailleurs il a trouvé la solution, il restera durant les 2 heures de show torse nu, avec un espèce de masque à gaz porte-micro sur la tête, chantant parfaitement, dansant en ombre chinoise sur les nombreux passages instrumentaux.
Après une bonne heure de concert, des sons pssychédéliques continuent mais les 4 musiciens déposent leurs instruments, viennent s’asseoir ensemble devant, et incitent le public à sortir le public. Des petites lumières jaunes apparaissent donc partout dans le public du zénith encore une fois blindé. L’ambiance est chaleureuse mais je me dis qu’ils nous refont le coup de la dernière fois et qu’on aura encore le droit à un rappel de 2 titres, eh bien non, ils joueront encore une bonne heure, dont Wings for Marie en entier. Après le sinle du dernier album « Vicarious » je me dis c’est fini mais mêem pas encore, ils termineront par un « Ænema » dantesque. 

Que dire de plus, j’ai vraiment bien fait de revenir, c’était clairement un des meilleurs concerts que j’ai vu cet année et surpassait largement le 1er. Pour ceux qu voudraient voir ou revoir ça, Maynard a annoncé qu’ils reviendraient l’été prochain. 

Stinkfist 
Forty Six & 2 
Jambi 
Schism 
Lost Keys 
Rosetta Stoned 
Swamp Song 
Wings For Marie
10,000 Days 
Lateralus 
Vicarious 
Ænema


Photos de Khyrian

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 491 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. sano says:

    Un concert génial, par contre j’ai pas trop aimé Mastodon (alors que j’adore sur CD), un son brouillon, on distinguait pas trop les instruments et surtout pas beaucoup de vie.

    Par contre Tool a été énorme, bonne review de Jonben, avec qui je suis plutot d’accord.
    Je rajouterais que c’est vraiment un concert qui vous met en transe, vous vous sentez plus bouger (on est aidé par les écrans et par maynard).

    Pour cet été j’espère qu’il parlait pas des festivals seulement.

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