Blackfield – 2

Faisons court pour les présentations ce coup-là. Blackfield, projet pop de l’anglais Steven Wilson (cerveau de Porcupine Tree évidemment) et de son ami Aviv Geffen, israélien de son état.
Un premier album excellentissime, très facile à écouter mais néanmoins toujours très apprécié après quelques mois (je vous renvoie à ma chronique de ce premier opus dans ces pages).

2-3 ans après, voici enfin ce nouvel album de nos deux compères. Et force est de constater que cette capacité, que dis-je cette facilité qu’ont nos deux amis à pondre de véritables petits bijoux pop est toujours intacte et ne manque toujours pas de bluffer son auditoire. « Once », « Miss U », « This Killer » sont (entre autres) autant de pépites qui traduisent ce don pour l’écriture et l’arrangement de mélodies splendides, don qui fera encore une fois sans nul doute le bonheur des fans de Monsieur Wilson.
L’album est l’image de ces titres donc, mélodique, joli, facilement accessible.

Alors pourquoi ce 15/20 qui peut du coup sembler sévère (surtout après le 19/20 dont j’avais gratifié le premier album) ?
C’est certainement cette facilité déjà évoquée que je remets ici en cause. La prise de risque est ici complètement nulle (oh pardon il y a une voix féminine qui fait bien quelques backings sur « Epidemic »). Ce n’est pas qu’un album doive forcément être aventureux pour être intéressant, mais tout de même il y a un minimum (même le titre de l’album est facile !). Il s’agit finalement quasiment d’un copier/coller du premier album aggravé par le fait que c’est encore un album très court qui nous est ici servi.
Seulement 10 titres une fois de plus et à peine 40 minutes de musique. C’est vraiment trop peu, surtout que la facilité d’écriture des lascars excuse encore moins cette fainéantise. On aurait facilement mérité 4 ou 5 titres supplémentaires pour digérer le peu de nouveautés. Le premier album présentait l’avantage d’être édité dans une version digipack avec 2 titres bonus sur un disque supplémentaire, je ne sais pas si ce sera le cas cette fois encore mais en tant que telle, la pilule est un peu dure à avaler je trouve.
En conséquence et outre le fait que je garde une préférence pour l’éclat et la nouveauté du premier album, ce nouvel opus me semble légèrement moins bon et me laisse vraiment sur ma faim.

Encore une fois qui aime bien châtie bien et cet album reste un ravissement pour les oreilles et beaucoup d’entre nous aimeraient posséder le quart du talent d’écriture que possèdent Wilson et Geffen. Mais justement compte tenu de ce talent, je ne peux m’empêcher d’avoir ce sentiment de « trop peu », « trop facile ». J’ajoute que là où les titres chantés par Geffen se distinguaient des autres sur le premier album, ils semblent cette fois beaucoup moins discernables à tel point qu’il est même difficile de croire de prime abord que Geffen chante encore sur le disque, même si quelques écoutes de plus font finalement discerner quelques minimes différences entre les deux voix. C’est que le mimétisme entre les deux voix est vraiment devenu impressionnant et c’est quelque part un peu dommage car tout ressemble maintenant à du Wilson là où les autres titres se distinguaient sur le premier album en posant parfois des ambiances un peu différentes (voir l’excellent « Pain »).

Il s’agit donc au final (évidemment) d’un bon album, mais dont l’achat me semble cette fois moins indispensable que le premier.
On attendra avec plus d’impatience le nouveau Porcupine Tree et on se contentera d’envisager ce nouveau Blackfield comme une très sympathique mise en bouche ce qui n’est déjà pas si mal…

  1. once
  2. 1,000 people
  3. miss u
  4. christenings
  5. this killer
  6. epidemic
  7. my gift of silence
  8. some day
  9. where is my love ?
  10. end of the world
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